La saison des concombres

Salut à tous les tchécophiles de Radio Prague – Ahoj vám všem, milovníkům češtiny Radia Praha ! C’est le plein mois d’août, peut-être êtes vous à la plage ou à la montagne, peut-être aussi baillez-vous en ville en attendant que la vie y revienne… Ou peut-être encore êtes-vous à la campagne en train de ramasser des concombres ! Puisque, d’après une expression tchèque, c’est ce qu’il y a de mieux à faire en cette période estivale.

La saison des concombres a commencé - Okurková sezóna začala! Okurková sezóna – « la saison des concombres », vous l’aurez peut-être deviné, c’est l’été – terme consacré qui décrit un grand vide – rien ne se passe, rien d’autre que le ramassage des concombres. Chacun y va de son interprétation : pour les citadins dynamiques restés en ville, la saison des concombres est synonyme de théâtres fermés, de cinémas endormis ou d’amis partis en vacances… Pour les journalistes, la saison des concombres rime avec dépêches de chiens écrasés. Mais que représente la saison des concombres pour vous, auditeurs de Radio Prague ? Ecrivez-nous, nous publierons les réponses les plus intrigantes dans le Courrier des auditeurs ! Une précision importante toutefois – la saison des concombres n’est apparemment pas un concept tchéco-tchèque. Il viendrait du XVIIIe siècle et d’Allemagne. Toute la région aurait adopté le concept poétique, décliné en néerlandais, en hongrois ou en polonais – sezon ogorkowy

Les journalistes du mois d’août, probablement légèrement ennuyés par le peu d’informations à traiter, adorent parler de « okurková sezóna ». Depuis le début de l’été, ça n’arrête pas : ainsi, le 26 juin, le quotidien Hospodářské noviny titrait un article « Okurková sezóna », décrivant l’intérêt des dépêches des agences de presse, ironisant sur les potentiels animaux rencontrés par des randonneurs : « ani jsem se nemusela dívat do kalendáře » – « je n’ai même pas eu besoin de regarder le calendrier » – la « okurková sezóna » pouvait commencer. En juillet, le site Internet économique kurzy.cz titrait lui : « Dolar a okurková sezóna », soit « Le dollar et la saison des concombres », tandis que le site finance.cz s’intéressait à « Okurková sezona na pražské burze » – littéralement à « La saison des concombres sur la bourse tchèque ». Comme vous pouvez l’imaginer, il ne s’y passait pas grand-chose.

Certains passent l’ennui en jouant sur les mots – ainsi, en juillet, la télévision tchèque intitulait un reportage : « U Berlína začala okurková sezona » – « la saison des concombres a commencé a Berlin », réalisant de facto un reportage sur les concombres de cette région. L’Office tchèque des statistiques proposait une analyse comparative du ramassage des concombres au fil du temps et des pays intitulée : « Jak vypadá letošní okurková sezóna ? » – « A quoi ressemble la saison des concombres cette année ? », précisant : « Vypadá to jako vtip, ale my to myslíme vážně. I prázdninová okurková sezóna se dá statisticky popsat a analyzovat », soit « Ca ressemble à une blague, mais nous sommes sérieux, Même la saison des concombres pendant les vacances peut se décrire et s’analyser statistiquement ».

Enfin, si vous aussi, vous êtes en ville et avez du mal a passer le cap de la saison des concombres, Radio Prague ne vous oublie pas. Profitons de ces fameux concombres avec le journal populaire Blesk qui proposait, fin juillet, un article intitulé « Okurková sezóna začíná! Aneb Velký průvodce zavařováním », soit « La saison des concombres commence ! Ou le grand guide des conserves », proposant, semaine après semaine, différentes méthodes pour préparer les conserves de concombres, qui donneront ces gros cornichons tchèques qui se marient si bien avec la charcuterie… Pour ceux qui ne veulent pas lire l’ensemble du guide, un résumé simple est de placer les okurky – gros concombres courts dans un bocal avec de l’eau, du vinaigre, du sucre et des assaisonnements au choix : des feuilles de laurier, des rondelles d’oignon, de l’ail, de l’estragon ou encore des grains de sénevé… Et la « okurková sezóna » vous paraîtra sans doute plus plaisante ! Si cela ne suffit pas, vous pouvez lire de la poésie en vous procurant le recueil de Jiří Žáček sorti à Prague en 1981 et intitulé Okurková sezóna – des petites poésies courtes et légères tout à fait adaptées à la saison…

Et c’est sur ces quelques conseils qui, comme nous l’espérons, occuperont les bailleurs de la saison des concombres, que s’achève ce « Tchèque du bout de la langue ». En attendant de vous retrouver dès la semaine prochaine, portez-vous du mieux possible – mějte se co nelíp !, portez le soleil en vous – slunce v duši, salut et à bientôt – zatím ahoj !