L’accueil francophone de Prague souffle ses 25 bougies

Trouver un logement. Un médecin. Une école pour ses enfants. Connaître les bons plans de sortie en famille. Ou encore gérer les démarches administratives relatives à un déménagement. Autant de choses qui peuvent paraître anodines dans son pays mais qui peuvent s’avérer un casse-tête dans le cadre d’une expatriation. Depuis 25 ans, l’association Prague Accueil aide les francophones arrivant dans la capitale tchèque à s’y retrouver.

Marion Roman-Hauduroy, photo: MikaMarion Roman-Hauduroy, photo: Mika Marion Roman-Hauduroy, bonjour. Vous êtes présidente de l’accueil à Prague, Prague Accueil. C’est une association qui fête cette année ses 25 ans d’existence et dont on va avoir l’occasion de parler. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous demander comment êtes-vous arrivée à Prague et dans quelles conditions ?

« Je suis arrivée à Prague il y a quatre ans en août. J’avais vraiment envie de voyager, de faire l’expérience de l’expatriation avec nos enfants. J’ai moi-même habité à Trinidad et en Jordanie étant enfant, ce qui m’a beaucoup plu. D’autre part, mon mari a des origines tchèques, ses deux grands-parents ont émigré en France en 1948. Et puis c’est aussi la proximité géographique, au cœur de l’Europe, pas trop loin de la France où mon fils aîné étudie actuellement, et pas très loin de l’Asie non plus, où mon mari a plusieurs sociétés. »

Marion Roman-Hauduroy, photo: Prague AccueilMarion Roman-Hauduroy, photo: Prague Accueil Prague Accueil, dont vous êtes la présidente, fête ses 25 ans. Un quart de siècle, c’est un bel âge. Dans le cadre du magazine que vous publiez quatre fois par an, vous avez pu parler avec la personne qui était aux origines de Prague Accueil. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« Elle s’appelle Emie Lordereau. Elle est de nationalité franco-allemande et la fondatrice de l’accueil francophone de Prague, le 14 juin 1993 officiellement. Mais bien avant, des réunions informelles ont eu lieu dès 1991. Elle est l’épouse de Jean-Claude Lordereau qui implante Rhône-Poulenc, actuel Sanofi, en Tchécoslovaquie tout d’abord, puis très vite en République tchèque. Emie Lordereau est aussi une des fondatrices de l’International Women’s Club de Prague qui est l’actuelle International Women Association of Prague. »

Comment est née l’idée de ce groupe francophone dans les années 1990 ?

>Prague AccueilPrague Accueil « Il est né de manière tout à fait informelle autour d’un café entre femmes de diplomates et femmes de chefs d’entreprise. L’idée est d’échanger en français, et d’échanger de bonnes adresses aussi. Puis, ces cafés se sont étendus. Tout de suite, il y a eu la volonté de créer un accueil francophone, avec des Français, des relations privilégiées avec les partenaires institutionnels français comme l’ambassade et le consulat de France, l’Institut français de Prague, mais aussi la Chambre de commerce franco-tchèque. Mais il y a toujours eu la volonté d’être ouverts, donc nous avons, même au sein de nos comités ou de nos membres, des Belges, des Canadiens… Des francophones au sens large. »

A quel type de difficultés pouvaient faire face les Français, voire les expatriés de manière générale, dans les années 1990 ?

« Oui, en effet, le contexte était beaucoup moins international qu’aujourd’hui, il n’existait pas non plus les réseaux sociaux. Néanmoins, nous avons toujours le même nombre d’adhérents. Cette nécessité d’échanger ensemble est toujours présente, même si le contexte de Prague est très différent. »

Comment a évolué ce groupe depuis l’époque ? Est-ce le même type de personnes qui y adhère ?

Photo: Prague AccueilPhoto: Prague Accueil « Oui. C’est une association où il a beaucoup d’expatriés, beaucoup de familles qui sont liées à des entreprises implantées ici. Mais nous avons aussi des membres de longue date qui sont maintenant installés en Tchéquie et ce sont eux qui nous aident par leurs connaissances du territoire et de la culture à installer et aider les nouveaux arrivants. »

Vous disiez que ce groupe est ouvert à tous les francophones. Avez-vous des membres tchèques francophones qui, par leurs connaissances, peuvent accompagner ceux qui viennent d’arriver ?

« Tout à fait. Ils sont extrêmement bienvenus au sein de l’association. Nous en avons quelques-uns dans notre comité, et particulièrement cette année. Nous avons aussi de nombreuses collaborations avec d’autres associations, particulièrement Asso’90, qui, comme son nom l’indique, a été créée à l’ouverture des frontières par des francophones et francophiles. Ils nous ont beaucoup aidés à découvrir la culture tchèque mais aussi le pays, par l’organisation de sorties, de conférences… Ils nous ont aussi apporté une aide pratique. Nous avons eu notamment l’aide de médecins, qui ont développé, pour nous, les premiers fichiers de médecins francophones, la santé étant un point important dans l’expatriation. Et je citerais notamment le docteur Václav Chytil. »

Photo: Prague AccueilPhoto: Prague Accueil Nous sommes en 2018, l’eau a coulé sous les ponts depuis les tous débuts. Prague Accueil aujourd’hui, ce ne sont plus que des rencontres, mais aussi un site internet, un magazine… Que proposez-vous justement par l’intermédiaire de ces médias ?

« Il y a effectivement une newsletter bimensuelle pour tous les membres de l’association. Ainsi qu’un magazine publié quatre fois par an. Mais surtout, l’indispensable Guide pratique de Prague Accueil qui est édité tous les deux ans, avec ces fameuses listes de médecin qui se sont maintenant étoffées. On y trouve bien d’autres informations, que ce soit sur les transports, le logement, la musique, tout est là… »

Quelles sont les demandes les plus fréquentes auxquelles vous avez à répondre ?

« Il y en a quatre : le logement, la santé, l’emploi et l’éducation. »

25 bougies cette année, mais quelle est la suite désormais pour Prague Accueil ?

L'équipe de Prague Accueil, photo: MikaL'équipe de Prague Accueil, photo: Mika « L’idée, c’est de continuer ce même travail. C’est un travail fait généreusement par des bénévoles qui ont eu les bénéfices de cette association à leur arrivée et qui, à leur tour, souhaitent, par leur action, faire perdurer cet accueil. C’est un beau défi et on peut remercier l’ensemble des bénévoles qui se sont succédés depuis 25 ans. Bien évidemment, nous voulons nous rapprocher encore plus d’associations franco-tchèques existantes. Nous allons célébrer ces 25 ans à l’ambassade de France ce mercredi 18 avril, en présence d’anciens et actuels présidents d’Asso’90 mais aussi d’associations plus récentes, composées de familles binationales, franco-tchèques, ou suisses-tchèques, comme La Petite école de Prague ou Les francofilous. Nous nous rapprochons d’eux. Et puis peut-être faire un geste particulier pour les étudiants nombreux ici, qui font souvent appel à nous, notamment pour leurs recherches de logement. Nous recherchons des partenaires pour leur offrir la possibilité d’un accueil à prix raisonnable sur de courtes durées. »