Pays du tourisme A la découverte du verre noir de la bijouterie tchèque
Dans cette édition de notre guide touristique, cette semaine, nous allons nous rendre en Bohême du Nord, plus exactement à Jablonec nad Nisou. Cette petite ville pourrait être qualifiée de capitale de la bijouterie, un secteur économique qui ne vit pas des jours heureux, en ce moment, avec la crise financière mondiale. Mais ce n’est pas de cela que nous parlerons, mais d’une spécialité tchèque, très ancienne et très appréciée à l’étranger. Il s’agit des bijoux en verre noir…
Les bijoux en verre noir ont une longue tradition en Bohême et étaient
très à la mode jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale. Une
grande panoplie de bijoux en verre noir avait même été commandée par la
reine d’Angleterre, Victoria qui, après la mort de son époux, ne
portait plus que du noir, donc aussi ses bijoux devaient être noirs.
Pourtant, cela fait plus d’un demi siècle qu’ils ne sont plus
fabriqués en série. En effet, la production est compliquée et revient
trop cher.
Actuellement, dans le monde, il n’y a probablement plus que trois ou
quatre bijoutiers qui les fabriquent. Parmi eux, il y a aussi Vladimír
Svatoň qui habite non loin de la ville de Jablonec nad Nisou, plus
exactement à Hrádek nad Nisou. Bijoutier de formation, après avoir
découvert de petits stocks de ce qu’on appelle des « cailloux » de
verre noir, il s’est spécialisé dans la fabrication de réplique ou
d’originaux en verre noir. Il nous a expliqué que ce métier artisanal
faisait souvent vivre des familles entières en Bohême du Nord, où la
tradition de la bijouterie existe depuis des siècles. Le plus souvent,
c’étaient les enfants qui produisaient les petits morceaux de verre, les
fameux « cailloux ». Il fallait être très habile, car les cailloux sont
de très petites dimensions. Il fallait, en plus, enchâsser les cailloux
dans des broches en métal, afin que les bijoux puissent, ensuite, être
assemblés en utilisant la soudure. Le problème pour Vladimír Svatoň a
été, tout d’abord, de trouver de la matière première, les cailloux de
verre noir que personne ne fabrique plus aujourd’hui. Ecoutons comment il
s’est débrouillé :
« Je les ai trouvés en cherchant dans les greniers des vieilles maisons, nous avons même trouvé un sac qui était enterré derrière un tas de charbon. C’était assez intéressant, certaines fois, de découvrir cette matière première un peu partout. »
Il faut dire que la région de Jablonec nad Nisou faisait partie des
anciennes Sudètes, une région qui a vécu une histoire des plus
tumultueuses au siècle dernier. Après la Deuxième Guerre mondiale, les
habitants d’origine allemande ont été déplacés de force et beaucoup
de maisons sont restées vides ou ont été en partie rasées. C’est dans
celles-ci, mais aussi dans d’autres qui sont habitées aujourd’hui, que
Vladimír Svatoň a fait ses découvertes.
Aujourd’hui, Vladimír Svatoň fabrique de petites collections de copies ou répliques. Il aime bien se lancer aussi dans la création de ses propres bijoux. Est-ce que c’est difficile ? Réponse du bijoutier :
« Les cailloux… Si vous n’avez pas le talent, vous ne ferez rien avec eux. Ce que je fais, moi, je jette d’abord les cailloux sur la table et je commence à réfléchir. Ou bien j’ai déjà une idée et, après, je peux commencer à travailler. »
De nos jours, les bijoux en verre noir sont très recherchés et
s’exportent très bien surtout au Japon. L’Afrique noire est aussi un
très bon client qui demande surtout des bijoux représentant des motifs
d’animaux. Où peut-on trouver, autrement, les bijoux en verre noir,
anciens ou fabriqués par Vladimír Svatoň ? Il suffit de vous rendre au
Musée du verre et de la bijouterie que vous trouverez dans la ville de
Jablonec nad Nisou dont nous avons parlé au début de notre guide. Nous
allons d’ailleurs vous le présenter tout de suite.
Le Musée du verre et de la bijouterie de Jablonec nad Nisou
Un peu d’histoire pour commencer. Le Musée du verre et de la bijouterie
de Jablonec nad Nisou est assez ancien, puisqu’il a été fondé en 1904
avec l’ouverture de la première exposition permanente. Le bâtiment qui
a été construit pour les besoins du musée, a été inauguré en 1911,
dans la rue Školní ulice. Après la guerre, en 1949, le musée a
déménagé dans la rue Jiráskova ulice où il se trouve toujours
aujourd’hui. A ces débuts, l’institution portait le nom de Musée de
l’industrie artistique. Depuis 1961, année où il est passé sous
l’administration du département de Jablonec nad Nisou, il est
spécialisé dans l’étude de l’histoire du verre et de la bijouterie
et porte le nom de Musée du verre et de la bijouterie. Entre 2001 et 2004,
le musée a subit une reconstruction lourde, et le plus important est
certainement qu’à partir du 1er janvier 2003, il est passé sous
l’administration du ministère de la Culture de la République tchèque.
C’est le 23 septembre 2004 que le Musée du verre et de la bijouterie a
été de nouveau inauguré en présence du président de la République,
Václav Klaus et d’autres personnalités.
Le Musée du verre et de la bijouterie de Jablonec nad Nisou
Si vous aimez le verre sous toutes ses formes et les bijoux, nous vous
recommandons vraiment d’aller faire une petite excursion à Jablonec nad
Nisou, situé pas trop loin au nord de la capitale Prague. Le Musée du
verre et de la bijouterie nous offre deux expositions permanentes : Le
jardin magique et Le monde magique de la bijouterie. La première
exposition est consacrée au verre et à son histoire pendant 7 siècles de
sa tradition en Bohême du Nord. Elle est installée dans trois salles du
5e étage du bâtiment principal et se présente vraiment sous la forme
d’un jardin à la française… La seconde exposition présente tout le
développement de l’industrie de la bijouterie de Jablonec nad Nisou,
depuis ses débuts jusqu’à l’époque contemporaine. Elle est
accompagnée de films et de vidéos. Elle s’étend sur 380 m2 et, en
été, le visiteur peut aussi passer d’agréables moments sur la
terrasse. Et les fameux bijoux en verre noir ? Vous pouvez les trouvez si
vous ouvrez un des nombreux tiroirs des armoires qui se trouvent dans les
salles d’exposition. Si vous avez un peu de chance, vous pourrez même
rencontrer Vladimír Svatoň qui est employé au musée… Et c’est ainsi
que nous refermons notre guide touristique de cette semaine, sur Radio
Prague.







