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La police tchèque a ouvert une enquête après la publication sur les réseaux sociaux d'une photo et d'un commentaire menaçants concernant trois hommes politiques tchèques : le maire du VIe arrondissement de Prague, Ondřej Kolář, le maire de Prague Zdeněk Hřib et celui de la commune de Reporyje, Pavel Novotný. Sur sa page Facebook, le leader de Slušní lidé, un mouvement proche de l'extrême-droite, avait publié il y a quelques jours une photo montée montrant les trois hommes politiques et lui-même, muni d'une arme à feu, avec le commentaire suivant : « Vous ne savez pas à combien de roubles se monte la récompense ? Je n'ai plus de revenus à cause du corona et il faut que je compense. » Après avoir retiré la photo incriminée, le leader du mouvement en question s'est défendu en évoquant « une satire ».

La semaine dernière, la presse tchèque a signalé l'existence d'une protection policière pour les trois maires cités ci-dessus. Pavel Novotný fait l'objet de menaces en raison de son projet d'installer une plaque commémorant le rôle de l'armée de Vlassov pendant la libération de Prague en 1945.

Ondřej Kolář et Zdeněk Hřib sont également sous le coup de menaces en lien avec le retrait de la statue controversée du maréchal Koniev et le changement de nom de la place située en face de l'ambassade de Russe, devenue place Boris Netmstov, du nom de cet opposant russe assassiné. Selon l'hebdomadaire Respekt, leur placement sous protection policière serait également liée à l'arrivée il y a trois semaines à Prague d'un membre des services secrets russes, sous passeport diplomatique et qui aurait été en possession de ricine, un poison considéré comme une arme biologique. D'après l'hebdomadaire, les services de renseignement tchèques, alertés de cette venue, ont estimé que sa présence sur le territoire tchèque représentait une menace directe à l'encontre des deux hommes politiques.

La République tchèque est prête à discuter du transfert de la statue du maréchal Koniev en Russie, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Tomáš Petříček dans l'édition de lundi du quotidien Hospodářské noviny. Jusqu'à récemment, la statue se trouvait dans le VIe arrondissement de Prague avant d'être retirée de son socle à la demande du maire. Le pays respecte les traités signés avec la Russie et le retrait de la statue ne représente pas une violation de ceux-ci, a précisé le chef de la diplomatie tchèque.

Après des mois de polémique, le maire du VIe arrondissement de Prague, Ondřej Kolář, a décidé de déboulonner la statue en question début avril, suscitant la colère de Moscou qui a engagé des poursuites. Celui-ci est d'ailleurs sous protection policière depuis quelques mois en raison de menaces reçues en lien avec son rôle dans l'affaire.

La statue du maréchal soviétique fait l'objet d'une controverse depuis plusieurs mois et a été vandalisé à plusieurs reprises. Le monument a été édifié en 1980 sous le régime communiste en hommage au maréchal pour son importante contribution en 1945 à la libération par l’Armée rouge de Prague et d’une grande partie de la Bohême et de la Moravie occupées par l’Allemagne nazie. Toutefois, son implication dans la répression de l’insurrection en Hongrie en 1956, dans la construction du mur de Berlin ou encore son passage à Prague en 1968 pour une opération de renseignement avant l’invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie, sont aujourd’hui également reprochés à Ivan Koniev, faisant de lui un personnage controversé.