Pays du tourisme L’Institut de la culture baroque au sein du palais Colloredo-Mannsfeld
Imposant et grandiose, le palais Colloredo-Mannsfeld réalisé à l’initiative de Vincenc Paul, Prince de Mannsfeld-Fondi, est une vraie merveille. Construit d’après le projet de l’architecte Franz Ignátz Préé dans les années 1730 à 1735 le bâtiment fait sans aucun doute partie des plus beaux palais de Prague dans le style rocaille.
Le palais Colloredo-Mannsfeld, photo: Jaroslava Gregorová
Le palais Colloredo-Mannsfeld a vécu sa plus grande gloire sous le règne
de l’archiduchesse Marie-Thérèse de Habsbourg, reine de Hongrie et de
Bohême, époque à laquelle le palais est devenu le centre de la vie
sociale et culturelle de Prague. En ces lieux étaient organisés des bals
masqués dans un style Mozart, jouissant d’une grande renommée, dont la
tradition a persisté jusqu’au début du XXe siècle. Le régime
communiste mit fin à cette gloire centenaire. Pendant de longues années
le palais resta sans vie, plongé dans la tristesse et l’oubli.
Evidemment, au fil des ans, il se détériora et perdit beaucoup de son
prestige d’antan.
Mais heureusement, comme la Belle au bois dormant fut rendue à la vie par un prince charmant, le palais Colloredo-Mannsfeld a été sauvé et sorti de sa torpeur grâce à l’initiative et au travail acharné de Carnevale Praha et à l’Atelier Franzis Wussin. La vie est revenue au sein du merveilleux palais le jeudi 8 juillet avec l’ouverture du Centre d’information et de l’Institut de la culture baroque.
Plus de détails avec l’auteur du projet Carnevale Praha et le fondateur de l’Atelier Franzis Wussin, l’architecte Rostislav Maria Müller :
Bohemian Carnaval
« Suite aux expériences acquises depuis des années par l’organisation
du Carnaval de Prague, nous aimerions essayer de réunir les gens et les
groupes de gens qui se consacrent à la culture baroque, qui a atteint
Prague très intensément, et d’essayer de créer un Institut de la
culture baroque, dans lequel on pourrait développer différentes
activités au cours de l’année, et travailler systématiquement sur le
dépoussiérage des joyaux baroques de Prague. L’idée de créer
l’Institut a bien évidemment mûri pendant une certaine période dans
nos têtes et pour la saison d’été 2010 nous avons enfin mis en œuvre
cette idée. Nous préparons donc un projet pilote pour la saison d’été
de façon à ce que l’institut commence à vivre. »
Photo: Jaroslava Gregorová
A l’occasion de l’ouverture du Centre d’information et de
l’Institut de la culture baroque, un gala concert de musique et de danse
baroque a eu lieu également le 8 juillet à 20 heures dans la salle
principale du palais. Les spectateurs entraient par le portail monumental,
décoré par des vases décoratifs, un putti et des armoiries provenant du
célèbre atelier Braun. Au début, ils ont probablement du être déçus
par les couloirs délabrés et les peintures défraîchies. Mais qu’elle
fut leur étonnement, lorsqu’arrivés au deuxième étage leur regard
s’ouvrit sur une somptueuse salle en forme d’ellipse, richement
décorée de peintures et de stucs.
Photo: Jaroslava Gregorová
La voûte fascinait par une fresque
peinte par les peintres italiens Giovanni Battista Zaist et Pietro Scotti.
Ainsi, comme par le mouvement d’une baguette magique, les spectateurs
étaient transportés dans un temps depuis longtemps révolu, à
l’époque du baroque. Au son de la musique de W. A. Mozart, J. B. Lully,
T. Albinoni A. Campra, G. Finger, G. F. Händel et M. Marais, interprétée
par Carnevale Baroque Orchestra, on se posait la question si Mozart ou un
autre des grands maîtres du baroque n’allait pas apparaître en chair et
en os pour saluer le public. Les danses baroques interprétées par Hartig
Ensemble, sous la direction de l’un des plus grands experts de la danse
baroque, le professeur Helena Kazánová, étaient non moins fascinantes.
Photo: Jaroslava Gregorová
Les activités de l’Institut de la culture baroque dont le siège se
trouve au palais Colloredo-Mannsfeld seront réparties en plusieurs
étapes. Rostislav Maria Müller :
« La première étape consistera à faire des spectacles de théâtre, de musique et de danse en costumes authentiques de l’époque en compagnie d’ensembles et d’orchestres spécialisés sur la musique baroque. Il faut dire que la danse en particulier jouissait à l’époque du baroque d’une grande importance. Tout ce bloc artistique, sera présenté au sein du magnifique palais Collorado-Mannsfel qui jusqu’alors n’a pas été exploité et comme c’est vraiment un joyau baroque, il mérite bien de revivre. En plaçant en son sein les manifestations artistiques, je pense qu’il fera briller la scène culturelle. »
Photo: Jaroslava Gregorová
Les concerts et les spectacles de danses baroques au palais
Colloredo-Mannsfeld organisés par la Carnevale Praha, l’Atelier Wussin
et la Mairie de la ville de Prague se poursuivront jusqu’à fin septembre
ou mi-octobre. A la fin de la saison estivale Carnevale Praha et
l’Atelier Wussin évalueront d’autres possibilités d’élargissement
et envisageront d’autres activités pour la prochaine saison d’été,
par exemple des conférences, la publication des documents sur le baroque
ou l’organisation de festivals de la culture baroque.
Les activités qui se dérouleront au sein du palais Colloredo-Mansfeld au cours de la saison d’été et début automne seront une ouverture du grand Carnaval de Prague. Rostislav Maria Müller :
Photo: Jaroslava Gregorová
« Oui, il en est ainsi et je crois que c’est important car les opinions
sur la culture baroque sont assez spécifiques mais je pense qu’il peut
s’adresser à un public beaucoup plus large. Nous désirons que ce projet
soit une passerelle entre les grands amateurs et experts du baroque et les
laïcs fascinés par cette époque. Il est donc nécessaire d’organiser
ce type de rencontre entre les gens qui étudient cette époque, l’aiment
et s’y consacrent de façon intense.»






