Le sport en Tchéquie Athlétisme – Tennis : du rêve au cauchemar
Athlétisme – Championnats d’Europe indoor : de l’or, de l’or, de l’argent et l’éternel Šebrle
Petr Svoboda, Denisa Rosolová, Jaroslav Bába, photo: CTK
Avant de s’envoler pour Paris, les Tchèques n’en espéraient
certainement pas tant. Cela faisait en effet bien longtemps que les
athlètes tchèques n’avaient plus connu autant de satisfactions lors
d’un grand rendez-vous international. Finalement, ils reviennent des
Championnats d’Europe en salle avec quatre médailles, dont d’eux
d’or. La première a été remportée, vendredi, par Petr Svoboda sur 60
mètres haies. Favori, le Tchèque s’est imposé en 7’’49, devant le
Français Garfield Darien (7’’56) et le Belge Adrien Deghelt
(7’’57). Petr Svoboda a ainsi effacé sa déception des Championnats
d’Europe en plein air de la saison dernière, où il n’avait terminé
que sixième après avoir accroché une haie :
C'est une émotion très forte, car c'est ma première médaille d'or dans un grand championnat, photo: CTK
« C’est une émotion très forte, car c’est ma première médaille
d’or dans un grand championnat. C’est un rêve dans une carrière.
C’est aussi la récompense de nombreuses années d’efforts et de
travail. Cette médaille me fait d’autant plus plaisir qu’elle fait
suite à la grande déception des Championnats d’Europe de Barcelone la
saison dernière. Cette fois, j’ai mieux assumé mon rôle. Bien sûr, ce
sont les championnats en salle et pas en plein air. On peut dire ce que
l’on veut, qu’un titre en salle a moins de valeur qu’en plein air,
mais ça reste quand même une médaille d’or. Personne ne me
l’enlèvera. »
Si la victoire de Petr Svoboda sur 60 mètres haies était espérée, celle de Denisa Rosolová sur 400 mètres est, elle, plutôt à ranger dans la catégorie des inespérées. A 24 ans, la Tchèque, ancienne spécialiste du saut en longueur, ne s’est mise au 400 mètres chez les seniors que très récemment. La saison dernière cependant, Denisa Rosolová s’était déjà fait remarquer en devançant la championne olympique au meeting d’Ostrava. Cette fois, elle a fait encore mieux. En 51’’73, Denisa Rosolová a, elle aussi, remporté son premier grand titre international :
Denisa Rosolová a remporté son premier grand titre international, photo: CTK
« Je suis vraiment très heureuse. Je n’ai pas encore pleuré, mais je
crois que les larmes viendront d’elles-mêmes quand je serai sur le
podium. Ma première réaction après ma victoire a été de m’allonger
sur la piste, épuisée. Peut-être que j’aurais réagi différemment,
avec plus d’émotions, si l’arrivée avait été plus serrée. Mais là
j’ai su plusieurs mètres avant la ligne d’arrivée que j’avais
course gagnée. »
Tandis que Denisa Rosolová a devancé deux athlètes russes sur la ligne d’arrivée du 400 mètres, Jaroslav Bába a, lui, terminé le concours du saut en hauteur entre deux Russes. Avec 2,34 mètres, le Tchèque a été devancé par Ivan Uhkov. En franchissant une barre placée quatre centimètres plus haut, Ivan Uhkov a non seulement conservé son titre de champion d’Europe mais aussi égalé le record du monde en salle. Sacré en plein air à Barcelone la saison dernière, Aleksandr Shustov (2,34 m) est, lui, monté sur la troisième marche du podium, la deuxième revenant donc à Jaroslav Bába, très satisfait au bout du compte de cette médaille d’argent :
C'est comme une petite victoire pour moi car Ivan Ukhov est pratiquement imbattable cette année en salle, photo: CTK
« Ce n’était pas terrible à l’échauffement, mais pendant le
concours j’ai senti que je pourrais aller très haut. Je voulais me
bagarrer pour la médaille d’or et c’est pourquoi j’ai choisi de
faire deux fois l’impasse à 2,36 mètres pour pouvoir essayer de
franchir 2,38 comme Ivan Ukhov. J’étais assuré de terminer sur le
podium et d’avoir une médaille, Aleksandr Shustov aurait donc pu
franchir 2,36 m et me dépasser pour la médaille d’argent, cela
m’importait finalement assez peu. L’important était la médaille
d’or. Malheureusement je suis resté avec l’argent, mais je suis quand
même satisfait. C’est comme une petite victoire pour moi car Ivan Ukhov
est pratiquement imbattable cette année en salle. »
Enfin, le dernier temps fort du week-end tchèque à Paris-Bercy a été le bronze décroché par le vétéran Roman Šebrle à l’heptathlon. A 36 ans, le Tchèque, champion olympique du décathlon en 2004 et du monde en 2007, et toujours seul homme au monde à avoir dépassé la barre mythique des 9 000 points, a remporté sa dix-huitième médaille dans un grand championnat, plein air et salle compris. Avec 6 178 points, il a même établi un nouveau record du monde de l’heptathlon dans la catégorie vétérans. Un total toutefois insuffisant pour empêcher les plus jeunes, le Biélorusse Andrei Karuchanka (6 282 points) et le Français Nadir El Fassi (6 237 points), de le devancer pour les deux premières places, ce qui n’enlevait rien à la satisfaction de Roman Šebrle :
Même si je n'ai pas gagné, j'ai quand même le sentiment agréable de sortir par la grande porte, photo: CTK
« Je suis content d’avoir terminé de cette manière les derniers
Championnats d’Europe en salle de ma carrière. Même si je n’ai pas
gagné, j’ai quand même le sentiment agréable de sortir par la grande
porte. C’est aussi une satisfaction de savoir que je suis encore capable
de lutter avec les meilleurs, même si, avec les années, ça devient de
plus en plus dur. J’ai donc pleinement profité de la cérémonie de
remise des médailles, car on ne sait jamais si ce ne sera pas la
dernière. »
S’il s’agissait peut-être du dernier podium de sa carrière pour Roman Šebrle, les trois autres médaillés tchèques, tant Petr Svoboda sur 110 mètres haies que Denisa Rosolová sur 400 mètres et Jaroslav Bába au saut en hauteur, peuvent, eux, espérer y remonter très bientôt, et ce dès les Championnats du monde prévus cet été à Daegu, en Corée du Sud.
Tennis – Coupe Davis : les Tchèques tombent de haut
Jan Hájek, photo: CTK
Finalistes en 2009 et demi-finalistes en 2010, les Tchèques ne
s’attendaient sans doute pas à ça : battus par le Kazakhstan (2-3)
devant leur public d’Ostrava, Tomáš Berdych et ses partenaires ont
été éliminés dès le premier tour de la Coupe Davis… Il s’agit
assurément de la grande surprise du week-end. En l’absence de Radek
Štěpánek, malade, les Tchèques ont été dominés par une équipe
kazakhe présente dans le groupe mondial de la Coupe Davis pour la
première fois de son histoire.
Tomáš Berdych, photo: CTK
Samedi soir, à l’issue du double, les Tchèques menaient encore
pourtant deux points à un et semblaient en bonne voie pour se qualifier.
Ils le semblaient d’autant plus que le premier des deux matchs de simple
programmés dimanche mettait aux prises Tomáš Berdych, n° 7 mondial, à
Andrey Golubev, 43e. Mais impressionnant de bout en bout, c’est le Kazakh
qui a dominé un Berdych impuissant en quatre sets (7-5, 5-7, 6-4, 6-2). Le
poids et la pression du cinquième match décisif reposaient dès lors sur
les épaules de Jan Hájek, 101e mondial. Une responsabilité trop
importante pour le Tchèque, lui aussi battu en quatre manches cette fois
par le 63e mondial, Mikhail Kukushkin (4-6, 7-6, 6-7, 0-6).
Tomáš Berdychet Lukáš Dlouhý, photo: CTK
Incapable de remporter le moindre de ses deux matchs disputés vendredi et
dimanche, Jan Hájek s’est donc révélé être le maillon faible d’une
équipe tchèque, qui, au lieu d’aller défier l’Argentine en quarts de
finale, sera donc contrainte de passer par les barrages pour sauver sa
place dans le groupe mondial. Un scénario quelque peu imprévu, comme
l’a reconnu à l’issue de la rencontre Jaroslav Navrátil, un capitaine
très déçu par le déroulement des événements et le manque de
profondeur de son réservoir de joueurs susceptibles de disputer la Coupe
Davis :
Jaroslav Navrátil, photo: CTK
« Nous ne sommes pas habitués à disputer les barrages. Mais j’espère
que nous saurons nous y préparer et que nous serons complets. En
attendant, c’est une très grosse déception. J’ai misé sur trois
garçons pour ce week-end. J’étais persuadé que Jan Hájek serait en
mesure de répondre présent en simple, ses dernières performances
plaidaient en sa faveur. Malheureusement ça n’a pas été le cas. Je ne
dis pas que Radek Štěpánek est irremplaçable, mais il nous a beaucoup
manqué. Et ce qui est certain, c’est qu’il va falloir trouver dans les
prochaines années un partenaire de son niveau pour épauler Tomáš
Berdych. »
Andrey Golubev, photo: CTK
En attendant, cet échec contre le surprenant Kazakhstan marque peut-être
la fin de la période des vaches grasses pour la République tchèque en
Coupe Davis. En 2012, Radek Štěpánek aura en effet 34 ans et Tomáš
Berdych, comme l’a démontré le week-end écoulé, ne pourra pas à
l’avenir assurer à lui seul les succès de son équipe. L’heure de la
relève semble donc avoir sonné. Reste à savoir de quelle relève…





