Nataša Gollová

(1ère partie) L’année 2009 vient de commencer et le mois de janvier est toujours un peu hostile. Il fait froid, le printemps est encore loin et le temps maussade donne envie de s’emmitoufler chez soit, écouter la musique ou peut-être regarder les vieux films. C’est pourquoi l’émission d’aujourd’hui ainsi que la prochaine sera consacrée à Nataša Gollová, vedette de cinéma des années trente et quarante du XXe siècle, un portrait rétro à suivre.

Elle remporte un grand succès dans le rôle de l’oiseau des rêves dans le ballet « Au déclin d’une journée torride » (V podvečer parného dne). Elle fait la connaissance de Tristan Tzara, de seize ans son aîné. C’est le coup de foudre et Nataša préfère rester en compagnie de l’écrivain et poète français que de retourner en Bohême avec la troupe. L’actrice allait d’ailleurs souvent en France et aimait beaucoup la cuisine française. Rentrée dans son pays elle obtient en 1932 son premier rôle dans le film « le Professeur Idéal » (Kantor Ideál) du réalisateur Martin Frič. Ensuite elle se fait engager au théâtre d’Olomouc en Moravie, puis en Slovaquie. En 1935, c’est le retour à Prague où elle obtient un engagement au prestigieux Théâtre de Vinohrady. Les rôles dans les films qui lui sont distribués au cours de ces trois dernières années ne sont pas très importants. Son premier grand rôle vient en 1935 dans le film « Sans enfants » (Bezdětná) de Miroslav Krňanský. Après, les rôles se suivent et Nataša devient très vite connue. Sa carrière de vedette commence vraiment en 1939, en une année elle joue dans huit films. Le film «Les exemples attirent » (Příklady táhnou) du réalisateur Miroslav Cikán lui permet de mettre en valeur son talent de comique. En 194,1 elle obtient le Prix national du cinéma. Nataša GollováNataša GollováD’ailleurs, plus tard, elle prend le nom de son grand-père comme pseudonyme artistique. Ainsi Nataša Hodačová est devenue Nataša Gollová. Elle était intelligente, douce d’une beauté discrète, parlait très bien le français, l’anglais, l’allemand, le russe, jouait très bien du piano et avait des connaissances approfondies en littérature. Elle jouait aussi au tennis, aimait les chiens et les courses de chevaux. C’était une cavalière et une danseuse remarquable. Elle a d’ailleurs fréquenté une école privée de danse moderne. Ses couleurs préférées étaient le noir et le blanc prépondérants dans ses tenues. Le théâtre l’a impressionné pour la première fois, lorsqu’à quatorze ans elle joua le petit rôle du serviteur Leopold dans la pièce « Grand-mère » (Babička). Après avoir terminés ses études à la faculté des Lettres de l’Université Charles de Prague, Nataša part pour un concours de chorégraphie à Paris avec le groupe de la célèbre danseuse, chorégraphe et pédagogue, Jarmila Kröschlová.

La personnalité de Nataša Gollová a très impressionné l’acteur, lécrivain, dramaturge et animateur, Aleš Cibulka, très apprécié en République tchèque, qui a écrit deux livres sur la vie de l’actrice. Cela est d’autant plus intéressant qu’il est jeune, né en 1977, et que lorsqu’il rédigeait la bibliographie de Nataša Gollová, « La vie nous joue des tours » (Život tropí hlouposti) publiée en 2002, l’actrice était déjà décédé. J’ai invité l’auteur du livre, Aleš Cibulka, à l’antenne.

Pourquoi est-ce que parmi toutes les vedettes de cinéma des années trente et quarante vous avez choisi Nataša Gollová ? Pourquoi elle vous a impressionné?

 « J’avoue que lorsque j’étais petit je n’aimais pas trop les films rétro. Je ne saurais vraiment dire pourquoi. Je trouvais ces films étranges, ils étaient en noir et blanc, farcis de riches propriétaires d’usines et les actrices y poussaient des cris bizarres. J’y ai paradoxalement pris goût pendant mon adolescence et, parmi toutes les actrices, j’appréciais particulièrement Nataša Gollová. On me pose fréquemment la question sur mon choix de cette actrice et j’avoue que je ne suis pas en mesure de donner la réponse. Je ne sais pas. Je l’ai trouvé la plus sympathique, elle était très instruite et surtout son art dramatique était à l’époque très moderne, ce qui me fascine jusqu’à présent. En vérité lorsqu’aujourd’hui vous regardez les films rétro avec d’autres grandes actrices de l’époque comme Věra Ferbasová, vous y trouvez une note de nostalgie, mais si Nataša Gollová jouait actuellement, au XXIe siècle, elle serait toujours une grande vedette. Donc, inconsciemment, elle m’a impressionné et il suffit de regarder n’importe lequel de ses films et vous comprendrez pourquoi je l’ai choisie. »

Le livre est très complexe et décrit très en détail la vie et la personnalité de la vedette. Comment avez-vous fait pour recueillir toutes ces informations sur la vedette qui à l’époque était déjà décédée?

 « Je regrette jusqu’à présent que lorsque j’écrivais le premier et le deuxième livre sur Nataša Gollová, sur lesquels j’ai d’ailleurs passé pratiquement huit ans, on n’avait aucune chance de se rencontrer. Mais il n’y a aucune des personnes que Nataša Gollová a rencontré au théâtre ou a pris un verre avec elles au restaurant, que je n’aurais pas entendu. J’ai fait vraiment presque un travail de détective en commençant par chercher l’endroit de son ultime repos, puis tout a pris une dimension grandiose, un vrai déchaînement de recherche où j’ai étudié les archives cinématographiques, je posais des questions aux historiens du cinéma, aux membres de sa famille et à ses amis, donc mes recherches étaient une vraie aventure qui valait la peine et j’espère que dans les deux livres, j’ai réussi à transmettre les résultats aux lecteurs.

C'était l'auteur du livre Aleš Cibulka, qui nous fera le plaisir de passer encore à l'antenne dans la prochaine émission dans quinze jours.