Le tchèque du bout de la langue Les chiffres, numéros - cisla (suite)
Salut à tous, les tchécophiles de Radio Prague - Ahoj vám všem,
milovníkům češtiny Radia Praha. Notre dernière émission
avait été la cinquantième du nom, soit un chiffre rond, et c'est pourquoi
nous nous étions intéressés aux chiffres et aux numéros tchèques -
čísla. Pour ce cinquante et unième numéro du "Tchèque du bout de
la langue", nous allons donc poursuivre et boucler notre recherche
d'expressions relatives aux chiffres et numéros en étudiant ceux que nous
n'avions alors pas pu aborder, mais aussi en revenant sur certains d'entre
eux. Bon amusement, donc - dobře se bavte !
Pour débuter, revenons donc sur le chiffre deux - dva, plus précisément sur
l'expression "deux fois" - dvakrát, qui est à l'origine de très
jolis proverbes et dictons. Il existe tout d'abord l'équivalent de
l'expression très connue également en français « nemusí se mu to
říkat dvakrát », soit « il ne faut pas le lui dire, répéter deux fois », employée notamment à l'égard d'une personne qu'il est facile d'inviter,
qui ne se fait pas beaucoup prier pour répondre positivement à une
invitation.
Il existe également un conseil très sage pour ceux, entre autres, qui ne
sont pas assez attentifs, consciencieux dans leur travail, ne
réfléchissent pas suffisamment, ou veulent aller plus vite que la musique
: « dvakrát měř a jednou řež », c'est à dire « mesure
deux fois et coupe une fois ». Bref, un message clair qui ne nécessite pas
d'autre explication. Toujours en rapport avec le travail, lorsqu'un Tchèque
n'a pas très envie de faire quelque chose, qu'il n'a guère de motivation et
d'entrain à la pensée de ce qui l'attend, il dit parfois : « nechce se mi
dvakrát něco udělat ». Il s'agit d'une expression très
difficile, voire impossible à traduire, mais qui, mot à mot, équivaut
approximativement à « je n'ai pas deux fois envie de faire quelque chose ».
L'expression « není mi dvakrát dobře » - « je ne me sens pas deux
fois bien », signifie, quant à elle, que l'on ne se sent pas très bien,
que l'on n'est pas en forme, bref, dans un certain sens, que l'on n'est
pas dans son assiette.
A propos de l'idée de quantité, mentionnons encore les proverbes suivants,
plutôt amusants. Par exemple, pour désigner une femme bavarde comme une
pipelette, les Tchèques avaient autrefois recours au dicton suivant : « šla dvakrát, když pánbůh rozdával výřečnost » - « elle est passée deux fois quand le bon dieu a distribué la loquacité ».
Pareillement, dee quelqu'un de bête, d'idiot, on dit parfois : « šel
dvakrát, když pánbůh rozdával hloupost » - « il est passé deux
fois quand le bon dieu a distribué la bêtise ». Il s'agit, en fait, d'une
expression qui peut être employée pour l'ensemble des qualités et des
défauts.
Enfin, pour en terminer avec le mot « dvakrát » - « deux fois »,
mentionnons encore cette formule relative à une petite quantité de
nourriture : « je toho na dvakrát do huby », soit, mot à mot, « il y en a
pour deux fois dans la gueule ».
« To je tak jisté, jako že dvakrát dvě jsou ctyři » - « c'est aussi certain que deux et deux font quatre ». Voilà une autre
expression qui nous permet de passer au chiffre quatre - ctyři. En
République tchèque aussi, le célèbre "mezi ctyřma očima » - « entre quatre yeux », est très utilisé lorsque deux personnes ressentent
le besoin de se dire les choses en face, leurs quatre vérités.
A propos d'une personne qui travaille avec beaucoup d'ardeur,
d'application, on peut dire « dělá všemi čtyřmi »,
soit, mot à mot, « elle travaille avec les quatre », une façon de bien
faire comprendre qu'elle fait de son mieux avec ses deux bras et ses deux
jambes. Il existe une autre expression très semblable s'appliquant au
travail, « dělat za ctyři », c'est à dire littéralement « travailler pour quatre ».
Pour le chiffre « dix » - deset, on retrouve, là aussi, une expression
relative au travail et identique à celle que nous venons de citer. Il
s'agit de « všemi deseti dělat » - « travailler avec les dix »,
le mot « dix » désignant le nombre total des doigts de mains. Toujours en
rapport avec les doigts, l'équivalent tchèque de l'expression française « se lécher les doigts » est « všech deset si oblízat », soit « se
lécher les dix ».
Enfin, puisque nous arrivons à la fin de cette émission, et avant de
conclure symboliquement avec le chiffre « cent » - sto, notons encore
l'expression « udělat něco za pět minut dvanáct », soit,
traduit mot à mot, « faire quelque chose à minuit moins cinq ». En
français, cela équivaut, bien entendu, à dire que l'on fait quelque chose
au tout dernier moment, à la dernière minute.
Pour le chiffre « cent » - sto, retenons, donc, les deux proverbes
suivants, très fréquemment utilisés par les Tchèques : « mít sto chutí »,
c'est à dire « avoir cent envies », avoir très envie de faire quelque
chose ; et « dělat něco o sto šest », littéralement « faire
quelque chose à cent six », on pourra dire « à cent à l'heure », plus
précisément à « cent six à l'heure », bref à toute allure, à toute
vitesse. Pourquoi le chiffre « cent six » - sto šest, qui peut aussi
signifier « faire de son mieux possible », voilà une question bien
intéressante à laquelle nous ne sommes malheureusement pas en mesure de
vous répondre...
C'est donc sur ce triste aveu que se termine ce « Tchèque du bout de la
langue » consacré aux chiffres et numéros tchèques - čísla. Dès la
semaine prochaine, nous aborderons un tout autre sujet. En attendant,
portez-vous du mieux possible - « mějte se co nejlíp! », portez le
soleil en vous - « slunce v duši », salut et à bientôt - zatím ahoj !







