Kreuziger et Štybar, les deux coureurs tchèques à l’arrivée du Tour

Deux des trois coureurs tchèques en lice au départ du Tour de France à Dusseldorf le 1er juillet dernier sont arrivés sur les Champs-Elysées dimanche. Dans des rôles différents au sein de leurs équipes respectives, Roman Kreuziger et Zdeněk Štybar sont restés plutôt discrets durant trois semaines de course qu’ils ont passées essentiellement à travailler pour leurs leaders.

Roman Kreuziger, photo: ČTKRoman Kreuziger, photo: ČTK 24e au classement général final avec près d’une heure de retard sur le vainqueur britannique Chris Froome, qui a ramené le maillot jaune à Paris pour la quatrième fois de sa carrière, Roman Kreuziger a été sans surprise le meilleur Tchèque de cette 104e édition de la Grande Boucle. Le coureur de l’équipe Orica-Scott est toutefois resté très éloigné d’un Top 10 dans lequel il avait fini quatre de ses sept Tours précédents (8e en 2009, 7e en 2010, 5e en 2013 et 10e en 2016). Cantonné dans un rôle de capitaine de route, Kreuziger, fort de son expérience à 31 ans, avait cette année pour mission prioritaire de veiller aux intérêts de l’homme fort de la formation australienne, Simon Yates. Et c’est d’abord ce qu’il retenait à l’arrivée de la 21e et dernière étape :

« Sur l’ensemble du Tour, je pense que nous pouvons être relativement satisfaits au niveau de l’équipe. Simon Yates a terminé 7e au classement général en remportant le maillot blanc du meilleur jeune, ce qui était là nos deux objectifs avant le départ. Sans doute nous manque-t-il une victoire d’étape pour être totalement satisfaits. Aucune de nos échappées n’est arrivée au bout, ce qui n’enlève rien au fait que le bilan est globalement positif. »

En-dedans durant les deux premières semaines de course de son propre aveu, Roman Kreuziger est monté en puissance durant la troisième et affirme désormais aborder la Classique de Saint-Sébastien, une course qu’il apprécie tout particulièrement et qui sera courue ce samedi, dans sa meilleure forme depuis le début de saison.

Simon Yates, photo: ČTKSimon Yates, photo: ČTK Davantage spécialiste des classiques flandriennes, Zdeněk Štybar a, lui, achevé son deuxième Tour de France dans les profondeurs du classement général (95e à 3’12’12’’). Vainqueur d’une étape pour sa première participation en 2015, le coureur de l’équipe belge Quick-Step Floors espérait bien récidiver cette année. Dimanche encore, le Tchèque, deuxième de Paris-Roubaix en avril dernier, a tenté sa chance sur les pavés des Champs-Elysées, à cinq kilomètres de l’arrivée d’une étape finalement remportée au sprint par le Néerlandais Dylan Groenewegen. Une tentative vouée comme toutes les autres à l’échec, comme le reconnaissait lui-même Štybar :

« Je savais bien que mon attaque avait très peu de chances d’aboutir, mais j’ai quand même voulu essayer pour ne pas avoir de regrets. Le peloton roule tellement vite que même avec le vent légèrement dans le dos, c’est très difficile de rester devant et de maintenir un écart. Aujourd’hui les équipes voulaient contrôler la course, mais il n’y avait pas de véritable favori pour le sprint. C’est pourquoi je me suis dit que cela valait la peine d’essayer de sortir du peloton, même si, encore une fois, je ne me faisais pas non plus beaucoup d’illusions sur mes chances de réussite. »

Equiper modèle l’ancien triple champion du monde de cyclo-cross, qui ne sait pas encore dans quelle formation il évoluera la saison prochaine, est passé par tous les états tout au long des 3 540 kilomètres de ce Tour. Comme son compatriote Ondřej Cink, qui a jeté l’éponge dans la 19e étape en raison d’un genou douloureux, Zdeněk Štybar est même passé à deux doigts d’un abandon :

Photo: ČTKPhoto: ČTK « Cela a été particulièrement dur cette année. J’en ai discuté avec plusieurs autres gars dans le peloton, et tout le monde s’accorde pour dire que ce Tour a été très exigeant. La grande satisfaction pour nous chez Quick-Step reste les cinq victoires d’étape de Marcel Kittel. Il n’y a pas beaucoup de coureurs qui ont la chance d’être dans une telle équipe, même si son abandon dans les Alpes nous a fait mal et que nous aurions aimé que Dan Martin termine le Tour dans le Top 5. Personnellement, j’ai été malade et j’ai beaucoup souffert notamment dans les cols du Télégraphe et du Galibier. Je pense même que sans le soutien des supporters tchèques le long de la route, je ne serais pas arrivé au sommet du Galibier. Mais cela a été la même chose pour tout le monde, le Tour a été très difficile cette année. »

Un soutien massif dans les étapes de montagne qui témoigne de l’intérêt grandissant des Tchèques d’année en année pour le Tour de France.