Les espaces souterrains les plus intéressants de République tchèque

Des grottes, des gouffres, des carrières, des mines, des tunnels, mais aussi des caves à vin, des usines secrètes, des abris militaires ou des galeries souterraines… De nombreux lieux insolites se cachent sous la terre en République tchèque. Voici quelques idées des meilleurs espaces souterrains à visiter.

A la découverte de belles grottes karstiques

Photo: CPRESSPhoto: CPRESS Les grottes ont toujours fasciné les hommes. Les raisons en sont multiples : certaines comportent les premières traces de présence humaine, d’autres attirent tout simplement par leur beauté. Dans cette deuxième catégorie, les cavités karstiques sont sans doute les plus célèbres. En République tchèque, plusieurs ensembles de grottes karstiques sont appréciés par les spéléologues.

A une trentaine de kilomètres de Prague, en Bohême centrale, dans la région connue sous l’appellation du Karst tchèque, se trouve le plus long réseau de grottes en Tchéquie, les célèbres grottes de Koněprusy. Constituées par trois niveaux de couloirs et de dômes en calcaire, dont la longueur totale est supérieure à deux kilomètres, ces sous-sols richement décorés de stalactites et de stalagmites blanchâtres et abritant un nombre important de chauves-souris sont une destination populaire pour les touristes. Mais les grottes de Koněprusy ne représentent pas la seule attraction du Karst tchèque. Nous en avons parlé avec Jan Pohunek, l’un des auteurs d’un guide unique et intitulé « Kam do podzemí » (littéralement « Où dans le sous-sol ») qui propose de découvrir les meilleurs endroits en République tchèque situés sous la surface de la terre :

Jan Pohunek, photo: Archives de Jan PohunekJan Pohunek, photo: Archives de Jan Pohunek « Les autres grottes du Karst tchèque ne sont pas très grandes et il n’y existe pas de visites guidées. Mais nous pouvons trouver dans cette région un nombre important de monuments techniques, qu’il s’agisse de différentes galeries souterraines, de jolies carrières ou d’anciennes usines à chaux. Nous pouvons mentionner par exemple un musée en plein air consacré à l’industrie des carrières, situé dans les carrières de Solvay, près de la commune de Svatý Jan pod Skalou. Vous pouvez faire un tour dans un train minier, apprendre quelque chose sur l’histoire du lieu et faire une balade dans ses environs. »

Le Karst tchèque s’étend jusqu’à Prague. Il est donc possible de découvrir plusieurs petites grottes, ainsi que d’anciennes carrières de calcaire par exemple dans le quartier de Braník ou dans la Vallée protégée de Prokop, dans la capitale.

Le gouffre de Macocha, photo: Štěpánka BudkováLe gouffre de Macocha, photo: Štěpánka Budková Plus intéressant encore que le Karst tchèque, il y a le Karst morave, situé au nord de la ville de Brno. Avec les célèbres grottes de Punkva, visitées chaque année par quelque 200 000 personnes qui les découvrent en navigant sur une petite rivière souterraine, le gouffre de Macocha profond de 138 mètres, la grotte Hladomorna (Les oubliettes en français) qui a servi de prison au château voisin de Holštejn, la plus grande grotte tchèque appelée La Dame de Pique, la grotte de Catherine et son dôme où sont organisés différents concerts, ou encore les grottes de Sloup-Šošůvka, très richement décorées de concrétions calcaires, il s’agit de la région karstique la plus vaste de l’Europe centrale et d’un des endroits les plus merveilleux à visiter en République tchèque. Jan Pohunek poursuit :

« Le Karst morave comprend plus de grottes que le Karst tchèque et celles-ci sont plus grandes. Beaucoup d’entre elles sont également des sites archéologiques importants. Une des plus intéressantes, selon moi, est la grotte appelée Výpustek qui a servi pendant longtemps de base militaire secrète. Elle a été récemment ouverte au public. Vous pouvez ainsi découvrir à la fois une grotte et un abri souterrain de l’époque de la guerre froide. »

Si l’on parle des grottes karstiques, il ne faut certainement pas oublier les grottes de Na Pomezí, les plus grandes grottes en marbre dans le pays, situées à l’extrême nord de la Moravie, dans les monts de Rychleby (cf.http://www.radio.cz/fr/rubrique/tourisme/les-grottes-de-na-pomezi-un-royaume-souterrain-en-marbre).

Les mines uniques et leurs galeries souterraines

Certainement pas moins intéressants sont les différents souterrains artificiels existant en République tchèque. De nombreuses villes abritent dans leurs sous-sols de complexes systèmes de couloirs souterrains qui possèdent souvent une longue histoire mystérieuse. Le labyrinthe le plus connu de ces tunnels historiques se trouve à Jihlava, dans la région de la Vysočina, à la frontière tchéco-morave. Son histoire remonte au Moyen-Âge, mais sa fonction originale reste inconnue. Des experts pensent que ces couloirs sont le résultat d’une activité économique. Ancienne ville royale fondée suite à la découverte de gisements d’argent au XIIIe siècle, Jihlava est en effet devenue un important centre de commerce médiéval et aurait donc eu besoin d’espaces pour stocker des marchandises.

Le labyrinthe souterrain de Jihlava, photo: Archives de Radio PragueLe labyrinthe souterrain de Jihlava, photo: Archives de Radio Prague Le labyrinthe souterrain est aujourd’hui accessible du public qui peut découvrir, entre autres, un couloir phosphorescent. Certains racontent même y avoir rencontré un fantôme. Pour Jan Pohunek, il s’agit toutefois notamment d’une curiosité technique :

« Avec près de 25 kilomètres, le système des couloirs souterrains de Jihlava est très étendu. La visite guidée propose d’en découvrir seulement une partie. Malheureusement, une grande partie de ces couloirs ont été solidifiés par le passé à l’aide de béton. Il n’est donc plus possible de voir que les couloirs ont été creusés manuellement. Mais il s’agit sans aucun doute d’un monument technique très intéressant. »

Le plus long réseau de couloirs souterrains en Tchéquie se trouve à Znojmo, non loin de la frontière autrichienne. Il est long de près de 27 kilomètres et se déploie sur quatre étages.

De nombreux autres espaces souterrains en République tchèque sont liés à l’histoire de l’extraction du lignite et de différents minerais. Jan Pohunek fait référence notamment au massif des monts Métallifères (Krušné hory) :

« Les monts Métallifères, à la frontière nord-ouest de la République tchèque, sont une région minière très variée. Il y existe différents monuments liés à l’extraction de minerais et des musées miniers avec des galeries souterraines. Il vaut visiter par exemple la galerie appelée ‘Země zaslíbená’ - ‘La Terre promise’ – à Měděnec ou les galeries souterraines de Mikulov. Et il ne faut bien sûr pas oublier la mine d’uranium de Jáchymov, connue pour avoir été un camp de travail forcé de prisonniers politiques sous le régime communiste. Enfin, nous ne pouvons pas dissocier cette région frontalière de sa partie allemande. En allant dans les monts Métallifères, vous pouvez donc visiter également différents souterrains de l’autre côté de la frontière. »

L'ancienne mine Anselm, photo: Archives de Radio PragueL'ancienne mine Anselm, photo: Archives de Radio Prague Quant à l’extraction du charbon, un riche patrimoine industriel souterrain se trouve près de la ville d’Ostrava, en Moravie-Silésie. Parmi les sites les plus remarquables, le livre « Où dans le sous-sol » cite l’ancienne mine Anselm de 1835. Faisant partie du parc Landek, un complexe réaménagé destiné à la mémoire industrielle de la région, cette mine est une destination touristique de plus en plus populaire. La visite mène à travers des galeries souterraines présentant l’évolution des technologies utilisées, ainsi que le travail des mineurs. Mais Jan Pohunek nous emmène plus loin au nord encore :

« Les carrières d’ardoise dans le massif des Jeseníky, à l’extrême nord de la Moravie, sont jolies et intéressantes. Les souterrains ne sont pas vraiment accessibles de manière officielle, mais la nature qui les entoure vaut le coup. On y trouve différents petits lacs, des amas d’ardoise ou des entrées aux anciennes galeries souterraines. Ces carrières se trouvent près des communes de Jakartovice et de Břidličná, dans la partie est du massif des Jeseníky. »

La fabrication secrète d’armes

Les souterrains utilisés à des fins militaires, comme des abris anti-aériens ou d’anciennes bases de l’armée, représentent une catégorie à part. De nombreux sous-sols de ce type datent de l’époque de la Seconde Guerre mondiale. On les trouve par exemple en Bohême du nord, à la frontière avec l’Allemagne. Jan Pohunek :

L'usine nazie de Rabštejn, photo: Radek Bartoš, CC BY-SA 3.0L'usine nazie de Rabštejn, photo: Radek Bartoš, CC BY-SA 3.0 « La Bohême du nord et du nord-est est en général connue pour ses roches de grès et ses grandes ‘villes rocheuses’. Le grès est une roche très molle qui peut être facilement creusée. Il y existe donc un grand nombre de grottes, mais aussi de carrières et d’anciennes usines souterraines. Il s’agit par exemple de l’usine nazie de Rabštejn. Parmi les endroits les plus intéressants de la région figure la vallée de la rivière Svitávka, en Bohême du nord, où se trouvent plusieurs caves historiques et deux carrières souterraines. L’une d’elles a servi d’usine secrète de fabrication d’armes au cours de la Seconde Guerre mondiale. L’autre s’est récemment transformée en un bar pour les motards. On y trouve également un chenal creusé manuellement qui est assez long et très joli. La nature, elle aussi, est très romantique. Bref, il y a des choses à découvrir ! »

La liste n’est pas complète : avec des caves à vin en Moravie du sud, différentes cryptes d’églises et casemates de châteaux, ou encore le métro, les galeries techniques et les égouts pragois, les différents espaces souterrains en Tchéquie sont très nombreux. Quasiment tous ces lieux qu’il est possible de visiter sont en effet présentés, région par région, dans ce guide. Leur description est également complétée par des informations pratiques sur les horaires et les prix, ainsi que sur leur position géographique.