Basket (F) : à peine commencé, l’Euro à domicile est déjà terminé pour les Tchèques

Deux matchs, deux défaites en deux jours et une élimination aussi rapide qu’inattendue. Battue d’abord par l’Ukraine vendredi (49-57), puis par la Hongrie samedi (70-74) pour ses deux premiers matchs de groupe, la République tchèque est d’ores et déjà éliminée du championnat d’Europe de basket féminin qu’elle organise pourtant à domicile. Un coup dur pour la suite de l’Euro et pour le basket tchèque.

Tchéquie - Ukraine, photo: ČTKTchéquie - Ukraine, photo: ČTK Vingt-six heures : en exagérant à peine, c’est le temps qu’aura donné le championnat d’Europe - « leur » championnat d’Europe - pour les basketteuses tchèques. Vingt-six heures, c’est le temps en effet qui s’est écoulé entre le début du premier match perdu contre l’Ukraine vendredi à 18 heures et la fin du deuxième match, lui aussi perdu, cette fois contre la Hongrie, samedi à 20 heures. Pour la première fois de son histoire, et malgré le soutien de son public à Hradec Králové (Bohême de l’Est), l’équipe féminine de République tchèque ne participera pas à la phase éliminatoire d’une phase finale d’un championnat d’Europe. Avant même leur troisième et dernier match contre l’Espagne, un des favoris du tournoi, ce lundi soir, les Tchèques savaient déjà qu’elles étaient assurées de terminer à la dernière place de leur groupe et donc éliminées. A l’issue de la défaite contre la Hongrie, la meneuse de jeu Tereza Vyoralová avait bien de la peine à retenir ses larmes :

Tereza Vyoralová (à droite), photo: ČTKTereza Vyoralová (à droite), photo: ČTK « Que voulez-vous faire de plus ? Nous sommes toutes très déçues. Au niveau des intentions et de la combativité, je pense que nous n’avons pas grand-chose à nous reprocher, car nous avons tout donné. Malheureusement, cela n’a pas suffi. Sur les deux matchs, les écarts sont minimes. Nous aurions tout aussi bien pu les gagner, l’Ukraine et la Hongrie sont des adversaires à notre portée. Mais c’est le basket… C’est dommage, mais c’est comme ça. »

La moins bonne performance tchèque jusqu’alors lors d’un Euro féminin était la 11e place finale au terme d’un tournoi tout aussi décevant en Hongrie en 2015. Deux ans plus tard, aucun progrès n’a été enregistré, bien au contraire, comme le regrette l’entraîneur Ivan Beneš :

Ivan Beneš, photo: ČTKIvan Beneš, photo: ČTK « Avec une équipe pas forcément meilleure mais plus expérimentée que celle de cette année, nous n’avions déjà pas fait mieux il y a deux ans de cela. C’était aussi une déception, mais elle est double cette année car nous avons évolué devant notre fantastique public. L’objectif était d’atteindre les quarts de finale, ce n’est pas le cas et il faudra que j’analyse de plus près nos deux performances pour que je comprenne mieux pourquoi nous avons échoué. C’est un travail que j’effectuerai à froid avec mes assistants. Ce qui est sûr, c’est qu’il nous a manqué quelque chose pour espérer mieux, nous aurions dû par exemple marquer davantage de paniers ‘faciles’. »

Cette élimination prématurée pose désormais la question de savoir comment sera remplie l’O2 Arena à compter de jeudi pour des quarts de finale auxquels la France et la Belgique, vainqueurs de leurs deux premiers matchs de groupe, sont, elles, presque déjà qualifiées. Ce serait une agréable surprise si la grande enceinte pragoise de 17 000 places ne sonnait pas creux en l’absence du pays hôte…

Le parcours des basketteuses lors de cet Euro à domicile rappelle aussi une triste réalité : le déclin général des équipes nationales tchèques dans tous les sports collectifs ou presque. Qu’il s’agisse du football, où une qualification pour la Coupe du monde 2018 en Russie relèverait désormais du miracle, du hockey sur glace, où la Reprezentace n’a plus décroché la moindre médaille mondiale depuis cinq ans, du volley-ball, où le dernier podium pour les filles remonte à vingt ans, ou encore du handball, autant de disciplines où la Tchécoslovaquie ou la Tchéquie faisaient traditionnellement partie des nations fortes, les derniers résultats comme les perspectives d’avenir avec une relève qui tarde à pointer le bout de son nez inquiètent bien davantage qu’elles n’incitent à l’optimisme.

Les handballeurs tchèques qualifiés pour l’Euro 2018

Tchéquie - Islande, photo: ČTKTchéquie - Islande, photo: ČTK Seule petite consolation dans tout cela : la qualification de l’équipe masculine de handball pour la phase finale du championnat d’Europe. Les Tchèques ont terminé deuxièmes de leur groupe avec un bilan toutefois très moyen de trois victoires pour trois défaites. Dimanche, ils ont achevé cette phase éliminatoire par une débâcle contre la Macédoine à Skopje (20-33) ; un résultat qui laisse à penser que c’est sans grandes ambitions que la Reprezentace se rendra en Croatie en janvier prochain.

Les Tchèques vice-champions d’Europe de… mini foot

Et puis autre performance qui peut être relevée : la République tchèque a terminé deuxième du championnat d’Europe de mini foot qu’elle organisait. Disputée à Brno, en Moravie, la compétition rassemblait vingt-quatre sélections nationales composées de six joueurs pour des rencontres d'une durée de 40 minutes. En finale, samedi soir, devant 3 000 spectateurs, la Russie a battu la République tchèque aux tirs au but après un résultat nul (1-1, 3-2 tab). Vainqueur dans le match pour la troisième place de la Roumanie, ancienne sextuple championne d’Europe et grande favorite du tournoi, la Hongrie complète le podium, tandis que la France a réalisé la meilleure performance de son histoire en atteignant les quarts de finale.