Infos | Tous les articles


Interrogé par la Radio tchèque sur la raison pour laquelle la Société des chemins de fer tchèque a dépensé jusqu'à 112 millions de couronnes de publicités en 2015 dans les titres du groupe Mafra, l'ancien directeur général de České dráhy a déclaré qu'il y avait un « intérêt » à ce que le groupe média en question, propriété d'Agrofert, la société créée par l'actuel Premier ministre Andrej Babiš, reçoive « le plus de travail ». Miroslav Kupec a dirigé le premier transporteur ferroviaire du pays de septembre 2018 à juin 2019. Il a ajouté qu'il avait été informé « via différentes sources » que ces contrats publicitaires devraient se poursuivre pendant son mandat, mais qu'il avait fait de son mieux pour les dépenses publicitaires et marketing baissent parce qu'il « il y a des choses plus importantes ».

La Société des chemins de fer tchèques a dépensé sept fois plus d'argent en espaces publicitaires dans le groupe Mafra que dans l'autre groupe média de taille équivalente, Czech News Centre, a estimé pour sa part Blanka Hejlová, du département de communication marketing et des relations publiques à l'Université Charles.

Officiellement le Premier ministre Andrej Babiš a placé ses actifs dans deux fonds fiduciaires afin de ne pas contrevenir à la loi sur le conflit d'intérêts. La Commission européenne, qui a réalisé un audit, estime toutefois dans un rapport que le chef du gouvernement tchèque serait toujours bel et bien en charge de son groupe agro-alimentaire dont fait également partie le groupe média Mafra. Leader du mouvement ANO, Andrej Babiš est Premier ministre depuis 2017. Entre 2014 et 2017, il a été ministre des Finances du gouvernement de coalition de Bohuslav Sobotka.

« Mon déplacement à Taïwan prend une tournure de plus en plus réaliste, » a déclaré le président du Sénat Miloš Vystrčil (ODS), après sa rencontre, mardi, avec le président tchèque. Si les pressions de la Chine continuent, cela ne mènera que vers une dégradation des relations mutuelles, a-t-il encore estimé, ajoutant que la Tchéquie ne pouvait être un « laquais » de Pékin.

Récemment, l'ambassade de Chine a fait savoir au président du Sénat tchèque qu'il serait malvenu de sa part d'adresser ses félicitations à la présidente taïwanaise dans le cadre de son investiture et qu'il s'agirait d'un coup porté aux relations tchéco-chinoises. Il n'est pas possible de courber l'échine devant cela, a estimé Miloš Vystrčil, lors d'une conférence de presse suite à sa rencontre avec le chef de l'Etat tchèque, qui estime pour sa part qu'une mission tchèque à Taïwan serait contre-productive pour la Tchéquie et aurait des conséquences négatives pour son économie.

Miloš Vystrčil a remplacé l'ancien président Jaroslav Kubera à la tête de la Chambre haute du Parlement. Jaroslav Kubera est décédé en janvier dernier et envisageait lui-même un déplacement officiel à Taïwan. Récemment, dans un documentaire de la Télévision tchèque, la veuve de Jaroslav Kubera avait déclaré que son mari s'était retrouvé sous une forte pression en lien avec ses positions sur Taïwan. Elle a précisé qu'il aurait également fait l'objet de menaces sous-entendues par des représentants officiels de la Chine, estimant que l'escalade de ces tensions aurait conduit à une attaque cardiaque, entraînant son décès.