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Les maires de 56 municipalités des régions de Přerov, Olomouc et Nový Jičín, ont demandé au gouvernement l'arrêt du projet controversé de canal Danube-Oder-Elbe. La sénatrice Jitka Seitlová (KDU-ČSL) a annoncé vendredi qu'une étude de faisabilité serait présentée au gouvernement à l'automne. Les maires souhaitent que les préparatifs du projet soient stoppés, jusqu'à qu'il soit prouvé que le projet sera réellement bénéfique pour les régions concernées et le pays dans son ensemble.

Ce projet, qui vise à développer le réseau fluvial européen et permettre à la République tchèque de gagner trois débouchés sur la mer, est considéré comme mégalomaniaque par de nombreux détracteurs qui estiment, en outre, qu’il ne serait pas rentable et extrêmement coûteux. Les partisans du projet défendent au contraire les avantages économiques qu’un tel canal pourrait représenter, arguant que le projet permettrait de stimuler le transport fluvial et améliorer la gestion des eaux.

Selon le ministère tchèque des Transports, le projet s’élèverait à 585 milliards de couronnes, la partie concernant l’Elbe coûtant 300 milliards à elle seule. Le président tchèque Miloš Zeman est un fervent défenseur du projet de canal entre les trois grands fleuves, projet auquel il aimerait faire participer des investisseurs chinois. Selon le chef de l’Etat, le projet permettrait d’assurer un emploi à 60 000 personnes pendant une période de quinze ans.

La coalition minoritaire dirigée par Andrej Babiš, composée de son mouvement ANO et de la social-démocratie, a survécu, vendredi, à la motion de censure déposée contre elle par six partis de l'opposition suite aux nouveaux développements dans l'affaire dite du Nid de cigognes sur un présumé détournement de fonds européens pour la construction d'un centre récréatif en Bohême centrale, dans laquelle le Premier ministre fait l'objet de poursuites.

Pour être approuvé, le texte avait besoin d’au moins 101 voix sur les 200 sièges que compte la Chambre basse du Parlement. Il n’en a recueilli que 92. C’est précisément le nombre de parlementaires des six partis d’opposition concernés, le parti ODS, le parti des Pirates, les chrétiens-démocrates, le mouvement STAN, le parti conservateur TOP 09 et la formation d’extrême-droite du SPD. 90 députés ont voté le soutien au gouvernement, c’est-à-dire tous les élus du mouvement ANO et du parti communiste, lequel supporte la coalition gouvernementale sans y participer. Les sociaux-démocrates, qui auraient pu faire basculer le vote, n’y ont pas participé comme leur direction l’avait décidé et annoncé jeudi.

A l’issue du scrutin, le président social-démocrate, le ministre de l’Intérieur Jan Hamáček, a répété la position de son parti : « Le gouvernement réussit. Et je veux dire pour la social-démocratie que le projet gouvernemental a notre soutien. Il est cependant évident que la personnalité du Premier ministre pèse sur ce gouvernement ».