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Le président tchèque Miloš Zeman a rendu hommage à Jacques Chirac décédé ce jeudi matin à l’âge de 86 ans. C’était un chef d’Etat capable, solide et amical, a déclaré M. Zeman, par la voix de son porte-parole Jiří Ovčáček qui a également fait savoir qu’une lettre de condoléances officielle serait envoyée en France.

« Je connaissais bien le président Chirac. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et nous étions bons amis. Aujourd’hui, ce type de chefs d’Etat tend à disparaître de la scène politique international. La France aurait besoin d’un nouveau Jacques Chirac, » a pour sa part réagi l’ancien président tchèque Václav Klaus.

En tant que président français, Jacques Chirac s’est rendu deux fois en visite officielle en République tchèque. La première fois en avril 1997, où le président Václav Havel l’avait alors décoré de l’Ordre du Lion blanc, puis en novembre 2002 à Prague lors d’un sommet de l’OTAN qui devait décider alors de l’entrée de la Bulgarie, des Pays baltes, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Slovénie dans l’Alliance.

En 2003, Jacques Chirac avait jeté un froid dans les relations entre la France et les pays d’Europe centrale et de l’Est, dont la République tchèque, critiquant le soutien apporté par ceux-ci aux Etats-Unis sur leur intervention en Irak. Il avait alors déclaré : « Ces pays ont été à la fois, disons le mot, pas très bien élevés et un peu inconscients des dangers que comportait un trop rapide alignement sur la position américaine (...) Ces pays ont perdu une bonne occasion de se taire. »

S’exprimant à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, mercredi soir (heure de New York), le Premier ministre tchèque Andrej Babiš est revenu sur les trente dernières années qui ont suivi la chute du communisme dans le pays. Une route difficile, une période où les politiques ont commis de nombreuses erreurs, mais « aujourd’hui, la République tchèque est le septième pays le plus sûr au monde, elle grandit et s’enrichit rapidement, » s’inscrivant dans la suite de l’histoire d’une Tchécoslovaquie prospère dans l’entre-deux-guerres, a-t-il estimé.

Dans son discours, le chef du gouvernement tchèque a également rappelé que le symbole du changement démocratique après 1989 était l’ancien dissident devenu premier président de la Tchécoslovaquie démocratique, Václav Havel. Andrej Babiš a déclaré que la Tchéquie souhaitait une Europe unie et forte, et l’a qualifiée de projet de paix le plus fructueux au monde, regrettant toutefois certains de ses engagements mondiaux, « peu effectifs » selon lui.

La République tchèque entend devenir un leader en matière d’innovation et d’intelligence artificielle et servir d’exemples à d’autres pays, a également déclaré Andrej Babiš à New York, avant de rappeler que la République tchèque remplissait ses engagements relatifs à l’accord de Paris sur le climat, ajoutant que ces changements devraient être toutefois progressifs afin de ne pas mettre en péril la croissance économique du pays.

Ancien journaliste et actuellement conseiller municipal à la mairie du IIIe arrondissement de Prague, David Soukup a été élu mercredi par les députés nouveau membre du conseil de surveillance de l’Agence de presse tchèque ČTK. Candidat du mouvement ANO du Premier ministre Andrej Babiš, David Soukup a reçu 93 voix sur 180. Il reste un poste vacant au conseil de surveillance de la ČTK, aucun des deux autres candidats n’ayant été élus : Angelika Bazalová, une ancienne journaliste de la rédaction tchèque de la BBC et de la Télévision tchèque (candidate pour les Pirates) et Michal Semín (candidat pour le parti d’extrême-droite SPD) seront départagés lors d’un deuxième tour prévu au mois d’octobre.

En juillet dernier, le second tour infructueux de cette élection avait été particulièrement médiatisé en raison de la personnalité de Michal Semín, connu pour ses positions controversées et antisémites et à la tête d'un mouvement ultra-conservateur. Sa candidature avait également été critiquée par le parti social-démocrate qui avait menacé de quitter le gouvernement de coalition si ce dernier était élu. Face à la controverse, le Premier ministre Andrej Babiš avait appelé en juin dernier les députés de son parti ANO à ne pas voter pour Michal Semín, lors du deuxième tour de l'élection. Le chef du gouvernement a fait savoir qu’il réitérerait son appel.

Fondée en 1918, en tant qu’agence de presse nationale, la ČTK est un média de service public depuis 1993.