Panorama Une ONG tchèque dirigée par une Française

17-02-2009 17:11 | Alexis Rosenzweig

Nouvelle série d’émissions consacrées aux francophones installés à Prague. Invitée de cette première émission : Camille Latimier, directrice d’une organisation non gouvernementale qui s’occupe des personnes handicapées mentales :

Camille LatimierCamille Latimier « J’ai d’abord vécu ici comme étudiante il y a une dizaine d’années. Maintenant, ça fait trois ans que je vis à nouveau à Prague et je travaille pour une ONG (Společnost pro podporu lidí s mentálním postižením v ČR) qui s’occupe des personnes handicapées mentales et de leurs familles et les représente au niveau national. Je suis directrice de cette ONG et en parallèle j’ai ouvert il y a trois ans une représentation d’une ONG européenne qui s’appelle Inclusion Europe et je m’occupe de projets pour les organisations en Europe centrale qui défendent elles aussi les personnes handicapées mentales et leurs familles. »

Comment se fait-il qu’une Française dirige une ONG tchèque ?

« C’est un pur hasard. L’ONG avait des soucis pour trouver une directrice. Comme je partageais mes bureaux d’Inclusion Europe avec cette ONG, le président est venu me voir pour me proposer de la diriger... »

Vous devez parler extrêmement bien le tchèque alors ?

 « Je ne sais pas si extrêmement bien mais suffisamment en tout cas, et j’ai des collègues très sympathiques qui me relisent et me corrigent quand j’ai besoin d’un coup de main... Ça se passe très bien. »

Est-ce qu’on peut comparer la situation des personnes handicapées mentales en République tchèque avec le reste de l’Europe et le reste des pays post-communistes ?

« C’est une question très large, parce que ça dépend des secteurs... En République tchèque il y a un problème particulièrement important lié au logement : il y a un déficit d’offres de logements adaptés. Les autorités souhaitent remplacer les grandes institutions résidentielles où peuvent vivre 100- 150 personnes dans des conditions d’exclusion vers des logements de type ‘appartement supervisé’. Mais il y a malheureusement très peu de places et en plus la qualité de ces appartements laisse parfois un peu à désirer : ça n’atteint pas les standards de qualité de vie qu’on aimerait pour les personnes handicapées. »

Pouvez-vous nous parler de projets concrets sur lesquels vous travaillez en ce moment ?

Photo: www.spmpcr.czPhoto: www.spmpcr.cz « On est en train d’écrire un projet avec la mairie de Prague 8 pour former les employés de la mairie – postiers et policiers municipaux compris – pour leur expliquer ce qu’est une personne handicapée mentale, une personne ayant une maladie mentale, comment les reconnaître, parler avec eux et s’adapter à leurs besoins, les respecter. Parce que l’administration est une grosse barrière, les personnes dont on s’occupe sont très réticentes parce qu’en général elles sont victimes de certaines discriminations. C’est un projet pilote qu’on monte en partenariat avec une association qui représente les personnes ayant la maladie d’Alzheimer et une association qui représente les personnes ayant une maladie mentale. On a le soutien de l’adjointe au maire de Prague 8 et j’espère qu’on obtiendra l’argent parce que sinon le projet restera dans un tiroir... »

Photo: www.spmpcr.czPhoto: www.spmpcr.cz Alors justement, pour financer ces projets, vous demandez des subventions des autorités locales – Obtenez-vous aussi des subventions européennes ?

« Quand le gouvernement veut bien nous envoyer la réponse positive ou négative sur un projet... On attend malheureusement depuis huit mois la réponse pour un projet du Fonds social européen qu’on a rédigé cet été. Mais oui, il y a des financements européens possibles. Il y a aussi le mécanisme financier de l’Espace économique européen, avec en ce moment un appel d’offres ouvert aux ONG tchèques, et le Fonds social européen évidemment. Sinon, ce sont les ministères et les fondations privées, parce que ça ne suffit pas... »

Est-ce que vous vous plaisez à Prague ?

« Oui, je connais bien maintenant et me sens bien ici. »

Quels sont vos endroits préférés à Prague, d’abord pour vous ballader et puis pour prendre un verre et pour manger ?

 « Pour me ballader, je crois que l’endroit que je préfère c’est Vysehrad, parce qu’on a la vue sur tout la ville. Eté comme hiver, c’est un classique de Prague, mais je trouve que c’est chouette. Pour boire un verre, je dirais la terrasse du Café Louvre, ce n’est pas très original mais quand il fait beau c’est très sympa. Et pour manger ‘U zavesenyho café’, dans la rue Nerudova. C’est un endroit que j’aime beaucoup, en plein centre mais sans beaucoup de touristes et avec une ambiance particulière. On y mange des plats tchèques assez sympas et à des prix raisonnables ».

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