Le sport en Tchéquie Le tennis-ballon, un sport inventé à Prague et toujours très prisé par les Tchèques

03-03-2014 15:55 | Alexis Rosenzweig

Appelé nohejbal en République tchèque, il reste très prisé dans le pays et l’équipe nationale compte toujours parmi les favorites. Le tennis-ballon, également appelé FutNet, fait l’objet d’un certain engouement en Europe et dans le monde, avec notamment la création en 2010 d’une fédération européenne et d’une Union internationale de FutNet. Pour parler de ce sport aujourd’hui sur Radio Prague, David Perutka, ancien champion du monde.

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Photo: Czech Footballtennis AssociationPhoto: Czech Footballtennis Association David Perutka, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu’est le tennis-ballon et comment on joue ?

« Pour expliquer simplement c’est comme le volley-ball mais joué avec les pieds, évidemment le filet est beaucoup plus bas qu’au volley-ball, on joue ensemble, donc en double ou en triple. Le système est quasiment pareil, sauf que le ballon peut toucher la terre - il peut y avoir un rebond. »

C’est-à-dire qu’on peut jouer à deux contre deux ou trois contre trois ?

« Oui, il y a même du simple ici, je n’en suis pas trop fan car je pense que la beauté du tennis-ballon a toujours été de jouer ensemble : il y a beaucoup plus de variations d’attaques quand on joue en triple qu’en double. C’est beaucoup plus intéressant de jouer en équipe que tout seul. »

Quelles sont les qualités requises pour être joueur de tennis-ballon ?

Photo: TJ Spartak MSEM PřerovPhoto: TJ Spartak MSEM Přerov « Il faut avoir une technique exceptionnelle. Je me rappelle qu’ici il y a eu un match avec d’anciens joueurs de football (Vízek, Bílek etc) contre des joueurs de tennis-ballon et c’était quasiment grotesque. Ils ont été techniques mais pas assez techniques par rapport aux joueurs de tennis-ballon. Il faut être plus technique que les footballeurs, en plus il faut avoir la souplesse d’un gymnaste, la souplesse, c’est nécessaire. Souvent les joueurs de football ne sont pas souples du tout, on voit parfois les « ciseaux » en foot et c’est spectaculaire, mais dans les attaques de tennis-ballon les joueurs font des ciseaux sans tomber. Donc ça demande d’être beaucoup plus souple que les joueurs de football. »

Et il faut savoir lever la jambe à une hauteur assez impressionnante. Il doit falloir faire attention aux adducteurs…

« Oui, il faut faire attention. Là j’ai quelques soucis, c’est la raison pour laquelle je ne joue plus en ce moment. Mais il faut faire attention, il faut faire du yoga, un peu de stretching chaque fois qu’on joue, il faut faire attention… »

Vous êtes blessé, vous-même, aux adducteurs ?

« Oui, j’ai joué vingt ans sans pépin mais là j’ai quelques soucis de santé, mais ce n’est pas grave… »

Alors David Perutka, en 1994 vous êtes devenu champion du monde de tennis-ballon, « nohejbal » en tchèque. Comment êtes-vous devenu champion du monde ? Et où était-ce ?

L'équipe tchèque au championnat à Košice, 1994, photo: Czech Footballtennis AssociationL'équipe tchèque au championnat à Košice, 1994, photo: Czech Footballtennis Association « C’était en Slovaquie, à Košice. Il y avait du triple, du double. L’équipe slovaque a gagné le triple, ensuite il y avait un match final, encore contre la Slovaquie, en double. L’atmosphère était très chaude, pour moi c’était un moment inoubliable, il y avait beaucoup de spectateurs, j’avais l’impression qu’il y avait un tremblement de terre. J’avais un super copain, Miroslav Fritz, qui a très bien joué et qui est mentalement très fort, c’était inoubliable, magnifique. »

La République tchèque fait aujourd’hui partie des meilleures équipes du monde, y a-t-il maintenant d’autres pays qui s’y mettent et qui atteignent un niveau comparable à celui de la République Tchèque et de la Slovaquie, qui fait aussi partie des meilleurs ?

Photo: Czech Footballtennis AssociationPhoto: Czech Footballtennis Association « Et bien, en fait, quand j’ai vu des équipes dans les derniers tournois internationaux, j’ai été assez surpris par leur qualité. En 1996, il y avait l’Australie, la France, il y avait plusieurs équipes du monde entier mais c’était plutôt des joueurs de football, on les a battus avec 11 à 1, 11 à 2, c’était vraiment un massacre. Sauf la Hongrie et la Roumanie qui ont toujours très bien joué. Mais là, le niveau, je pense, est beaucoup plus haut, surtout de la part de l’équipe de France. Je les ai vus à un tournoi sur la plage de Lacanau, et j’ai vu qu’ils ont fait un sacré progrès. Je me suis toujours dit « fais attention », et là je pense qu’il y aura un moment où on sera battu par des équipes qui étaient en 1996 à un niveau très bas. »

Qu’est-ce qui explique le succès du tennis-ballon aujourd’hui dans le monde ?

 « Je pense la même raison qui en a fait le succès en République tchèque. Il n’y a pas besoin de beaucoup de choses : un terrain, un filet, un ballon. C’est assez ludique, même ici des gens demandent à jouer au tennis-ballon après les matchs de tennis, des footballeurs jouent aussi au tennis-ballon spontanément. Je pense qu’il y a quelque chose de très amusant dans ce jeu. Je pense à cette spontanéité des joueurs et des gens qui aiment jouer ensemble, passer du bon temps à jouer, dehors, à quelque chose de bien. »

Il y a aujourd’hui des initiatives, il existe une fédération internationale. Je crois qu’ils essayent de donner un nom international à ce jeu, qu’ils essayent de l’appeler « FuTnet »…

« Ah, je ne suis pas au courant de ça, de ce mouvement là. Oui, il y a des tentatives d’organiser un peu plus ces mouvements. C’est bien, c’est naturel, encore une fois je conseille à chacun de s’essayer au tennis-ballon et de passer un bon moment. »

 

Rediffusion du 03/10/2011

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