Législatives françaises : Philippe Gustin, un candidat Les Républicains prêt à travailler avec une éventuelle majorité présidentielle

Les 4 et 18 juin prochains, les électeurs de la septième circonscription des Français de l’étranger, qui comprend une grande partie de l’Europe centrale et notamment la République tchèque, sont appelés aux urnes pour choisir leur député. C’est Philippe Gustin, ancien préfet et ambassadeur, qui porte les couleurs du parti Les Républicains. Malgré cette étiquette, il se dit prêt à travailler avec le mouvement du nouveau président Emmanuel Macron. Joint par téléphone, Philippe Gustin nous a expliqué pourquoi, mais il s’est tout d’abord présenté :

Philippe Gustin, photo: Fabio002, CC BY-SA 4.0Philippe Gustin, photo: Fabio002, CC BY-SA 4.0 « Je suis Philippe Gustin, j’ai 57 ans, je suis divorcé, j’ai deux filles qui sont franco-allemandes et cinq petits-enfants. J’ai passé toute ma vie professionnelle dans cette circonscription. Tout d’abord huit ans en Allemagne comme enseignant auprès de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), puis après dans des écoles, six ans à Budapest comme directeur adjoint des cours à l’Institut Français, deux ans et demi à Vienne en tant qu’attaché culturel, et deux ans et demi en Roumanie comme ambassadeur. »

Pourquoi les électeurs de cette septième circonscription devraient-ils voter pour vous ?

« Ce que je mets en avant, c’est d’abord la connaissance que j’ai de cette circonscription. Je n’aurais jamais été candidat dans une autre, parce que j’ai passé le plus clair de ma vie d’adulte dans cette zone. Deuxièmement, je mets en avant des compétences acquises au fil du temps, au fil des différents métiers que j’ai eus, une technicité par rapport au fonctionnement des institutions, qu’elles soient françaises ou étrangères, et puis je crois que je peux apporter cette compétence et cette réactivité, cette spontanéité qui est la mienne au cours de tous les métiers que j’ai pu avoir dans cette circonscription. »

Votre parti est divisé entre ceux qui sont prêts à travailler avec la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron - le premier ministre Edouard Philippe est issu des Républicains -, et ceux qui veulent plutôt aller seuls, incarner une opposition de droite. Comment vous positionnez-vous dans ce débat ? Il me semble que vous êtes disposé à travailler avec Emmanuel Macron…

« Oui, d’abord parce que je suis un homme libre. Deuxièmement si je m’engage en politique aujourd’hui, c’est parce que j’ai conscience que la France mais aussi l’Europe vont très mal, et il est temps que les hommes et les femmes de bonne volonté se retroussent les manches pour faire dans ce pays les réformes qui n’ont pas été faites depuis une quarantaine d’années. Dans ce contexte, bien sûr, je suis prêt à soutenir une majorité, la plus large possible, pour engager ces réformes sous la férule du nouveau président.

Cela suppose quand même deux choses, à savoir qu’on se mette d’accord sur un programme de gouvernement. C’est ce qui se fait dans la plupart des pays démocratiques de cette zone. Deuxièmement, et c’est peut-être ce qui est le plus compliqué mais aussi le plus excitant, je pense que si un tel regroupement voyait le jour, il serait condamné à réussir car ce serait pour la France sans doute la dernière chance. »

Vous parlez des réformes qui n’auraient pas été faites ces quarante dernières années, d’un accord programmatique potentiel… Quelles sont ces réformes ?

« Le diagnostic, je crois qu’il est partagé, surtout quand on compare aux autres pays, y compris d’ailleurs la République tchèque, qui ont fait des réformes courageuses et douloureuses au cours des dernières années. S’il s’agit de redonner à la France de la compétitivité, cela passe naturellement par des réformes du droit du travail qui est extrêmement complexe et illisible en France, et pas obligatoirement si protecteur que cela quand on y regarde bien.

Deuxièmement, il faut avoir une politique fiscale qui soit beaucoup plus raisonnable. Les charges qui pèsent sur les entreprises et sur moins de la moitié des ménages français en termes d’impôt sur le revenu ne sont plus tolérables et soutenables en France, si l’on compare avec la moyenne européenne. Troisième chose, pour retrouver un peu d’air, il faut aussi diminuer le nombre de fonctionnaires parce que, là aussi, si l’on compare la France avec les autres pays européens, on a un nombre de fonctionnaires très élevé et qui pèse sur le budget de l’état et empêche de faire autre chose. »

Vous étiez à Prague pour une réunion publique le vendredi 26 mai. Comment s’est passée cette réunion publique ? Quelles problématiques les électeurs pragois ont-ils soulevées à cette occasion ?

Photo: Jacky Delville, CC BY-SA 4.0Photo: Jacky Delville, CC BY-SA 4.0 « J’ai été tout d’abord agréablement surpris de voir qu’un vendredi soir, à 19h, il y avait tant de monde puisqu’une trentaine de personnes avaient fait le déplacement. Nous avons naturellement évoqué les sujets de prédilection des Français de l’étranger, qui concernent en premier lieu l’éducation, la fiscalité, les services consulaires et leur qualité, l’économie également puisqu’il y avait de nombreux représentants de la communauté d’affaires à Prague et en République tchèque. Mais ce qui était intéressant dans cette réunion, car naturellement il n’y a jamais deux réunions qui se ressemblent, c’est que nous sommes allés très loin sur des questions relatives à la politique ou plutôt à la société française. On a parlé de questions migratoires, on a parlé des quartiers, on a parlé de l'école. Voilà, on a été vraiment dans une longue discussion, qui a duré plus de deux heures et demie, et qui, comme tous les échanges que je peux avoir dans le cadre de cette campagne, me nourrissent énormément pour élaborer un programme et me préparer aux fonctions qui seront les miennes si je suis élu par les électeurs les 4 et 18 juin prochains. »