Jakub Jan Ryba

11-12-2008

Chanteur, organiste, instituteur et surtout compositeur au tournant du classicisme et du romantisme, Jakub Jan Ryba est célèbre essentiellement grâce à sa composition remarquable « La messe de Noël ». Mais il est également l’auteur de « La couronne de chants patriotiques » et des « Chants patriotiques »

Jakub Jan Ryba, né le 26 octobre 1765 à Přeštice près de Pilsen, en Bohême de l’Ouest, était un enfant très doué avec beaucoup de talent pour la musique. A l’âge de cinq ans, il jouait déjà des sonates pour piano, à huit ans il jouait du violon et de l’orgue. Il fait des études au lycée des Piaristes à Prague. Partisan de la philosophie rationaliste, il opte pour l’étude de la philosophie à la Faculté des lettres également à Prague. Mais son père, enseignant, lui fait arrêter ses études pour lui faire prendre un poste de maître auxiliaire. C’est la fin des nobles ambitions que sans aucun doute Jakub caressait, fort différentes de celle d’un instituteur de province. En 1786, il obtient un poste d’instituteur à Mníšek pod Brdy, et deux ans plus tard à Rožmitál pod Třemšínem, en Bohême centrale, poste auquel il restera fidèle jusqu’à sa mort tragique. Il se marie à l’âge de vingt-cinq ans et devient le père de treize enfants. Il est à noter que l’un de ses fils était le professeur Josef Arnošt Ryba, ophtalmologue de grande renommée. En tant qu’instituteur, Jakub Jan Ryba n’a aucune autorité auprès de ses élèves et vit dans la misère, dans des conditions rudimentaires. Il évacue sa déception, sa mauvaise humeur et son amertume dans la musique. C’est justement en cette période qu’il compose « La messe de Noël ».

Le 8 avril 1815, il est retrouvé mort près de Voltuš, non loin de Rožmitál pod Třemšínem, les veines taillées. Il n’a probablement pas su assumer son destin.

A l’endroit où Jakub Jan Ryba a été retrouvé, les ouvriers forestiers ont dressé une petite croix qui fut complétée en 1933 par un tumulus en pierre.

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová J’ai invité à l’antenne Blahoslav Lukavec, auteur de l’exposition « Les crèches à la chapelle de Bethléem » qui a effectivement lieu à la chapelle de Bethléem située dans l’un des quartiers les plus antiques de Prague. Juste à l’entrée de l’exposition se trouve la maquette d’une classe avec Jakub Jan Ryba en maître d’école debout près d’un poêle et un violon à la main.

Pourquoi Jakub Jan Ryba est représenté en tant qu’instituteur tenant un violon sous le bras plutôt qu’en train de chanter ou de jouer de l’orgue?

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová « Jakub Jan Ryba était avant tout instituteur, et il nous convenait de placer sa figurine dans une classe, derrière la chaire, sur l’estrade, car au cours de l’exposition qui s’intitule « La musique de Noël », il y a différents ensembles d’enfants qui viennent dans la matinée et l’après-midi. Ils font des démonstrations de cantiques de Noël, jouent sur différents instruments, certains ne font que chanter. Et justement pour faire la démonstration, ils montent sur l’estrade et les gens s’assoient sur les bancs. Donc, cette maquette n’évoque pas seulement le milieu dans lequel se manifestait Jakub Jan Ryba, mais c’est un endroit très pratique et utilisé pour ce genre de manifestations. »

Comment la musique est-elle présentée au cours de l’exposition?

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová « Nous avons beaucoup réfléchi à la manière de présenter la musique dans le cadre de l’exposition des crèches. Finalement nous avons réussi à contacter en République tchèque des gens intéressants comme par exemple monsieur Červinka, de la ville de Lanškroun (Moravie), qui est réparateur d’anciens orgues et qui nous a prêté des tuyaux d’orgues. Nous avons également contacté monsieur Číp, restaurateur d’anciens instruments de musique, qui d’après le modèle de ces instruments en produit de nouvelles copies. A l’exposition il y a également un atelier de luthier où monsieur Richard Opplt, luthier de renommée mondiale, taille du matin au soir des violons qui seront terminés, sauf la couche de vernis, le 24 décembre, c’est-à-dire un mois après l’inauguration de l’exposition. Il y a encore beaucoup d’autres choses qui sont liées à la musique. »

Pourriez-vous dire encore quelques mots sur l’exposition ?

Photo: Barbora KmentováPhoto: Barbora Kmentová « Comme je l’ai déjà dit, nous exposons des tuyaux d’orgues - je me permettrais de souffler dans deux de ces tuyaux d’orgues flûteaux…A part les artefacts de musique, nous exposons 218 crèches qui sont le symbole d’un Noël tchèque. Les Tchèques n’arrivent pas à s’imaginer un Noël sans le sapin et la crèche. Nous devons cette tradition à François-Joseph II, fils de l’impératrice Marie-Thérèse, qui sous la pression des dignitaires de l’Eglise catholique a interdit d’exposer les crèches dans les églises. Et parce que les gens aimaient beaucoup les crèches, ils ont commencé à les fabriquer chez eux en utilisant toujours la matière qui leur était le plus accessible dans le cadre de leurs activités. Le boulanger fabriquait donc sa crèche à base de pâte levée, le fabriquant de pain d’épice la faisait en pain d’épice, celui qui travaillait avec du bois taillait la crèche dans le bois, un autre la faisait en papier, la couturière cousait pour sa crèche des figurines en tissu, le raccommodeur de faïence fabriquait sa crèche en fil de fer. Il est donc difficile de ne pas trouver une matière qui ne soit pas représentée à notre exposition, à part les crèches en or, en argent, en plastique et en charbon. Sinon vous y trouvez des crèches produites de tout type de matières. »

Photo: Barbora Kmentová

11-12-2008