L’Académie de musique franco-tchèque de Telč, creuset des futurs talents de la musique

14-01-2012

L’Académie de musique franco-tchèque de Telč a une longue histoire derrière elle… Créée en 1995, elle propose le temps d’un stage d’été des cours magistraux d'interprétation et de musique de chambre à des élèves des conservatoires et des grandes écoles de musique françaises, tchèques mais aussi européennes. Tous sont suivis par de grands professeurs français et tchèques. Si la 18e édition de l’Académie est menacée, faute de financement suffisants, Zuzana Šmídová, sa directrice, est pleine d’énergie et ne baisse pas les bras.

Telč, photo: Commission européenneTelč, photo: Commission européenne Zuzana Šmídová, vous êtes directrice de l’Académie de musique franco-tchèque de Telč. Cette Académie est connue dans le milieu franco-tchèque car elle existe depuis plusieurs années, précisément depuis le milieu des années 1990…

 « Elle existe depuis 1995 date à laquelle elle a été fondée avec l’ancien maire de Telč et l’Institut français de Prague. En 2003, la ville de Telč a créé la société Česko-francouzská akademie, une société reconnue d’utilité publique. »

Pourquoi particulièrement à Telč ?

 « C’était la volonté du maire, du milieu français aussi. A l’époque la ville de Telč a inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. L’idée était donc de faire connaître Telč d’un autre point de vue, celui de la musique. »

L’Académie de musique franco-tchèque de Telč, qu’est-ce que c’est exactement ?

 « Il s’agit d’une formation professionnelle de musique. Elle est conçue pour les futurs professionnels de musique, les étudiants de conservatoires et de hautes écoles de musique de République tchèque, de France et du monde entier. »

N’importe quel étudiant peut s’inscrire, parlant tchèque ou français ?

 « N’importe quel étudiant et la langue n’a pas d’importance. Ce sont des personnes qui veulent étudier auprès de musiciens renommés dans le cadre des classes spécialisées dans tel ou tel instrument, que l’on ouvre chaque année. »

Est-ce que c’est limité à un certain type de musique classique ?

 « Il n’y a aucune limitation. Les étudiants, en s’inscrivant, envoie leur CV, leur parcours d’études, ce qu’ils veulent étudier pendant les dix jours de stage. Ils s’entraînent avec les professeurs. Et pendant l’Académie, ils donnent plusieurs concerts publics. »

Quand se déroule cette Académie ?

 « L’Académie se déroule chaque année aux mêmes dates, du 1er au 11 juillet. L’an dernier, on en était déjà à la 17e édition. »

Depuis 1995, vous avez eu de nombreux étudiants. Avez-vous des retours des anciens élèves, sur ce que ça leur a apporté ?

 « On a de nombreux contacts avec des étudiants, tchèques surtout, qui à l’heure actuelle sont déjà professionnels. Par exemple, il y a Ondřej Vrabec qui est cor solo à la Philharmonie tchèque. Il est également chef d’orchestre débutant. Il y a ensuite Přemysl Vojta qui a gagné le premier prix au concours international de Munich et qui joue du cor solo dans la l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Au violoncelle, il y a Tomáš Jamník, ancien élève de Jiří Bárta, qui a gagné le premier prix au Printemps de Prague. Il y en a beaucoup qui ont gagné plusieurs prix internationaux, qui jouent dans des festivals, dans différents ensembles de musique du monde entier. »

Vous êtes directrice de l’Académie depuis un an. Comment se passe cette direction et quels sont vos objectifs ?

 « C’était un travail nouveau pour moi, il y a beaucoup d’administratif, mais pendant ma première année de l’Académie, pendant l’été, c’était fantastique. J’ai été très impressionnée, très enthousiasmée. Et j’ai vu beaucoup d’enthousiasme du côté des professeurs et des étudiants. C’était donc très motivant pour moi. »

Pour continuer, il faut avoir une forme de sécurité financière. On sait que la culture est souvent le parent pauvre des financements. Où en êtes-vous ?

 « Il est vrai que nous nous trouvons dans de véritables difficultés financières. Ce n’est pas seulement cette année. Dans les années précédentes, la crise a commencé et elle culmine sans doute cette année, nous mettant en difficulté. Il est vrai que nous vivons des dotations de l’Etat et de dons de nos sponsors, mais ils sont aussi obligés de diminuer leurs dépenses. Le problème touche l’Académie où nous sponsors ont diminué leurs dépenses. Quelques sponsors nous ont même quittés. »

Comment envisagez-vous alors l’édition de cette année ?

 « On cherche d’autres solutions. Je suis partie en Champagne-Ardenne, la région partenaire de la région de la Vysočina où se trouve Telč. La ville reçoit chaque année une dotation de cette région. Nous aimerions entamer et élargir la collaboration avec la Champagne-Ardenne du point de vue de la musique. Peut-être pourrons-nous trouver une solution là-bas en approfondissant la collaboration entre les deux régions. »

En l’absence de tous les financements nécessaires, parvenez-vous à préparer cette nouvelle édition ? Savez-vous quels professeurs viendront ?

 « Nous savons chaque année qui vient parce que ce sont toujours les mêmes. Si un professeur ne peut venir, il trouve toujours un remplaçant. Cette année, nous aimerions ouvrir quatre classes comme l’an dernier. A l’origine, il y a avait sept classes. L’an dernier, nous avons dû de réduire d’Académie à quatre classes. J’aimerais faire cela cette année. Nous savons que les professeurs ont le temps, qu’ils veulent revenir. Ils attendent le développement de la situation dont on devrait savoir plus fin janvier, début février. Il faut encore trouver quelques financements. »

Pour les étudiants qui souhaiteraient s’inscrire, comment peuvent-ils faire ?

 « Notre site internet c’est www.academie-telc.cz. Les inscriptions se dérouleront à partir du mois de mars, et finiront mi-mai, le 15. Mes coordonnées se trouvent aussi sur le site. Et nous sommes aussi sur Facebook. »

14-01-2012