L’ONG tchèque People in Need en Ethiopie

L’Ethiopie est un des pays où l’ONG tchèque People in Need exerce ses activités. Sa mission dans le pays a commencé en 2003 et se concentre sur l’éducation et la solution des problèmes d’eau, qui manque pendant certaines périodes de l’année. L’an dernier, l’association a commencé à travailler dans le cadre de la lutte contre l’érosion du sol sur un nouveau projet.

L’organisation People in Need exerce ses activités dans la Région des nations, nationalités et peuples du Sud (SNNPR) et son siège se trouve dans la capitale de la région, Awassa. La mission compte deux Tchèques et 25 employés locaux incluant chauffeurs, comptables, ingénieurs et managers qualifiés participant à la réalisation du projet. Le chef de mission Ondřej Nádvorník travaille en Ethiopie depuis deux ans :

« En ce qui concerne l’aspect éducatif, nous construisons des écoles élémentaires dans les zones rurales où il n’y en a pas. Ce sont en majorité des écoles primaires pour lesquelles nous obtenons des moyens financiers par l’intermédiaire d’une collecte publique, organisée annuellement en coopération avec l’Association des scouts tchèques. Ensuite nous avons construit une école modèle et une école secondaire pour orphelins. Les étudiants qui n’ont pas les moyens reçoivent une bourse pour pouvoir aller à l’école et avoir ainsi une meilleure qualité de vie.
Neuf écoles ont été construites avec l’assistance de l’ONG People in Need. A part la construction d’écoles, nous nous concentrons sur l’amélioration de la qualité de l’éducation. Nous avons un programme pour les enseignants destiné à améliorer la qualité d’instruction. Nous nous efforçons d’introduire dans le système d’éducation locale de nouvelles méthodes qui incitent les élèves à participer aux leçons. Ainsi ils ne restent pas uniquement assis à répéter des phrases dont ils ne saisissent pas le sens. »

Dès le début de sa mission, l’ONG People in Need a essayé de rendre accessible l’eau potable à un maximum de personnes. Un puits d’une profondeur de 250 mètres avec un système de distribution a été construit dans la région d’Alaba qui souffre d’un manque cruel d’eau. L’eau est distribuée dans la région dans un périmètre de douze kilomètres et approvisionne approximativement 12 000 personnes. Plus de détails avec Ondřej Nádvorník :

« Le puits avec le système de distribution a coûté environ 6 millions de couronnes tchèques. Le problème à Alaba, c’est que les gens ont l’habitude de boire l’eau sale des rivières, des flaques ou des étangs, mais de toute façon ce n’est que l’eau saisonnière. Après la saison de pluies l’eau tient encore quelques mois. Elle est sale, mais elle existe. Ensuite l’eau se tarit. Les gens sont obligés de faire un trajet de deux à trois jours pour aller chercher l’eau. Souvent c’est l’eau de rivière qui propage différentes maladies. »

Les conséquences du manque d’eau, surtout pendant les périodes de sécheresse, sont assez graves. Les périodes de sécheresse en Ethiopie, lorsque les pluies qui normalement viennent deux fois l’an se décalent de plusieurs mois, représentent pour les habitants locaux une véritable catastrophe. Ils doivent non seulement faire face au manque d’eau mais aussi à de mauvaises récoltes. D’où des problèmes de sous-alimentation des adultes et des enfants, à Alaba et dans toute l’Ethiopie. Le gouvernement local et les organisations non-gouvernementales essaient de les aider avec des moyens nutritifs et avec la distribution d’aliments, ce qui n’est pas une solution durable. Ondřej Nádvorník :

« A cause de la crise provoquée par un retard de deux mois de la courte période de pluie, l’ONG People in Need a créé à Alaba un projet qui aide les habitants locaux à régler le problème urgent du manque d’eau. Nous avons distribué des paquets contenant des produits d’ hygiène, nous les avons formés sur le nettoyage de l’eau de rivière, la réparation des puits existants mais qui ne fonctionnent pas, et la construction des collecteurs d’eau situés sur les toits. Toutes ces activités ont servi à atténuer la crise et à préparer les habitants à la prochaine sécheresse. »

La prévention contre le SIDA fait partie des nouveaux projets de l’organisation. En Ethiopie, cette maladie n’est pas aussi répandue que dans d’autres pays d’Afrique mais il existe un risque d’expansion. Ce projet est en même temps axé sur la planification des naissances parce que la forte croissance de la population représente un vrai problème en Ethiopie. Une famille a en moyenne entre 5 et 6 enfants et si la croissance de la population ne ralentit pas, il ne sera guère possible de résoudre les problèmes de l’Ethiopie.

Le spectacle de théâtre de l'organisation Shiny Day ciblé sur la prévention du SIDA et le planning familialLe spectacle de théâtre de l'organisation Shiny Day ciblé sur la prévention du SIDA et le planning familial« Le projet concerne les écoles primaires, secondaires et des communautés choisies. Bien évidemment un des meilleurs moyens de réduire la croissance de la population est de d’éduquer les enfants, surtout les jeunes filles. On ne peut pas attendre la prochaine génération lorsque les jeunes cultivés deviendront adultes et auront leur propres enfants. Il faut travailler avec les communautés pour qu’elles se rendent compte des possibilités de planifier les naissances, des avantages que cela apporte etc. Il est important d’éliminer certaines superstitions persistantes et aussi les pratiques traditionnelles, comme par exemple l’excision, l’enlèvement des jeunes filles etc. »

Un autre projet est axé sur la lutte contre l’érosion du sol dans la région du lac d’Awassa. La conséquence de l’érosion est surtout l’épuisement du sol, un grand problème en Ethiopie. Les agriculteurs locaux exploitent très intensément le sol qui perd de ses nutriments, devient moins productif et l’eau qui passe à travers les champs pendant la saison des pluies emporte la terre fertile et n’est pas absorbée par le sol. Cela détruit l’agriculture locale qui nourrit approximativement 80% de la population. Une des causes principales de l’érosion est le déboisement massif. Pourtant l’Ethiopie possédait auparavant de riches forêts. Ondřej Nádvorník :

« Notre projet est axé sur le reboisement de certaines régions non agricoles, l’introduction de méthodes simples de rétention d’eau, par exemple la construction de réservoirs d’eau en terrasses. Le projet cible également la formation et l’éducation des communautés de fermiers locaux, pour les inciter à prendre conscience de l’importance des arbres et des forêts sur leur existence et la productivité agricole. L’objectif est de leur apprendre à exploiter de façon durable et économique pour avoir une meilleure production sans pour autant détruire l’environnement de manière irréversible. »

Michal Rašek et Ondřej NádvorníkMichal Rašek et Ondřej Nádvorník Et que dit Ondřej Nádvorník sur son travail au sein de l’ONG People in Need en Ethiopie ?

« Pour moi, c’est un travail très intéressant. Je m’intéresse aux problèmes des pays en voie de développement et c’est par hasard que je me suis retrouvé en Ethiopie. Il est facile de lier des contacts avec les habitants locaux mais il est beaucoup plus difficile de comprendre leur comportement,cela prend un peu plus de temps. C’est pareil en République tchèque sauf que le contexte est différent. Ici il y a les relations, les relations familiales, les liens traditionnels et magiques, on met du temps à comprendre, cela prendrait toute une vie à apprendre et à connaître. Pour cette raison il est très important de déléguer le maximum de responsabilités à nos employés locaux qui sont capables de pénétrer au sein des traditions et normes locales, les suivre et opter pour la meilleure solution. »

Plusieurs projets de l’ONG People in Need en Ethiopie sont subventionnés par la société tchèque Optreal. Le directeur de cette société, Michal Rašek, est venu en Ethiopie pour voir le déroulement des projets. On l’écoute.

« J’apprécie surtout que les employés de l’organisation People in Need ne distribuent pas l’argent nécessaire pour que les habitants se nourrissent mieux, mais qu’ils essaient d’améliorer les activités l’essentielles qui les font vivre. Il s’agit par exemple d’améliorer la production du pain local (galette appelée ‘injara’) en leur achetant un four plus sophistiqué etc. Ils les soutiennent au niveau des activités essentielles qui leur apportent une prospérité de longue durée. Ainsi l’assistance est plus ciblée et c’est ce qui me plaît. »

Les activités de l'organisation humanitaire 'People in Need' en Ethiopie
Vidéo

Photos : Štěpánka Budková