La Route de la soie mène à Prague

11-06-2006

Connaissez-vous l'histoire de la soie dans l'empire du Milieu et en Chine d'aujourd'hui ? Elle est à découvrir jusqu'au 31 juillet au Musée national de Prague, place Venceslas. Nous nous y rendrons tout de suite...

C'est en collaboration avec le Musée national de la soie, situé dans la ville de Chang-tchou, en Chine, et le Musée Naprstek de Prague que le Musée national a pu mettre en place cette exposition inédite. Elle retrace la tradition de la soie en Chine, tradition qui existe depuis plus de cinq mille ans... Tout d'abord, on se rafraîchit les connaissances scolaires : comment le ver à soie est-il élevé ? Et qu'est-ce que la fameuse Route de la soie, un véritable échange culturel, technologique et spirituel entre la Chine ancienne et l'Europe ? Réponses dans la première salle, là où est également exposé un vieux métier à tisser chinois. Dans deux autres salles sont exposées de merveilleuses étoffes, vielles de plusieurs centaines d'années, des habits traditionnels, dont certains ornés d'un dragon. Helena Heroldova, commissaire de l'exposition, dévoile leur secret :

« Ce sont des habits portés par l'Empereur ou par ces proches collaborateurs, lors de cérémonies et festivités à la cour impériale. Ils sont dotés d'une symbolique assez particulière, créée il y a deux mille ans. Au fil des siècles, certains symboles sont devenus incompréhensibles, mêmes pour les Chinois. Mais ils devaient bien décorer les habits impériaux. Car l'empereur représentait un lien entre la Terre, les Cieux, le peuple asservi et les forces cosmiques. Sa fonction ritualisée était vraiment très complexe et, par conséquent, il ne pouvait pas porter n'importe quoi. Il avait des habits différents pour des chaque occasion. Tout était important : la couleur, les symboles... C'était vraiment quelque chose entre ciel et terre. »

Un autre volet de l'exposition : des vêtements modernes, ainsi que des chaussures et accessoires, toujours en soie. Et, enfin, des broderies toute moderne, presque indiscernables des peintures, mais un peu kitsch peut-être pour l'oeil tchèque. Helena Heroldova :

« Il existe, en Chine, plusieurs écoles de broderie et des centaines de types de points. Les points qui permettent d'ombrer des objets sont très appréciés : on les utilise notamment pour broder des plantes et fleurs. Ca fait un effet de peinture, mais en réalité, il s'agit de points minuscules entreposés, des plus clairs au plus foncés. Un autre type de points permet de broder des motifs animaliers, des poils, des cheveux aussi. Là aussi, le tableau final est très réaliste. Mais c'est justement ce réalisme qui est le plus apprécié et qui donne à ces broderies une valeur. »

D'autres techniques encore qui intéresseront même les amateurs de nouvelles technologies sont évoqués à l'exposition au Musée national : par exemple la peinture sur soie et le tissage effectués à l'aide d'ordinateur. « Le soie à travers les siècles », c'est au Musée national, jusqu'à fin juillet.

11-06-2006