Conditions du travail dans l’industrie du textile : une main d’œuvre bon marché mais à quel prix ?

A l’occasion de la journée du Premier mai et de la Fête du Travail, qui correspond dans de nombreux pays dont la République tchèque à la Journée internationale des travailleurs, Radio Prague vous propose un reportage qui explore un univers de travail relativement lointain mais dont les produits nous accompagnent au quotidien. Il s'agit de parler de l’industrie du textile à l’âge de la mondialisation, des pratiques commerciales des grandes marques, de la complexité des chaînes de sous-traitance, ainsi que des conditions de travail des ouvriers de ce secteur.

Il existe aussi des voies possibles pour remédier à la situation actuelle problématique, des mesures qui impliquent à différents niveaux les acteurs de ce commerce – les Etats, les grandes marques et les consommateurs. Membre de l’organisation non-gouvernementale Na Zemi (Sur Terre), Petr Mareš dévoile au micro de Radio Prague le processus de fabrication des vêtements importés en République tchèque et en Europe.

Petr Mareš gère la campagne « Ušili to na nás ! » (littéralement, « cela a été cousu pour nous », mais qui, au sens figuré, signifie « on nous a trompés »). Son objectif est de pointer du doigt les conditions de travail critiques dans lesquelles sont produits à bas coût la majorité des vêtements importés en Europe. Petr Mareš constate que le sujet de l'industrie textile, largemen absent du débat public, s’y impose au moment des accidents graves, comme celui de Rana Plaza au Bangladesh où un immeuble abritant plusieurs ateliers travaillant au service de grandes marques de prêt-à-porter s’est effondré en avril 2013 causant la mort de plus de 1000 personnes.

Les consommateurs veulent savoir ce qu'ils consomment

Cependant, les informations concernant les conditions sanitaires et de sécurité des employé-e-s, à 90% des femmes, dans les ateliers de confection sont généralement à la portée des citoyens tchèques et européens. Les ONG basées sur place dans les pays du Sud produisent des rapports réguliers relayant les cas de violation des droits des travailleurs ou faisant état d'accidents du travail. Avec ces données à leur disposition, les ONG en Europe font du lobbying auprès des Etats afin de pousser les grandes marques à assumer la responsabilité des effets néfastes de ce système. Ainsi, l’ONG Na Zemi a participé en 2013 à l’élaboration d’une étude portant sur cinquante marques de vêtement, dont la plupart sont aussi présentes sur le marché tchèque, comme Benetton, Desigual, Diesel, Marks & Spencer, H&M ou encore Adidas. Ce rapport se focalise sur les politiques salariales de ces multinationales à l’égard des ouvriers travaillant dans les ateliers où sont produits leurs articles.

Diffusé en plusieurs langues, y compris en tchèque, ce rapport est un exemple type du travail en réseau des ONG en Europe, organismes généralement de petite taille, qui s’intéressent à cette question. Petr Mareš explique que l’accueil réservé à ces informations par l’opinion publique tchèque n’est pas comparable à celui porté dans les pays occidentaux. Toutefois, la situation évolue et les consommateurs manifestent un intérêt de plus en plus soutenu à savoir dans quelles conditions sont confectionnés les vêtements qu'ils achètent :

Petr Mareš, photo: Site officiel de Svět v nákupním košíkuPetr Mareš, photo: Site officiel de Svět v nákupním košíku « Dans les pays occidentaux, il existe des organisations qui traitent de ces questions depuis vingt-cinq ans. C’est notamment le cas de l’initiative néerlandaise Clean Clothes Campaign qui a aujourd’hui des antennes dans quinze ou dix-sept autres pays européens. Par conséquent, les citoyens de ces Etats connaissent beaucoup mieux la situation. Tandis que chez nous, pour des raisons historiques et à cause du niveau de développement de la société civile, les gens s’intéressent moins à la question. »

Néanmoins, il existe des moyens de savoir quelle est la proportion de vêtements vendus en République tchèque fabriqués dans les pays du Sud :

« L’Office tchèque des statistiques collecte ces informations mais sans être un spécialiste en la matière, il est difficile de comprendre quelque chose à partir de ces données. L’année passée, l’importation des vêtements en République tchèque représentait une somme d'environ 42 milliards de couronnes (1,56 milliard d’euros), dont 30% provenaient de Chine, 10% du Bangladesh, 10% de Turquie. Viennent ensuite le Cambodge, le Vietnam ou encore l’Inde. Il est intéressant de constater que ces chiffres sont également élevés pour les vêtements importés d’Allemagne et d’Italie. Il est cependant difficile de mesurer quelle part de ces importations sont des réimportations qui de toute façon proviennent des pays du Sud. »

L'opacité de la chaîne de sous-traitance

D'un point de vue historique, Petr Mareš précise que la vague des délocalisations vers les pays du Sud n’est pas nouvelle, même si elle a pris une ampleur considérable ces dernières décennies :

« C’est à la fin des années 1980 que la délocalisation de la production vers les pays asiatiques a pris une forme beaucoup plus prononcée. Lors des décennies 1990 et 2000, on peut parler d’un boom. Et cela continue. Les marques qui étaient propriétaires d’usines en Europe et aux Etats-Unis sont parties dans les pays du Sud, attirées par la main-d’œuvre bon marché. La délocalisation a également été un moyen pour ces entreprises de se défaire de leur responsabilité. En Europe et aux Etats-Unis, la protection des employés a été progressivement mise en place et les employés pouvaient faire valoir leurs droits devant la justice. Tandis que dans les pays du Sud, malgré l’existence formelle de certains droits, la justice est inopérante à les faire respecter Et les entreprises en profitent. »

Photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás !Photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás ! Ce boom des délocalisations continue. Par exemple la marque H&M a annoncé son projet d’augmenter sa production au Bangladesh de 15% tous les ans. Une caractéristique marquante de ce système est le fait que les grandes marques ne sont plus directement propriétaires ni du capital physique, c'est-à-dire de l'immobilier ou des matériels de production, ni de la force de travail, à savoir des ouvriers. Ces firmes sans usines font fabriquer leurs biens à travers une chaîne opaque de sous-traitance auprès de producteurs sur place dans les pays où la main d’œuvre est sous-payée. Néanmoins Petr Mareš refuse l'excuse avancée par certaines marques qui consiste à dire qu'elles seraient elles-mêmes victimes de cette opacité au point qu'elles ne seraient pas en mesure de savoir dans quelles conditions sont fabriquées leurs propres commandes :

« La chaîne de distribution est véritablement très compliquée. C'est le cas pour les vêtements, mais il en est de même pour les jouets ou l’électronique. Ce manque de transparence a une conséquence claire pour nous, les consommateurs, c’est que nous ne pouvons que difficilement connaître les conditions dans lesquelles ces articles sont produits. Mais à mon sens, il est impossible que les grandes marques ne connaissent pas la vérité quant au fonctionnement de ce système. Des nouveaux rapports des ONG basées sur place sont produits presque toutes les semaines dans leurs usines. Les grandes marques savent ce qui se passe et abusent de ce système. »

Petr Mareš admet que des entreprises plus petites sont susceptibles de ne pas connaître les conditions dans leurs ateliers. Le responsable d’une petite entreprise tchèque peut ainsi à l'occasion inspecter un de ses sous-traitants et bénéficier d'une visite guidée où tout semble en ordre, dans une sorte d' « usine Potemkine ».

Conditions de travail : bienvenue au XIXe siècle

Photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás !Photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás ! La responsabilité des grandes marques reste néanmoins indéniable pour Petr Mareš qui souligne que ces firmes participent aussi à leur manière au maintien des mauvaises conditions. Les propriétaires locaux des usines se trouvent dans un environnement très compétitif les uns avec les autres. Ils dépendent de commandes ponctuelles avec des délais très serrés sous la pression des multinationales. C’est cette incertitude quant au volume de la commande qui leur fournit un prétexte pour maintenir des conditions d’emploi précaire. Une simple remise en question vis-à-vis d'heures supplémentaires imposée peut facilement être punie par le licenciement des plaignants. Pour la même raison, il est très difficile voire impossible de créer un syndicat libre.

On constate ainsi de nombreuses violations des conditions sanitaires et de sécurité. Les travailleurs sont parfois exposés à des exhalations dangereuses notamment quand est utilisée la technique du sablage des jeans, une technique qui consiste à projeter du sable à très haute pression pour obtenir un aspect usé et qui est surtout très dangereuse pour la santé des ouvriers. Suite à la pression d'ONG ayant révélé l’usage généralisé de cette technique, les marques comme H&M ou Levi Strauss étaient les premières à l’interdire en septembre 2010.

D’autre part, se pose la question de la rémunération insuffisante de ces employé-e-s de l’industrie textile. Depuis plusieurs années se développe une initiative pour la mise en place d’un minimum vital. Le « minimum vital » (ou le « living wage ») dépend du contexte sociaux-économique du pays et est calculé pour satisfaire les besoins primaires de la personne et de sa famille en termes de logement, nourriture, éducation et soins médicaux. On constate qu'il est dans de nombreux pays quatre fois plus élevé que le salaire minimum légal.

Au Bangladesh, le salaire minimum de 50 euros constitue 21% du minimum vital, en Cambodge, les 73 euros représentent 25% du minimum vital. La situation en Europe de l’Est n’est pas meilleure, même si les bases pour le calcul du minimum vital sont plus élevées car elles reflètent le coût de la vie plus élevé. Ainsi, en Bulgarie, les 139 euros du salaire minimum représentent 14% du minimum vital (767 euros). En Slovaquie, les 292 euros égalent à 21% des 1 360 euros calculés pour le minimum vital.

Aux multinationales d'améliorer les conditions de travail

Selon le rapport « Climbing the Ladder to Living Wages » (« Grimper l'échelle vers le revenu minimum vital ») de 2012 produit par Fair Wage Foundation, la répartition des coûts et des profits pour un tee-shirt est la suivante : 3% des salaires des employé-e-s, 5% du transport et des douanes, 6% pour les dépenses de gestion des usines, 11% pour le matériel, 15% pour les dépenses et le profit des marques, 60% pour les dépenses, taxes et profits des vendeurs. Certains proposent d’augmenter simplement le prix du tee-shirt de 10 centimes pour assurer un salaire digne au travailleur. Mais Petr Mareš apporte une nuance :

Photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás !Photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás ! « Quand nous réfléchissons sur le prix final pour le consommateur, nous sommes confrontés à la grande complexité de la répartition des profits et des coûts sur le prix d’un produit. Il y a des calculs pour le cas du Bangladesh qui comptent avec une multiplication par quatre du salaire minimum pour atteindre un niveau d’un salaire suffisant pour vivre dignement. Selon ces prévisions, cette hausse des salaires n’aurait qu’une petite répercussion sur le prix final. Car dans le prix de l’article, la part du coût du travail varie entre 0,5% à 3%. »

Si Petr Mareš remarque qu’une hausse des salaires aurait un effet sur toute la chaîne de distribution, il souligne que la capacité d’action dans ce sens incombe de manière primordiale aux entreprises. Car selon lui, si les multinationales ont la force de négocier des délais de livraison courts, ils ont le même pouvoir d’insister sur l'amélioration conditions de travail.

Le rôle des Etats : réglementer

Un grand nombre de textes internationaux pourrait leur servir de base notamment pour la mise en place d'un niveau de rémunération satisfaisant. Il y a ainsi la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, les recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT) ou encore les Principes directeurs de l'ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme approuvés en 2011. Par ailleurs, ce dernier document est très explicite quant à la répartition de la responsabilité dans la chaîne de distribution. Le problème est que les droits de l’Homme dans le contexte du travail ne sont pas exigibles. Petr Mareš explique que c’est sous la pression des actionnaires de ces multinationales que ces engagements restent lettre morte. Il suggère donc qu’un autre acteur puissant oblige les marques à faire respecter ces normes internationales :

« La réglementation est certainement nécessaire. Elle devrait obliger les entreprises à rendre transparente la chaîne de distribution. Cela est une condition pour pouvoir par la suite mettre en place des audits indépendants qui pourront engendrer un changement. La transparence profiterait aussi aux consommateurs car aujourd’hui, l’information sur la provenance d’un t-shirt ne vous dit rien sur les conditions dans lesquelles celui-ci a été cousu. Les entreprises devraient aussi être soumises à des sanctions si les conditions de travail dans leurs ateliers violent les droits des travailleurs. »

Ainsi, en France, une proposition de loi qui vise à établir un devoir de vigilance envers les sous-traitants est actuellement en discussion au Parlement. En pratique cela signifierait la mise en place d'une responsabilité juridique des entreprises. Cette législation viendrait compenser le déni de justice dont souffrent les travailleurs dans leurs Etats.

L’Union européenne examine à son tour depuis un certain temps une autre solution au problème de l’opacité des chaînes de distribution :

Photo: Site officiel de l’organisation Na ZemiPhoto: Site officiel de l’organisation Na Zemi « L’Union européenne envisage depuis longtemps de mettre en place une obligation de générer des rapports non-financiers de l’entreprise lesquels contiendraient aussi un chapitre sur les conditions de travail. L’effet de cette mesure est beaucoup plus grand que si les consommateurs faisaient constamment et ponctuellement pression. Quand il y a aussi des sanctions, l’entreprise ne peut pas ignorer cette obligation. »

Les campagnes de sensibilisation menées par les ONG

Aujourd’hui, les entreprises définissent elles-mêmes des engagements qu'elles ne tiennent pas forcément. Il n’est pas rare que les rapports qui découlent de ces codes de bonne conduite intègrent en fait le plan de communication des entreprises vis-à-vis des consommateurs. En réaction à cette pratique, le collectif français Ethique sur étiquette a récemment déposé une plainte contre une publicité mensongère de la chaîne de distribution Auchan. Selon les plaignants, l’entreprise aurait publié un Plan de lutte contre la sous-traitance opaque sans véritablement engager des efforts contre celle-ci.

Petr Mareš remarque qu’une telle action constitue une piste peut-être moins efficace pour la République tchèque car peu de firmes y ont leur siège. Néanmoins l’ONG Na Zemi a participé à la remise en question de la campagne médiatique de H&M qui ne correspondait pas à une amélioration réelle des conditions de travail. L’activité du groupe H&M ne passe donc pas inaperçue :

« Les représentants de H&M étaient même les invités d’une conférence sur le minimum vital en novembre 2013. Leur directrice du développement durable y a annoncé l’intention de H&M de mettre en place le revenu vital d’abord dans deux usines au Bangladesh et au Cambodge comme projet pilote. Puis sous cinq ans, ce revenu devrait être versé dans tous leurs ateliers. Pourtant, la semaine dernière, un des chefs de H&M a mis en garde le gouvernement du Bangladesh afin qu'il soit prudent dans les projets d’augmentation du salaire minimum car les marques pourraient réagir en quittant le pays. A mon sens, c’est du chantage vis-à-vis de ces pays qui sont dépendants des exportations textiles qui représentent 80% de leurs exportations totales. Le gouvernement du Bangladesh peut être confronté à des émeutes sociales si un acteur comme H&M quitte le pays. Les entreprises connaissent très bien leur influence. Elles tirent au maximum les ficelles de ce nivèlement par le bas et ce système ne peut pas être changé si elles n’acceptent pas leur part de responsabilité. »

Photo: Kristýna MakováPhoto: Kristýna Maková Le comportement du groupe H&M est révélateur du pouvoir qu’exercent ces grandes marques sur les Etats du Sud dépendant des exportations. Néanmoins, Petr Mareš insiste sur la complexité de cette question et souligne que chaque usine n’est pas aux mêmes standards et qu’il existe des exemples de bonnes pratiques. En effet, certaines initiatives tentent de mettre en relation différents acteurs pour améliorer les conditions de travail.

Parmi les plus crédibles et les plus sollicitées se trouve le Fair Wear Foundation. Cette organisation rassemble des représentants des marques, des syndicats internationaux ainsi que des ONG. Elle aide les entreprises qui la sollicitent à mettre en place un codex éthique. Les firmes s'engagent alors à rédiger tous les ans des rapports sur leurs activités. Cette initiative organise aussi des audits qui ne sont pas annoncés à l’avance ce qui pousse les entreprises à agir. Le seul problème est peut-être que dans ces associations, on ne retrouve aucune grande marque. En revanche, des entreprises de plus petite taille, certaines entreprises de vêtements outdoor, ou bien plusieurs marques présentes sur le marché tchèque, comme Takko, s'impliquent dans le cadre de cette initiative et œuvrent pour l’amélioration des conditions de travail dans leurs ateliers.

Une autre initiative d'origine britannique, le jour Fashion Revolution, a lieu dans soixante pays du monde, y compris la République tchèque. Plusieurs plate-formes tchèques, telles que FashionMap.cz ou Czech Labels and Friends, s'impliquent ainsi dans le projet, afin de soutenir "la mode locale et durable". Lors de cette journée, la boutique en ligne Zoot.cz reverse 20 couronnes sur chaque achat au fonds de dédommagement des victimes de l'accident de Rana Piaza.

Le pouvoir relatif du consommateur

Au final, ces marques sont extrêmement préoccupées par leur image médiatique. Cela donne au consommateur un certain pouvoir :

« Le consommateur peut demander dans les magasins d’où provient tel ou tel vêtement. Cela peut être son activité de base. Il peut aussi participer aux campagnes que mènent les ONG et interpeller les grandes marques. Ensuite, il peut aussi modifier ses préférences quant au choix des marques qu'il achète. Si les campagnes sont assez médiatisées, cela accroît la pression sur ces entreprises qui peuvent être amenées à agir. »

Rana Plaza, photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás !Rana Plaza, photo: Facebook de la campagne 'Ušili to na nás ! Outre la prise de conscience des pratiques abusives des grandes marques vis-à-vis des travailleurs dans l’industrie textile dans les pays du Sud, cette thématique interpelle également le mode de consommation des pays occidentaux, en République tchèque et en Europe. Le phénomène de « fast fashion », le renouvellement rapide, souvent tous les deux mois, des collections des marques pour « tenir compte des tendances dans la mode », révèle le caractère artificiel de cette offre. La responsabilisation du consommateur et sa sensitivité envers cette problématique semblent alors aussi jouer un rôle important dans le changement de système de fonctionnement de l'industrie textile à l'heure de la mondialisation des échanges. Pour éviter de nouveaux drames du type Rana Plaza, il n'empêche qu'il revient d'abord aux Etats de réglementer ce commerce, seule échelle réellement contraignante pour les multinationales de la mode.