Michael Pospisil

29-11-2007

Michael Pospisil, né en 1962 à Jihlava en Moravie est un musicien et un chanteur remarquable, spécialisé dans la musique ancienne. Il maîtrise une bonne dizaine d’instruments. Entre autre, il joue de l’orgue, du trombone, du basson, de la viole de gambe, flûtes, fifres et tuyaux d’orgues, du chalumeau, l’ ancêtre de la clarinette… Il est le fondateur de l’ensemble de chambre Ritornello, musique du 16e et 17e siècle, donc du baroque. En tant que soliste il a travaillé avec un grand nombre d’ensembles et d’orchestres renommés tels que Musica Antiqua Praha, Schola Gregoriana Pragensis, Chœur grégorien de Paris, Le monde classique Wien, Fiori musicali Kraków. Michael Pospisil a enregistré 80 CD, dont 8 avec son ensemble Ritornello. Il est à noter que le CD la Messe de Jakub Jan Ryba, Pastorale, Messe tchèque de Noël avec la cantatrice renommée Magdalena Kozena et Robert Hugo – Capella Regia Musicalis enregistrée en 1998 a été primé Disque d’or – le meilleur enregistrement de l’année.

Michael PospisilMichael Pospisil Et tout cela a commencé…

« …Quand, je ne saurais le dire, peut-être avant que je ne sois né. Mon père était acteur et ma mère infirmière. La musique marie très bien les deux métiers. C’est quelque chose entre le théâtre et le traitement. Mon père gagnait sa vie en faisant du théâtre et de la musique. Il a même travaillé au studio du célèbre marionnettiste Jiri Trnka. Et le premier livre que mes parents m’ont acheté bien avant ma naissance était justement sur les marionnettes. C’était peut-être un signe. Puis j’ai joué dans des mises en scène pour la télévision et des films pour enfants dont par exemple ‘Aujourd’hui c’est la fête de Dominika’ (Dnes ma svatek Dominika). 'Aujourd’hui c’est la fête de Dominika', 1968'Aujourd’hui c’est la fête de Dominika', 1968 Les acteurs du film ont émigré peu après la sortie du film dont la projection a été arrêtée pour cette raison pendant un certain temps. Lorsque j’allais à l’école primaire, j’étais par les marionnettes et j’en ai en taillé dans du bois. Il y en avait beaucoup et je les ai toutes distribuées aux filles. Il ne m’en reste plus rien. Plus tard j’ai commencé à faire du vélo, c’était une occasion de me retrouver dans la nature. J’ai également commencé à photographier différents monuments et à documenter les anciens orgues. Un grand nombre d’orgues que j’ai pris en photo n’existent plus. C’était un milieu très intéressant et cette période est arrivée au point culminant lorsque j’étais au lycée. J’étais sur le même banc d’école que Nikolai Savicky, aujourd’hui historien renommé et Robert Hugo, très bon musicien, avec lesquels nous avons continué à faire la documentation des orgues et à évoluer dans ce milieu. »

Les orgues ont fasciné Michael depuis son enfance. Et lorsqu’il a entendu son père en jouer, il a également voulu apprendre. Mais ses parents lui ont alors dit qu’il fallait d’abord apprendre à jouer du piano. Il s’est sacrifié pendant trois ans et a appris à jouer de l’orgue plus tard. Après avoir passé son baccalauréat Michael a fait des études au Conservatoire de Prague, puis a également suivi des cours privés.

En 1993, il fonde l’ensemble Ritornello. Il choisit ce nom car en italien tornare veut dire revenir, ri encore revenir et le lo est un diminutif. Ritornello, c’est le retour constant d’une mélodie, une ritournelle. Et comme le dit Michael Pospisil, c’est une forme typique du baroque. Une phrase qui a déjà résonné, une phrase répétée par un instrument ou par un chœur. Le nombre de musiciens dans Ritornello est variable. Cela peut être une seulement ou même jusqu’à cent cinquante musicien qu’il convoque pour l’occasion.

La philosophie de la création de Michael Pospisil, c’est la chanson.

« C’est un cycle de chansons, car je me suis rendu compte que la chanson était partout présente chez l’homme. Pas besoin d’avoir des poches, on peut être nu comme Adam. Tiens, une chanson me revient en tête ‘Je suis venu au monde, nu et pieds nus et ainsi je le quitterai’. C’est une modification du texte par le luthiste Tomas Najbrt, avec lequel je joue souvent. L’homme vit nu les moments les plus importants de sa vie. Ces moments sont des nus, car il est nu lorsqu’il vient au monde, souvent avec une chanson, il est nu lorsqu’il fait l’amour et la chanson est encore présente et une chanson l’accompagne jusqu’à la tombe. »

Michael Pospisil donne des concerts dans l’Europe entière. Il organise entre autre des séminaires d’interprétation, enseigne dans le cadre des séminaires internationaux, fait des recherches importantes sur la musique ancienne, donne des cours importants au centrum Aletti à Olomouc et organise des émissions musicales et littéraires de l’Académie chrétienne Tchèque et du Monument national de la littérature.

29-11-2007