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17-11-2019

Les Tchèques ont commémoré le 30e anniversaire de la révolution de Velours

Tchèques et Slovaques commémorent, ce dimanche, le 30e anniversaire de la révolution dite de Velours qui, en novembre et décembre, a abouti à la fin de quarante-et-un ans de régime communiste dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Le 17 novembre est également célébré comme Jour de lutte pour la liberté et la démocratie, en raison de la violente répression par les nazis, en 1939, d’une marche organisée par les étudiants à Prague dont les conséquences avaient été la mort de plusieurs d’entre eux et la fermeture des universités.

Des centaines de manifestations, cérémonies et rassemblements les plus divers se tiennent à cette occasion partout dans le pays. Dans le centre de Prague se tient notamment le Festival de la liberté dont le point d’orgue sera un grand concert sur la place Venceslas. Dans la soirée seront également remis les Prix de l’organisation Mémoire de la nation au Théâtre national à divers anciens dissidents polonais, hongrois, allemands, slovaques et tchèques.

Pas fier de son passé communiste, Andrej Babiš a rendu hommage à Václav Havel

Le courage de Václav Havel sous le communisme et lors de la révolution de velours a été admirable, a déclaré le Premier ministre Andrej Babiš lors d’un discours prononcé au Musée national à Prague, dimanche matin. Le chef du gouvernement a également remercié les fondateurs du Forum civique en 1989, tous ceux plus généralement qui ont été actifs dans la dissidence ou en exil, ainsi que ceux qui ont œuvré à l’adhésion de la République tchèque à l’OTAN et à l’Union européenne.

Souvent critiqué pour avoir collaboré avec la police secrète de l’ancien régime, la StB, dans les années 1980, Andrej Babiš a ajouté qu’il n’était pas fier d’avoir été membre du parti communiste. « Comme je l’ai déjà dit de nombreuses fois, je n’ai pas été à cette époque aussi courageux et engagé que Havel, par ailleurs je n’étais pas en Tchécoslovaquie en 1989 », a-t-il ajouté.

Dans son discours prononcé à l’occasion de l’inauguration d’une grande exposition consacrée aux événements de 1989, en présence de ses homologues hongrois, polonais, slovaque et allemand, Andrej Babiš a encore remercié tous ceux qui vont voter, qui expriment leur opinion à travers les urnes et qui ne sont pas indifférents au sort du pays.

Les responsables de la coalition gouvernementale sifflés sur l’Avenue nationale

C’est sous les sifflets et les quolibets d’une quinzaine de personnes que le Premier ministre Andrej Babiš a déposé, dès 7h15 ce dimanche matin, une gerbe de fleurs et allumé une bougie au pied de la plaque située sur l’Avenue nationale (Národní třída) à Prague rappelant la violente répression par la police de la manifestation étudiante qui s’est tenue à cet endroit le 17 novembre 1989. Le chef du gouvernement, qui a obtenu la confiance des députés en juillet 2018 grâce au soutien du parti communiste, était accompagné des ministres membres du mouvement ANO.

Une heure après, des employés du Bureau du président de la République sont également venus se recueillir. Le chef de l’Etat, Miloš Zeman, présent à Bratislava samedi, n’a toutefois pas fait le déplacement cette année et ne participe à aucune cérémonie ce dimanche. L’année dernière, la gerbe de fleurs qu’il avait déposée sur l’Avenue nationale, haut lieu symbolique, avait été jetée à la poubelle par d’autres personnes venues se recueillir, de même que celle d’Andrej Babiš.

Jan Hamáček, le leader du parti social-démocrate, a lui aussi été hué en raison de sa participation à la coalition gouvernementale. Il a réagi en déclarant que c’est précisément pour avoir ce droit de s’exprimer librement que les étudiants avaient manifesté en 1989.

Selon Viktor Orbán, Václav Havel a été un point d’ancrage aussi pour les Hongrois opposés au régime communiste

Les chefs de gouvernement slovaque, hongrois et polonais, ainsi que le président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, étaient eux aussi présents à Prague au Musée national dimanche matin pour honorer le programme préparé pour le 30e anniversaire de la révolution de Velours. Le Premier ministre slovaque, Peter Pellegrini, a rappelé le rôle-clef joué par Václav Havel et Alexandr Dubček, grande figure du Printemps de Prague en 1968, dans le passage du régime communiste à un régime démocratique et libre. Selon lui, la Tchécoslovaquie constitue un exemple de prise et de transmission du pouvoir sans violence et dans un cadre constitutionnel. « Ce n’est pas une évidence comme le montrant les événements sanglants dans d’autres pays », a-t-il souligné.

Wolfgang Schäuble a lui aussi mis en avant la capacité des Tchèques et des Slovaques à se séparer dans la paix tout en restant de bons amis. Selon le représentant allemand, les révolutions en Europe en 1989 ont été aussi diverses que les peuples qui les ont réalisées. Le président du Bundestag a aussi rappelé « la répression meurtrière de la force d’occupation allemande contre les étudiants tchèques » en 1939 à Prague. « Cinquante ans plus tard, ce sont de nouveau les étudiants et les intellectuels qui sont sortis dans les rues avec le slogan ‘Quand si pas maintenant, qui si pas nous’. »

De leur côté, Mateusz Morawiecki et Viktor Orbán ont rappelé, pour le premier, que « Polonais et Tchécoslovaques ont marché main dans la main lors des moments décisifs de 1989, et ce malgré les plus de quarante années d’isolation dans lesquelles les avaient plongés le communisme », tandis que le second a estimé que Václav Havel avait été un point d‘ancrage pour les Hongrois, car il incarnait l’opposition au régime communiste. Après avoir cité plusieurs films tchèques, Viktor Orbán a qualifié la littérature tchèque « d’indépassable ».

30 ans après, les Pragois marchent sur les traces des étudiants

Un défilé étudiant est parti de la rue Albertov ce dimanche après-midi en direction du quartier de Vyšehrad en empruntant le même parcours que les étudiants il y a trente ans. Les organisateurs entendent rappeler les événements qui, à l’époque, ont conduit à la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie. Quelque 10 000 personnes participent à ce défilé.

Le 17 novembre 1989, la marche étudiante, autorisée par les autorités en commémoration du 50e anniversaire de la mort de Jan Opletal, victime de la répression nazie, devait s’arrêter officiellement à Vyšehrad. Dans la soirée, les étudiants avaient néanmoins poursuivi en direction du centre-ville, jusqu’à l’Avenue nationale (Národní třída) où le défilé avait été arrêté par la police. De nombreux manifestants avaient alors été matraqués et contraints de prendre la fuite. La foule, composée d’environ 15 000 personnes, avait été dispersée peu après 21 heures.

Ce dimanche aussi, le défilé mènera jusqu’à l’Avenue nationale, où un riche programme est prévu jusque dans la soirée.

Un grand « concert pour l’avenir » est donné ce dimanche soir sur la place Venceslas

Un grand concert intitulé « Concert pour l’avenir » se tient ce dimanche soir sur la place Venceslas à Prague, là où plusieurs manifestations se sont tenues en novembre 1989. De nombreux artistes, groupes et personnalités diverses se produisent à cette occasion devant plusieurs dizaines de milliers de personnes.

A 19h00 et 22h00 une fresque lumineuse intitulée « Le chemin vers la liberté » sera projetée sur la façade du Théâtre national, qui domine l’avenue. Un message du dalaï-lama, qui était un ami de Václav Havel et a visité Prague à plusieurs reprises après la révolution, sera également diffusé.

Figure légendaire de la lutte contre le régime communiste, Josef Hasil est mort

Ancien combattant durant la Deuxième Guerre mondiale et figure légendaire de la résistance contre le régime communiste, Josef Hasil est décédé aux Etats-Unis vendredi. Il était âgé de 95 ans. Surnommé « Le Roi de la Šumava », il a permis, en sa qualité de garde-frontière, à plusieurs dizaines de personnes persécutées par le régime de passer la frontière qui séparait la Tchécoslovaquie de l’Occident dans les années 1940 et 1950.

Condamné à dix ans de prison en 1948, il était parvenu à s’évader pour fuir en Allemagne, où il a été enrôlé par les services de renseignement américains. C’est en cette qualité qu’il a œuvré au passage de la frontière. Au milieu des années 1950, il a émigré aux Etats-Unis, où il est ensuite resté. La vie de Josef Hasil a inspiré de nombreux cinéastes et écrivains. En 2001, le président Václav Havel l’a décoré au Château de Prague de la médaille de l’héroïsme.

Foot – Euro 2020 : déjà qualifiés, les Tchèques disputent leur dernier match éliminatoire en Bulgarie

L’équipe de République tchèque de football affronte la Bulgarie à Sofia, ce dimanche (coup d’envoi à 18h00), pour son huitième et dernier match de groupe comptant pour les éliminatoires du championnat d’Europe 2020. Après sa victoire aux dépens du Kosovo (2-1), jeudi dernier, la Reprezentace est déjà qualifiée pour l’Euro, dont elle participera à la phase finale pour la septième fois consécutive en juin prochain.

Suite aux incidents racistes en tribunes qui avaient émaillé, en octobre, la rencontre entre la Bulgarie et l’Angleterre, qui avaient entraîné son interruption à deux reprises, et la sanction infligée par l’UEFA, ce match entre la Bulgarie et la République tchèque se déroule dans un stade à huis clos. A l’aller à Prague, en juin dernier, les Tchèques s’étaient imposés (2-1).

Météo

C’est un temps essentiellement nuageux, avec des pluies notamment sur le front est, qui règne sur la majeure partie du territoire ce lundi, jour de la fête des Romana. Des chutes de neige sont attendues à partir de 400 mètres d’altitude. Seul le sud du pays profite encore de quelques éclaircies.

En légère baisse, les températures varient entre 8° C et 15° C. Le soleil se lève à 7h16 et se couche à 16h13.

17-11-2019