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Selon le quotidien Mladá Fronta Dnes, le retrait de l'offre du groupe Areva dans le cadre de l'extension de la centrale nucléaire de Temelín en Bohême du Sud, serait lié au fait que l'entreprise française n'aurait pas garanti un prix de livraison fixe et aurait ignoré certaines lois tchèques relatives à l'énergie atomique. Le journal invoquent des « sources sûres » qui affirment que la société de production et de fourniture d'électricité ČEZ, à l'origine de l'appel d'offres, considère qu'Areva n'aurait pas été en mesure d'assurer les conditions de prix et de délai de livraison prédéterminés. La firme française aurait ainsi été dans l'incapacité de préciser combien coûteront certains éléments de l'offre. De plus, selon Mladá Fronta Dnes, cette offre aurait également précisé qu'une fois le contrat signé, dans le cas où les conditions de prix ou de délai de livraison des réacteurs s'avéraient non conforme à la réalité de la construction, Areva aurait pu demander le remboursement des frais supplémentaires. Les Français auraient également ignoré quelques aspects de la loi tchèque, notamment en ce qui concerne le transport de certains éléments de la livraison. Selon les sources du quotidien, « il ne s'agissait pas d'une simple erreur qui aurait pu être facilement corrigée. Il est assez surprenant que sur de nombreux points, les conditions d'attribution aient à peu près été ignorées. » Areva a annoncé vouloir faire appel de cette décision, la firme s'affirmant convaincue que "son offre est la plus compétitive".

Dans une interview au quotidien Lidové noviny parue ce samedi, le président de la République Václav Klaus estime que le gouvernement de droite de Petr Necaš est seul responsable, par ses actes, de la perte du soutien d'une partie des 118 députés qui lui étaient originellement liés (sur les 200 que compte la Chambre basse). Selon lui, le Premier ministre et les représentants des trois partis de la coalitions gouvernementales (ODS, TOP 09 et LIDEM), devraient en tirer des « conclusions essentielles ». Il a ajouté « qu'un gouvernement qui a le soutien de 118 députés se comportent différemment qu'un gouvernement disposant d'une majorité de 101 députés. Ils n'ont probablement pas réfléchi à cela et récoltent aujourd'hui le fruit de leurs actes. » Certains considèrent que le gouvernement, en grande difficulté notamment du fait de la démission du ministre du Travail et des affaires sociales Jaromír Drábek, pourrait ne pas survivre aux élections régionales et sénatoriales partielles du week-end prochain. La coalition gouvernement reproche par ailleurs au président d'avoir apposé son veto à sa réforme des retraites qui consiste en une privatisation partielle du système par répartition. Dans le cadre de l'élection présidentielle de janvier prochain, Václav Klaus, de façon surprenante, a déclaré soutenir la candidature de l'ancien Premier ministre Miloš Zeman (centre-gauche) et a critiqué le ministre des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, du parti conservateur TOP 09 et également candidat.

Le groupe énergétique tchèque ČEZ a écarté Areva de l'appel d'offres pour deux nouvelles tranches de la centrale nucléaire de Temelín. Dans un communiqué diffusé en début d'après-midi vendredi, ČEZ précise que le groupe nucléaire français n'a pas répondu au cahier des charges réglementaire du projet et n'aurait de surcroît pas rempli d'autres critères clés, au niveau commercial et sur l'aspect législatif. Le groupe énergétique tchèque indique avoir prévenu l'industriel français de sa décision. Le groupe Areva peut encore déposer un recours.. "En ce qui concerne les autres participants à l'appel d'offres, il n'a été pour l'heure trouvé aucun point sur lesquels le cahier des charges n'aurait pas été respecté," a précisé le porte-parole de ČEZ. Le consortium tchéco-russe Škoda JS, Gidropress et Atomstroïexport et l'américain Westinghouse sont les seules sociétés qui restent en lice pour l'achèvement de la centrale. Le vainqueur de l’appel d’offres devrait être connu en 2013, tandis que la réalisation des travaux est prévue pour 2025. Le montant de l'extension de la centrale de Temelín est évalué à un sommme entre 200 et 300 milliards de couronnes.

En réaction à cette annonce, Areva a annoncé vendredi son intention de contester son exclusion de l'appel d'offres. Une porte-parole d'Areva a fait savoir que le groupe allait "faire objection de cette décision selon les règles stipulées dans les conditions de l'appel d'offre". "Areva croit fermement avoir satisfait tous les critères de l'offre et répondra aux questions soulevées par ČEZ. Nous sommes persuadés que l'offre que nous avons faite à ČEZ est la plus compétitive et notre engagement dans le projet d'extension de Temelín reste entier", a-t-elle ajouté.