Panorama Tournage de la série Borgia à Prague: "Douze épisodes en costumes dans des décors d’époque coûtent beaucoup d’argent"
Borgia, la nouvelle série TV historique à gros budget consacrée à la famille à la réputation sulfureuse dans l’Italie de la Renaissance, va bientôt être diffusée en France. La série a été tournée en République tchèque, principalement à Prague mais aussi à Telč. Douze premiers épisodes pour un budget total de 25 millions d’euros. Klaus Zimmermann est le directeur général d’Atlantique productions, la société qui a produit cette série consacrée à la saga des Borgia. Au moment du tournage au début de l'année, il avait répondu aux questions de Radio Prague. Rediffusion aujourd’hui de cet entretien sur une production qui devrait créer l’événement de la rentrée télé en France.
Borgia, photo: Beta Film « Je pense que les Borgia représentent une famille énigmatique entre le
Moyen-âge et la Renaissance en Europe. Ils ont été entre le pouvoir
mondain et ecclésiastique, ils ont pris le pouvoir et abusé du pouvoir.
Ils ont appris à fonctionner comme un clan sous le Moyen-âge avant de
passer dans la Renaissance. L’idée de la série est de montrer cette
transition, avec d’abord l’arrivée au pouvoir de Rodrigo Borgia avec
une volonté de réforme, avant qu’il réalise que dans un monde de
pourris il vaut mieux être pourri et jouer le jeu. »
On parle aussi des Borgia comme un clan maffieux avant la maffia…
« Oui, tout à fait. Je pense que l’époque le voulait. Ils ont été aussi méchants, vicieux et empoisonneurs que d’autres clans à la même époque, mais ils étaient probablement les meilleurs. »
Borgia, photo: Beta Film
La série Borgia est une coproduction internationale, qui est impliqué ?
« Le budget total de la première saison est de 25 millions d’euros, soit un peu plus de 2 millions par épisode. Le tour de table a été fait avec Canal+ comme partenaire principal. On a aussi de l’aide européenne, des subventions tchèques et la société Eos comme partenaire à l’international. »
Pourquoi venir tourner à Prague ?
Le palais Martinic à Prague « Au départ c’est bien sûr un choix financier mais il y a toujours un
rapport qualité/prix qu’il faut bien analyser. Avant de prendre la
décision, on a fait une étude sur l’Espagne, l’Italie, la Roumanie,
la France et la Belgique. Au niveau des décors naturels disponibles et des
coûts, le choix s’est porté très rapidement sur la Tchéquie. Tourner
douze épisodes en costumes dans des décors d’époque coûte beaucoup
d’argent. »
Et vous avez donc pu bénéficier des nouvelles aides fiscales de l’Etat tchèque ?
Le palais Martinic à Prague « Oui, nous sommes bénéficiaires du crédit d’impôt tchèque. Je
crois que nous sommes le projet qui a le plus bénéficié de cette aide
puisqu’elle venait juste de commencer en 2010 quand nous avons commencé
notre préparation ici. Donc on a vraiment eu beaucoup de chance que cette
aide ait été approuvée l’année dernière. »
Comment ça se passe au quotidien la collaboration avec les équipes tchèques ?
Borgia, photo: Beta Film « Oui, ça se passe extrêmement bien. Il faut dire que la République
tchèque a une longue histoire de production de longs-métrages et de
production pour la TV. Beaucoup de producteurs étrangers sont déjà venus
à Prague. Ces dernières années il n’y avait pas beaucoup de travail
ici, à cause de la crise aussi, et les gens travaillent aujourd’hui
très volontiers. C’est de la main d’œuvre extrêmement qualifiée, au
service de la qualité et très disponible. »
Apparemment c’est la première fois dans l’histoire de la télévision que deux séries se tournent en même temps sur le même sujet, avec l’autre série initulée The Borgias produite par la chaîne américaine Showtime, ça vous gêne ?
The Borgias, photo: Showtime « Oui et non… Cela nous a beaucoup gênés pour monter notre projet.
Pour être franc, il y a eu des appels du pied des Américains pour essayer
de fusionner les deux projets. Mais il y avait des différences artistiques
substantielles : pour eux Borgia est plus une série sur l’inceste et
complètement déconnectée de l’histoire, eux cherchent la dramaturgie
ce qui est tout à fait juste pour un public américain mais pour un public
européen ça ne suffit pas. Si on veut faire les Borgia, il faut qu’on
raconte au moins un petit peu la vraie histoire et c’est ça qui est
passionnant. »
Rediffusion du 25/1/2011







