Antonin Mrkos

Le savant Antonin Mrkos, né en janvier 1918, remarquable en météorologie et en astronomie, découvreur de quatorze comètes et près de soixante astéroïdes, était membre de la troisième expédition soviétique en Antarctide, à la fin des années cinquante. Au cours de son séjour de dix - huit mois dans la région antarctique, il a effectué des mesures importantes de la clarté du ciel nocturne et de l'aurore boréale, ainsi que la mesure photoélectrique du crépuscule. Par intermédiaire d'un instrument spécial, à capacité de photographier une partie du ciel six fois plus grand que la pleine lune. A. Mrkos, a pris les vues d'aurores boréales et du ciel sud constellé. Les prises de vues permettent, par la suite, la recherche d'objets inconnus. Les succès les plus intéressants de l'expédition restent la découverte d'un faîte de 100 kilomètres et la détermination de la hauteur de la masse de glace sur la terre ferme antarctique, dont la hauteur moyenne dépasse les deux mille mètres.

A. Mrkos fait quatre ans d'études secondaires au lycée, puis continue ses études à l'Institut des enseignants, près de Prague. Le jeune étudiant est déjà très passionné d'astronomie. Il profite de son temps libre pour venir souvent à l'Observatoire astronomique de Petrin, à Prague, pour observer les étoiles. Et c'est justement à l'observatoire, qu'il apprendra à tailler les lentilles en verre. Il profite de ses connaissances acquises pour concevoir un télescope. Les études terminées, il commence à enseigner. Ses activités d'enseignant sont interrompues par les événements de la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, A. Mrkos changera de métier. Il accepte le poste de chef d'Observatoire météorologique et astronomique à Skalnaté pleso, dans les Hautes Tatras, en Slovaquie. Cet homme modeste et discret, de taille moyenne est également membre du service de secours en montagne et fait partie des meilleurs alpinistes du massif des Tatras.Lors d'opération de secours, il a sauvé la vie de près d'une centaine de personnes.

Il se fait remarquer par des scientifiques soviétiques, au cours de leur visite de l'Observatoire de Lomnicky stit. Par la suite, il est invité par l'Académie des Sciences de l'URSS à participer à la troisième expédition soviétique en Antarctide, dans le cadre de l'Année Internationale Géophysique. Enchanté, Antonin accepte. Début octobre 1957, il part donc à Moscou, escale intermédiaire. Un mois plus tard, l'astronome s'embarque sur le navire soviétique Kooperacia, à Kaliningrad. Deux jours avant les fêtes de Noël, A. Mrkos hisse, à la station soviétique polaire de Mirnyï, le drapeau tchécoslovaque. La première semaine s'écoule à décharger les centaines de tonnes de matériel du navire Kooperacia, en compagnie des autres membres de l'expédition. A l'époque, la station Mirnyï comptait un peu plus de cent personnes. Les habitations sont en bois, renforcé par une isolation thermique, composée de papier, laine et tôle. Système simple, mais ingénieux, résistant aux intempéries et aux tempêtes les plus féroces. Les chercheurs habitent de deux à quatre par chambre. Une grande cuisine confortable et bien équipée permets de prendre des repas conviviaux. L'hôpital et un cinéma ne sauraient manquer. Les scientifiques sont également bien équipés sur le plan vestimentaire : habit en fourrures, piqué, à plumes, combinaisons imperméables en soie, des bottes rembourrées.

Les activités principales d'A. Mrkos concernent surtout le mesurage photoélectrique du crépuscule, de la clarté du ciel nocturne et de l'aurore boréale, qui ne cessera de le sidérer. Il fait partie de l'équipe effectuant le mesurage du bilan de radiation de l'Antarctide, ainsi que de l'équipe des géophysiciens, centrés sur la prise des aurores et spectres boréaux. Les lettres d'Antarctide du scientifique se sont conservées, donnant un témoignage précis et clair de son séjour dans la région polaire. Suite aux excellant résultats, A. Mrkos a droit à une invitation pour une prochaine expédition soviétique, en début des années 60'. Cette foi-ci, il part avec cinq de ses compatriotes. Une autre invitation vient en 1966. Malheureusement, l'astronome tchèque ne pourra y participer pour cause d'accident grave, ayant pu être fatal. Par erreur, il boit au travail quelques gorgées de lessive très concentrée. Heureusement, il se rend vite compte et neutralise la lessive en buvant un peu de vinaigre. Il est plutôt étrange que le produit chimique se trouvait dans une bouteille d'eau minérale, mélangée à d'autres bouteilles. Il est plus que probable que quelqu'un aurait introduit volontairement la bouteille fatale dans son casier, pour attenter à la vie du chercheur.

En 1965, A. Mrkos accepte le poste de directeur de l'Observatoire populaire astronomique à Klet, dans la région de Ceské Budejovice, en Bohême du sud. Il travaille à mi-temps, car il est déjà très occupé à enseigner à l'Institut astronomique de la chaire de physique et mathématique à Prague et à l'Université, à Ceské Budejovice. Il est certainement intéressant de mentionner que l'astronome acharné a taillé manuellement une lentille d'un diamètre de 65 cm et d'une cavité de 8 cm, dans une masse de verre pesant 70 kilos. La réalisation de ce travail minutieux a exigé trois ans et des milliers d'heures de travail. Le candidat ès science est décédé en avril 1996.