Panorama Švankmajer en images, en musique et en bruitage pour un spectacle franco-tchèque
Les Champs magnétiques de Jan Švankmajer : c’est le nom du spectacle qui se déroulera les 11, 12 et 13 mai à l’Institut français de Prague. Durant la projection enchaînée de cinq films d’animation, des musiciens de l’ensemble Prague Modern joueront en live les musiques spécialement écrites pour l’occasion par le compositeur et performeur français François Sarhan, qui a également fait appel à des bruiteuses professionnelles pour une création en forme d’hommage au cinéaste tchèque.
François Sarhan
Séance de déchiffrage et première répétition du spectacle intitulé
Les champs magnétiques de Jan Švankmajer. Le compositeur français
François Sarhan est entouré de musiciens de l’ensemble tchèque Prague
modern, qui seront devant et sur la scène pendant et entre les
projections
de cinq court-métrages du réalisateur tchèque Jan Švankmajer. Plus de
précisions sur ce spectacle donné cette semaine à l’institut
français
de Prague avec François Sarhan :
« J’ai refait, si on peut dire, une bande son, et composé de la musique originale sur des textes, qui va être interprétée entre les films. »
Pourquoi Švankmajer et pourquoi ce choix de ces cinq court-métrages ?
Jan Švankmajer « Parce que le cinéma et le travail de Švankmajer en général sont une
passion que j’aie depuis longtemps, pour beaucoup de raisons - parce
qu’il est surréaliste, parce qu’il touche à d’autres domaines du
cinéma et que le sujet de ses films m’intéresse. Pourquoi cinq films ?
Pour avoir la bonne durée afin de faire une soirée. Et pourquoi ces cinq
films ? Par rapport à la thématique, pour qu’il y ait un fil comme si
on avait un long métrage en cinq sections. J’ai pris le parti de mettre
de la musique dans les films où il n’y en avait pas au départ mais
aussi inversement de rajouter des sons d’ambiances dans les films où il
n’y avait que de la musique. »
Quel genre de musique avez-vous composé ?
« C’est assez difficile à dire. En fait j’ai composé surtout une musique, un thème, un motif que j’ai développé et sur lequel j’ai appliqué beaucoup de variations selon les films, encore une fois pour avoir l’idée que derrière ces cinq films il y a un seul artiste derrière et une seule thématique qui se déploie de manières diverses. »
Avec quels instruments ?
« Une contrebasse, un violon, un piano, une clarinette, un
percussionniste et deux bruiteuses. »
Švankmajer, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est quelque chose d’unique ?
« Je dirais que c’est peut-être l’un des premiers cinéastes à avoir travaillé systématiquement sur le mélange entre l’animation et les prises de vue réelles. D’autre part il est un petit peu à l’origine du théâtre d’objets, c'est-à-dire que quand il utilise des marionnettes ce ne sont pas toujours des marionnettes classiques avec du fil mais cela peut être aussi des objets animés sous forme de marionnettes. Beaucoup de gens ont travaillé dans cette direction après lui. Deux grands cinéastes se réclament de Švankmajer : Tim Burton et Terry Gilliam. Effectivement, quand on voit les Monthy Python, l’animation de Terry Gilliam est très influencée par celle de Švankmajer. Quant à Tim Burton, il y a aussi une thématique commune. »
C’est une bonne chose d’être à Prague pour commencer avec ce
spectacle ?
« Je viens souvent à Prague et aime y être. Commencer ce travail à Prague, c’est naturel dans la mesure où Jan Švankmajer est un artiste pragois. Donc c’est un double plaisir. On espère ensuite tourner dans des festivals de musique et de cinéma. »
Auteur d’un documentaire sur Jan Švankmajer, Bertrand Schmitt assiste également aux répétitions. C’est lui qui a présenté le cinéaste tchèque au compositeur français :
« J’ai rencontré François Sarhan quand il est venu présenter un de
ses œuvres à Prague. Dans la discussion nous nous sommes rendus compte
que François était un grand admirateur de Jan Švankmajer. Il a demandé
s’il pouvait le rencontrer et faire un entretien avec lui pour la revue
française Mouvement. Au fur et à mesure, François a émis l’idée de
faire un spectacle autour de ses films. Jan Švankmajer sur le principe
n’aime pas trop ce genre d’exercice, mais comme il avait sympathisé
avec François il a donné son accord de principe et une carte blanche
pour
faire une composition, un re-bruitage, une remise en son de ses films.
Normalement Jan Švankmajer doit venir pour la répétition générale. »
On voit devant nous deux bruiteuses avec beaucoup de matériel pour faire les sons pendant les projections. D’où viennent-elles ?
« Elles viennent du milieu du cinéma, elles sont bruiteuses
professionnelles et travaillent normalement pour le cinéma. D’ailleurs
elles ont aussi travaillé avec Jan Švankmajer donc elles connaissent son
univers. C’est assez impressionnant de les voir travailler avec un
moulin
à café, une poire à eau, une hache, des balais, une casserole, etc.
Elles arrivent à reproduire tous les bruits avec ces accessoires
improbables. »
Les premières du spectacle Les champs magnétiques de Jan Švankmajer auront lieu mercredi, jeudi et vendredi à l’Institut français de Prague. Direction la France ensuite avec une première date à Orléans, le 8 décembre prochain.






