Un peu de musique quand même Un disque tchèque de musique de Bohuslav Martinů reçoit le Prix de la revue Gramophone
C’est un enregistrement de trois fragments inédits de l’opéra Juliette de Bohuslav Martinů qui a obtenu, ce vendredi, à Londres le Prix de la revue Gramophone dans la catégorie du récital. Le prix a été remis au chef d’orchestre Charles Mackerras qui dirige dans cet enregistrement l’Orchestre philharmonique tchèque.
L’opéra Juliette ou la Clef des songes, dont la première a eu lieu en
1938, est basé sur une pièce de théâtre de Georges Neveux. Son auteur
explore le monde insaisissable du rêve qui était si cher aux
surréalistes. Et cet univers ou rien n’est tout à fait concret et où
les gens ont perdu la mémoire a été mis en musique par Bohuslav
Martinů. Georges Neveux se rendait compte que le compositeur avait donné
à sa pièce onirique une dimension nouvelle: «J’avais retrouvé ma
pièce, a-t-il écrit, et pourtant j’avais l’impression de l’entendre
pour la première fois… avec cette émotion et cette profondeur que seule
la musique peut exprimer au-delà des mots.»
Charles Mackerras
Les trois fragments de Juliette sont une version considérablement
raccourcie de l’opéra par le compositeur qui voulait résumer ainsi son
oeuvre pour une diffusion à la radio. Ils n’ont été découverts que
récemment et ont été présentés en concert pour la première fois les
11 et 12 décembre dernier par l’Orchestre philharmonique sous la
direction de Charles Mackerras. C’est par cet enregistrement que ce chef
de 83 ans, qui est un grand propagateur de la musique tchèque, a mis un
point final à sa longue collaboration avec cet orchestre. Le rôle de
Juliette, femme insaisissable, femme de rêve, est campé sur le disque par
Magdalena Kožená. Selon les représentants de la maison Supraphon c’est
surtout grâce à elle que le disque a été primé par la revue
Gramophone.





