Qui veut faire sortir le pays de l’UE et de l’OTAN ?

Cette nouvelle revue de presse répond d’abord à la question de savoir quelles sont les principales motivations des politiques qui souhaitent introduire un référendum d’initiative populaire. Elle revient ensuite sur certains aspects de la récente élection présidentielle. L’absence de hauts représentants tchèques à l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, l’existence du groupe suédois IKEA dans l’ancienne Tchécoslovaquie et le manque de volontaires pour le don de sang. Autant de sujets qui y seront également abordés.

Photo illustrative: geralt / Pixabay, CC0Photo illustrative: geralt / Pixabay, CC0 Les efforts en faveur d’un référendum d’initiative populaire déployés par deux des neuf partis siégeant à la Chambre des députés, le Parti pour la démocratie directe (SPD), un parti d’extrême droite, et le Parti communiste, ne sont ni plus ni moins qu’un moyen par lequel ceux-ci veulent faire sortir le pays de l’Union européenne est de l’OTAN. C’est ce que souligne un texte mis en ligne sur le site du quotidien économique Hospodářské noviny. Saluant le fait que le chef du gouvernement démissionnaire, Andrej Babiš, refuse ces revendications par lesquelles les deux partis conditionnent leur éventuel soutien à son cabinet, il explique pourquoi :

« Dans le climat émotionnellement exacerbé qui marque notre société, il serait extrêmement risqué de perdre les garanties sécuritaires internationales et de plonger le pays dans le chaos. Selon les arguments défendus par le parti SPD, un référendum sur le ‘czexit’ aurait le même poids que celui sur l’entrée du pays dans l’Union européenne, mais en sens inverse. Mais c’est un faux argument, car le précédent référendum concernait un accord connu dont tout le monde pouvait prendre connaissance, tandis qu’un référendum sur un éventuel ‘czexit’ serait une démarche expérimentale. Nul ne sait dire quelles seraient les conditions d’une éventuelle sortie du pays de l’Union européenne. Par ailleurs, l’expérience britannique est, à cet égard, assez alarmante. »

Et l’auteur de conclure que les référendums et les consultations populaires ont évidemment leur raison d’être mais seulement au niveau local. Ils devraient concerner les décisions dont les gens sont capables d’évaluer les retombées, et non les questions de politique internationale, concernant les droits de l’homme ou la fiscalité.

Les options électorales et la carte de la pauvreté

Photo illustrative: Archives de Radio PraguePhoto illustrative: Archives de Radio Prague « Ce que l’élection présidentielle en Tchéquie a confirmé ». Tel est le titre d’une analyse mise en ligne sur le site novinky.cz qui se penche sur les options électorales qui se sont manifestées à cette occasion dans les différentes régions du pays. Elle constate d’abord que la carte tchèque de la pauvreté est identique à celle du soutien qui a été donné aux politiciens qui abattent la carte anti-européenne et anti-migration, soit le président réélu Miloš Zeman, le chef du parti populiste SPD Tomio Okamura, et le Parti communiste. En se référant aux constats d’un expert en charge des questions de l’endettement et de l’exclusion sociale de l’ONG People ind Need, elle rapporte :

« Les régions frontalières avec un important taux de chômage et un nombre élevé de personnes qui font l’objet d’une procédure de saisie ont largement plébiscité Miloš Zeman. Les procédures de saisie touchent au total près de 830000 personnes. Leur répartition varie d’une région à l’autre, touchant dans plusieurs d’entre elles jusqu’à 35% de la population. La menace de procédure de saisie étant devenue dans ces régions presque la norme, elle concerne non seulement des gens pauvres, mais aussi ceux qui issus de la classe moyenne. En proie à la frustration, ces gens prêtent assez facilement l’oreille à des discours qui ont dominé certaines campagnes électorales et qui alertent sur des dangers fictifs, dont en premier lieu la migration. »

D’après l’expert cité dans cette analyse, il faut trouver une solution à ces millions de procédures de saisie qui sont le fruit d’actes immoraux et d’un système injuste. Sinon, « tant que l’on n’aidera pas les gens dans la précarité à s’en sortir, la situation politique en sera contaminée et notre société secouée jusque dans ses fondements. »

L’absence de représentants politiques tchèques aux JO de Pyeongchang

Milan Štěch et Jiří Kejval à la Maison tchèque à Pyeongchang, photo: ČTKMilan Štěch et Jiří Kejval à la Maison tchèque à Pyeongchang, photo: ČTK L’absence de hauts représentants politiques tchèques à l’ouverture solennelle, ce vendredi 9 février, des Jeux olympique d’hiver de Pyeongchang, auxquels l’ensemble des médias locaux vouent une très grande attention, est un sujet qui a été traité dans l’hebdomadaire Reflex. Rappelant la présence à cet événement sportif de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que de têtes couronnées, il indique :

« Le président Miloš Zeman avait participé aux Jeux olympiques qui se sont tenues à Sotchi, ainsi qu’à ceux qui ont eu lieu à Rio de Janeiro. Cette fois-ci, il sera absent, probablement en raison de ses troubles moteurs. Le Premier ministre Andrej Babiš ne s’est pas rendu lui non plus en Corée du Sud, en dépit d’une invitation officielle. Considérant un séjour aux JO comme étant d’ordre ‘touristique’, il s’est en outre opposé à la présence à cet événement d’autres membres de son cabinet qui l’avaient envisagé. Le chef de la Chambre des députés, Radek Vondráček, qui devait partir à Pyeongchang a à son tour annulé son voyage en raison de ses ‘préoccupations professionnelles’. C’est finalement Milan Štěch, président du Sénat, qui sera sur place pour signer ainsi sa quatrième participation aux Jeux olympiques. »

Le magazine remarque enfin que contrairement à l’approche choisie par la représentation politique tchèque, les représentants de beaucoup de pays pourront profiter de cet événement pour mener différentes négociations.

Quand le groupe IKEA apprenait aux Tchèques le bon goût

Photo: Filip Jandourek, ČRoPhoto: Filip Jandourek, ČRo La dernière édition de l’hebdomadaire Respekt a évoqué le décès d’Ingvar Kamprad, fondateur de la légendaire entreprise suédoise IKEA spécialisée dans la conception et la vente de mobilier et d’objets de décoration. Une occasion pour lui de rappeler également l’implantation du groupe, dès 1991, dans l’ancienne Tchécoslovaquie et l’ouverture de son premier magasin à Prague :

« Le premier magasin d’IKEA ouvert dans la capitale tchèque s’est établi dans un bel édifice de style brutaliste situé non loin du centre-ville. Dans les années 1990, les consommateurs tchèques étaient confrontés, après de longues années de pénurie, à tout un éventail de tentations. La fièvre acheteuse qui a suivi n’a pas forcément profité aux impératifs du bon goût et de la beauté ce qui s’est manifesté également dans le choix des équipements ménagers. Or, c’est au groupe IKEA que revient le mérite d’avoir amené sur le marché postsocialiste tchèque un design de qualité et d’avoir contribué à ce que le consommateur tchèque d’aujourd’hui soit aussi sophistiqué que celui de Suède. Désormais, celui-ci s’est habitué à acheter de belles choses, et pas seulement à IKEA, à construire des maisons inédites, à créer et à exiger un environnement plaisant. »

Ingvar Kamprad, commerçant de génie, aurait ainsi réussi à vendre aux Tchèques non seulement du mobilier, mais aussi un certain bon goût.

Donner ou vendre son sang

Photo: Filip Jandourek, ČRoPhoto: Filip Jandourek, ČRo En Tchéquie, le nombre de volontaires pour le don de sang est en baisse, de près de 50 000 rien qu’au cours des cinq dernières années. C’est ce que signale l’éditorial du quotidien Mladá fronta Dnes de ce jeudi avant de préciser :

 « Dans le pays, on compte aujourd’hui près de 250 000 donateurs, mais pour couvrir les besoins de différents établissements sanitaires, il en faudrait beaucoup plus. Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, les donateurs volontaires devraient représenter près de 4% de l’ensemble de la population d’un pays. Dans le cas de la Tchéquie, il s’agirait de quelque 400 000 personnes. Les hôpitaux ne disposent pas de réserves en cas d’urgence, par exemple lors d’épidémies de grippe, ou en cas d’accidents de masse et autres. »

Cette baisse des donateurs volontaires serait en rapport avec le vieillissement de la population. Il y a effectivement de plus en plus de jeunes qui préfèrent vendre du plasma sanguin à des fins commerciales. Selon le journal, en Tchéquie, la quantité de plasma sanguin prélevé dans des centres commerciaux est jusque cinq fois supérieur à la moyenne européenne.