Le tchèque du bout de la langue Dernière semaine des soldes
Salut à tous les tchécophiles de Radio Prague – Ahoj vám všem, milovníkům češtiny Radia Praha ! Dernière semaine des soldes à Prague ! Chaussures - boty, chemises – košile, chaussettes - ponožky, chapeaux - klobouky, pantalons – kalhoty, tout est en soldes… ! Pour cette fois, réjouissez-vous donc, nous allons faire dire des sagesses populaires à tous ces attributs vestimentaires...
De la tête aux pieds. Alors, commençons par opiner du chef. Et si on
accompagne ce geste d’une révérence du chapeau, c’est « chapeau bas » : klobouk dolů ! Les Tchèques, comme les Français, utilisent le geste
de la baisse du chapeau pour marquer respect et admiration. Quant aux
lunettes, ici aussi, quand elles sont roses, elles indiquent l’optimiste
idéalisme radieux voire désespérant de leur détenteur – celui qui les
a, ten, který má růžové brýle.
De la tête aux pieds. Sous les lunettes, il y a la chemise, et puis le
manteau. Ou bien le manteau, et puis la chemise. Question de priorité. Si
vous ne comprenez pas très bien, alors sachez que pour les Tchèques, « la chemise est plus proche que le manteau » - bližší košile než
kabát. Ils veulent dire par là que les intérêts propres ont priorité
sur les intérêts plus éloignés – éloignés, comme le manteau, donc,
par rapport à la chemise. Vous connaissez la chemise de coton, découvrez
la « chemise de fer » : elle est la métaphore tchèque des habitudes,
celles qui vous emprisonnent et dont on se défait difficilement… Zvyk je
železná košile. Et sous la chemise, on peut porter le pantalon – et
celui ou celle qui « porte le pantalon », ou la culotte, comme on
l’entend parfois en français, c’est celui dans le couple qui dirige
– nosí kalhoty.
De la tête aux pieds. Tout en bas, il y a les pieds. Les pieds, leurs
chaussettes, leurs chaussures, leurs chaussons. Les chaussettes, qu’on
change souvent. Il y en a même qui « changent d’avis comme de
chaussettes » – « mění názor jako ponožky ». Quant à savoir si
ceux-là même changent d’avis plus souvent que leurs homologues
français qui changent d’avis comme de chemises… L’appréciation vous
est laissée selon vos habitudes vestimentaires… Même question pour
celui qui vous « connaît comme ses chaussures » – vous connaît-il
alors autant que le Français connaît sa poche… ? Zná Vás jako své
boty. Et pour finir sur les pieds… Saviez-vous qu’on peut être encore
plus bas qu’un chausson ? Sous le chausson de quelqu’un d’autre ?
Oui, dans un couple tchèque c’est possible, on peut être, traduit
littéralement, « sous le chausson » – být pod pantoflem. Nous vous
laissons imaginer lequel des deux porte le pantalon – nosí kalhoty –
si c’est celui qui est sous le chausson ou l’autre… Vous nous suivez ? Quelque soit la répartition des rôles dans le couple, cela ne nous
regarde pas, et il leur est d’ailleurs demandé de laver leur linge sale,
non pas en famille, mais à la maison – špinavé prádlo se má prát
doma.
Et pour finir, saviez-vous que, si l’habit ne fait pas le moine, il fait
l’homme tchèque ? Eh oui, šaty dělají člověka. Autrement dit, ne
négligez pas votre accoutrement, il parle de votre personne. Et profitez
de la dernière semaine des soldes ! Et c’est sur ce petit rappel que
s’achève le Tchèque du bout de la langue de cette semaine, consacré
aux sagesses vestimentaires. En attendant de vous retrouver la semaine
prochaine, portez-vous du mieux possible – mějte se co nejlíp !, portez
le soleil en vous – slunce v duši, salut et à bientôt – zatím ahoj !







