Le sport en Tchéquie Foot – Euro 2016 : la belle affaire

13-10-2014 16:04 | Guillaume Narguet

La République tchèque ne pouvait pas rêver meilleur départ dans sa campagne de qualification pour l’Euro 2016. Après la victoire surprise contre les Pays-Bas à Prague en septembre, la Reprezentace a enchaîné en Turquie, vendredi soir, en s’imposant de nouveau (2-1) lors de son deuxième match de groupe. Et sur la route de la phase finale en France, Petr Čech, Tomáš Rosický et leurs partenaires entendaient bien confirmer ce sans-faute lors de leur déplacement au Kazakhstan ce lundi soir.

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Pavel Vrba, photo: ČTKPavel Vrba, photo: ČTK Décidément, et ce n’est pas une redondance que de l’affirmer, en sport, et sans doute plus particulièrement en football, tout peut effectivement aller très vite. Au soir de la nouvelle et assez désespérante défaite (0-1) concédée début septembre à Prague contre les Etats-Unis, les joueurs tchèques, au fond du trou, étaient sans doute les seuls, les derniers, dans le pays à croire qu’ils étaient en mesure de réussir le début de leurs éliminatoires. A Istanbul, vendredi soir, au sortir d’un match loin d’être parfait mais finalement victorieux, même le sélectionneur Pavel Vrba a admis qu’il ne s’attendait pas à voir son équipe à ce niveau un mois plus tard :

« Bien sûr, si quelqu’un m’avait dit que nous aurions six points à l’issue des deux premiers matchs en battant les Pays-Bas et la Turquie chez elle, j’aurais pensé qu’il est cinglé. Mais c’est la réalité. Ce qu’il faut maintenant, c’est continuer à s’appuyer sur le match contre la Hollande et la deuxième mi-temps de ce soir. Ce sont des prestations références pour nous. J’espère que les joueurs ont pris conscience du fait qu’ils avaient désormais une grande chance de se qualifier pour l’Euro. Mais il ne faut surtout pas nous arrêter en si bon chemin, nous n’y sommes pas encore. Il reste beaucoup de matchs et de points à prendre, et si nous sous-estimons quoi que ce soit, nous pourrions le regretter amèrement. »

Si Pavel Vrba parle de la deuxième mi-temps du match contre la Turquie comme d’une prestation référence, c’est aussi parce que les quarante-cinq premières minutes, sans être totalement catastrophiques, n’ont convaincu personne que le succès contre les Pays-Bas, un mois plus tôt lors du premier match de groupe, n’avait pas été qu’un feu de paille. Et elles n’ont pas convaincu non plus un Pavel Vrba qui avait certainement donné d’autres consignes à ses troupes avant le coup d’envoi :

Tchéquie - Turquie, photo: ČTKTchéquie - Turquie, photo: ČTK « C’est bien évidement un excellent résultat, surtout effectivement compte tenu de la première mi-temps, durant laquelle nous avons eu pas mal de réussite. Si nous avions encaissé un deuxième but, la physionomie du match n’aurait certainement pas été la même. Je pense que nous pouvions nous estimer heureux du score de 1-1 à la mi-temps. Mais je dois aussi féliciter les garçons pour leur deuxième mi-temps, où nous sommes revenus avec d’autres intentions. Nous avons alors été plus agressifs et rapides qu’en première, nous avons mieux combiné et fait une bien meilleure utilisation du ballon. Je ne vais pas prétendre que c’est la meilleure équipe qui l’a emporté aujourd’hui. Mais nous avons joué pour gagner et je suis très heureux que nous y soyons parvenus. »

Avant cela, les Tchèques se sont donc retrouvés menés au score dès la 8e minute suite à une déviation de la tête de l’attaquant turc Umut Bulut. Menés, dominés, incapables de tenir le ballon et de porter le danger devant la cage adverse, heureux que l’arbitre n’ait pas sifflé un penalty pourtant évident en leur défaveur, ils sont pourtant parvenus à égaliser dès la 16e minute sur un corner repris de la tête par Tomáš Sivok. Impérial dans les airs tout au long de la partie, le défenseur central tchèque, qui a entamé sa septième saison sous les couleurs de Besiktas, a été un des grands artisans du succès tchèque en terres stambouliotes :

Tchéquie - Turquie, photo: ČTKTchéquie - Turquie, photo: ČTK « La victoire est le plus important. Pour moi, c’était un match très spécial. Mon but ? Tous les joueurs aiment marquer, mais l’essentiel est qu’il nous ait permis d’égaliser très rapidement. Après leur défaite en Islande lors de leur premier match, les Turcs avaient une énorme pression sur les épaules et on savait qu’il ne fallait pas les laisser prendre confiance. Malheureusement, nous avons encaissé dès le début du match et il nous a donc fallu réagir. Cette victoire nous permet de reléguer un de nos principaux concurrents pour la qualification à six points après seulement deux matchs. C’est un départ de rêve, mais c’est toujours la même chanson. Il faut garder les pieds sur terre et ne pas se croire arrivés. Il y a encore de nombreux matchs devant nous et il faut rester concentré. »

 « Rester concentré », « ne pas se croire arrivés », « ne pas sous-estimer la suite pour ne pas regretter » ou encore « garder les pieds sur terre ou la tête sur l’épaule », c’est au choix : les Tchèques n’avaient que ces mots à la bouche à la sortie des vestiaires vendredi soir. Tous, à l’image du gardien Petr Čech, étaient bien conscients de s’en être bien sortis contre une bonne équipe de Turquie :

« Après notre victoire à domicile contre la Hollande et ces trois points sur lesquels personne ne comptait trop, nous voulions confirmer par un nouveau résultat positif en Turquie. Nous nous sommes accrochés en première mi-temps, nous avons raté beaucoup de choses et avons eu la chance d’égaliser sur ce qui a été pratiquement notre seule occasion. Après, nous avons mieux contrôlé le jeu, notamment dans les vingt-cinq premières minutes de la deuxième mi-temps. Nous avons inscrit le deuxième but et avons eu plusieurs fois la possibilité de tuer le match. C’est pourquoi je pense que notre victoire n’est pas imméritée. »

Imméritée, la victoire ne l’était certes pas pour les Tchèques, tant leur seconde période a effectivement été de bien meilleure facture, mais les Turcs ne méritaient sans doute pas non plus de perdre. Pas aveugle, c’est également ce que reconnaissait très froidement le capitaine Tomáš Rosický, qui se refusait à parler d’un renouveau de la Reprezentace :

Tomáš Rosický, photo: ČTKTomáš Rosický, photo: ČTK « On verra, il est encore trop tôt pour faire des conclusions, même si, bien évidemment, deux victoires contres des équipes comme les Pays-Bas et la Turquie, ce n’est pas rien. L’important sera de confirmer, à commencer au Kazakhstan ce lundi, où c’est un tout autre match qui nous attend. C’est bien beau de gagner en Turquie, mais si c’est pour perdre derrière au Kazakhstan, cela n’aura pas servi à grand-chose. Je ne pense pas qu’il y a ait de grands changements dans notre façon de jouer par rapport à un passé récent. On perd toujours autant de ballons dans la relance et notre maîtrise technique est encore loin d’être parfaite. Nous avons de grosses lacunes à ce niveau. Nous compensons en jouant avec notre cœur et c’est la force de cette équipe. Mais regardez aujourd’hui, les Turcs ont été bien meilleurs que nous en première mi-temps. Heureusement, nous nous sommes dit deux mots à la mi-temps pour remettre les choses en place. Nous avons encore beaucoup de travail, même s’il est difficile de faire la fine bouche après une victoire en Turquie. »

Avant sa troisième rencontre contre le Kazakhstan ce lundi soir à Astana, la République tchèque occupait donc la première place du groupe A avec six points, seulement devancée par l’Islande au goal-average. Et lorsque l’on se rappelle, encore une fois et en se frottant bien fort les yeux à la lecture du classement, que ces six points ont été obtenus contre les Pays-Bas et la Turquie, il est effectivement bien difficile de faire la fine bouche.

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