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Les Tchèques rendent hommage à Jan Palach ce mercredi, à l’occasion du 50e anniversaire de son immolation par le feu sur la place Venceslas à Prague, le 16 janvier 1969, et de sa mort trois jours plus tard. Cérémonies et manifestations sont organisées dans de nombreux endroits du pays pour honorer la mémoire de l’étudiant martyr, symbole de la résistance au régime communiste, qui a voulu manifester son rejet de l’occupation de la Tchécoslovaquie suite à l’invasion de celle-ci par les troupes soviétiques en août 1968 et appeler le peuple à se révolter.

Mardi soir, une messe a ainsi été célébrée à l’église Saint-Sauveur dans le centre historique de Prague. Selon le prêtre Tomáš Halík, personnalité religieuse parmi les mieux connues du grand public tchèque, par son geste « Jan Palach a démontré que la vérité pèse plus que la vie », une vie dont « il a fait don pour que les gens prennent conscience de la valeur de la vérité et de la liberté. » Par la même occasion, Tomáš Halík a mis en garde contre le populisme politique, ainsi que contre les fausses informations en provenance de l’Europe de l’Est et la volonté de certains responsables politiques tchèques de privilégier les intérêts de certains de leurs partenaires financiers et économiques dans cette région de l’Europe au détriment des intérêts de la République tchèque et de l’Union européenne.

Ce mercredi, une exposition a été inaugurée en haut de la place Venceslas, tandis qu’une dalle commémorative a été dévoilée dans la cour de l’Université Charles, à l’endroit où avait été exposé le cercueil de Jan Palach lors de ses funérailles qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes.

Après le rejet, mardi, par les députés britanniques de l’accord avec Bruxelles sur la sortie de l’Union européenne, la balle est désormais dans le camp du Royaume-Uni et c’est à son gouvernement qu’il appartient de dire ce qu’il entend faire. Telle a été en somme la réaction du ministre des Affaires étrangères tchèque, Tomáš Petříček, sur son compte Twitter, suite au vote négatif, à une très large majorité, de la Chambre des communes. Le chef de la diplomatie a précisé qu’il préférerait personnellement que le Royaume-Uni reste membre de l’UE, mais que l’accord sur le Brexit conclu avec Bruxelles en fin d’année dernière « était la moins mauvaise solution ». Toujours selon lui, la République tchèque est « préparée à tous les scénarios possibles » et il affirme rester convaincu qu’une situation satisfaisante sera trouvée pour toutes les parties.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Jan Hamáček, a réagi à l’annonce du résultat qui plonge encore davantage le gouvernement de Theresa May dans l’incertitude à dix semaines du Brexit, en déclarant que celui-ci était prévisible et que même en cas de sortie sans accord, la priorité restait le maintien des droits des ressortissants tchèques vivant et travaillant au Royaume-Uni et la poursuite des meilleures relations possibles avec Londres. Ce jeudi, Jan Hamáček s’entretiendra avec les leaders de tous les partis représentés à la Chambre des députés de la manière d’adopter le plus rapidement possible la « Lex Brexit », projet de loi approuvé par le gouvernement la semaine dernière qui vise à anticiper les conséquences d’une possible sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord avec Bruxelles.

Interrogés quant à eux par l’agence de presse ČTK, les eurodéputés tchèques ont mis en garde contre le renforcement de l’incertitude au sein de l’UE. « Le plus important est désormais d’éviter un départ du Royaume-Uni sans accord. Une telle rupture constituerait un risque pour le Royaume-Uni ainsi que pour les intérêts de la République tchèque », estime par exemple Jiří Pospíšil (TOP 09).