Foot : une victoire sinon rien pour les Tchèques en Irlande du Nord

Il faudra un miracle pour que la République tchèque participe à la Coupe du monde de football en juin 2018 en Russie. Battue par l’Allemagne (1-2) vendredi soir à Prague malgré une courageuse prestation, la Reprezentace doit impérativement s’imposer en Irlande du Nord, son adversaire direct pour la deuxième place éventuellement synonyme de barrages dans le groupe C, pour entretenir un dernier espoir de qualification.

Karel Jarolím, photo: ČTKKarel Jarolím, photo: ČTK Cela faisait belle lurette que l’on n’avait plus vu les Tchèques livrer une prestation aussi sympathique que celle de vendredi soir devant leur public contre les champions du monde en titre et récents vainqueurs de la Coupe des confédérations. Et il suffisait de voir leurs visages et de les entendre au coup de sifflet final, intervenu cinq minutes seulement après le deuxième but allemand victorieux signé Matt Hummels de la tête, pour se faire une idée de l’étendue de leur légitime déception. Une des premières réactions du sélectionneur Karel Jarolím a d’ailleurs été de formuler ses regrets :

« Mis à part le résultat final, il me faut féliciter les joueurs, qui se sont efforcés de respecter les consignes du mieux possible. Mais tout le monde est bien conscient qu’il y avait mieux à faire ce soir. Nous avons eu des opportunités de marquer en première comme en deuxième mi-temps, encore aurait-il fallu mieux les négocier. En deuxième mi-temps, j’ai même cru qu’une victoire était possible après notre égalisation. Il est donc vraiment dommage d’avoir laissé passer l’occasion. »

Vladimír Darida, photo: ČTKVladimír Darida, photo: ČTK Lorsque Vladimír Darida a égalisé à la 78e minute d’une splendide frappe de vingt-cinq mètres pleine lucarne, pour ce qui restera assurément un des plus beaux buts de ces éliminatoires, le public qui avait rempli le stade d’Eden a effectivement bien cru que la Reprezentace, menée au score depuis la 4e minute de jeu suite à un but de l’attaquant allemand Timo Werner, était en mesure de renverser la vapeur et de créer une énorme surprise. Mais dix minutes plus tard, c’est finalement Matt Hummels qui, suite à une succession d’actions litigieuses, glaçait ce fol espoir et redonnait l’avantage à une Mannschaft fidèle à sa réputation.

Matt Hummels (au centre), photo: ČTKMatt Hummels (au centre), photo: ČTK Très loin derrière une Allemagne impériale, très largement en tête du groupe C avec un bilan parfait se sept victoires en autant de matchs, cette nouvelle défaite, la deuxième depuis le début des éliminatoires, conjuguée à la victoire dans le même temps de l’Irlande du Nord à Saint-Marin (3-0), condamne désormais les Tchèques à gagner leurs trois dernières rencontres pour espérer terminer à la deuxième place. Ce classement final pourrait alors leur permettre de participer aux barrages à l’automne prochain, l’emploi du conditionnel étant toutefois de mise, seuls les huit meilleurs deuxièmes des neuf groupes de la zone Europe obtenant ce droit. Mais pour l’heure, il s’agit là de considérations comptables dont affirme se moquer le défenseur Filip Novák, l’essentiel se trouvant ailleurs selon lui avant le délicat déplacement à Belfast ce lundi soir :

Filip Novák (à gauche), photo: ČTKFilip Novák (à gauche), photo: ČTK « Il nous faudra rester bien concentrés tout le match et ne rien sous-estimer. Nous connaissons tous l’enjeu du match. Une victoire pourrait nous relancer, mais les Irlandais joueront aussi en ayant à l’esprit que s’ils ne perdent pas, ils seront assurés de terminer à la deuxième place du groupe. Ils auront le soutien de leurs supporters, cela risque donc d’être compliqué. On peut supposer qu’ils vont vouloir imposer un style de jeu très physique avec beaucoup d’engagement. A nous donc de nous adapter aux conditions, à faire abstraction de l’environnement et à livrer une bonne prestation pour espérer quelque chose. »

Pour les Tchèques donc, qui n’ont plus participé à une phase finale de Coupe du monde depuis 2006, l’adage de rigueur serait donc plutôt que l’espoir, avant même de faire vivre, fait surtout survivre.