Le miroir de la société Plzen sera la capitale européenne de la culture 2015
Fini le suspens. C’est la ville de Plzen et non la ville d’Ostrava qui portera en République tchèque le titre de capitale européenne 2015. Nous avons été présents, mercredi après-midi, au ministère de la Culture, lorsque le verdict est tombé.
Photo: CTK
Pleurs de joie, pleurs de déception. Les émotions des représentants des
deux camps, ceux de Plzen et d’Ostrava, ont été très fortes lorsque la
décision a été annoncée par Robert Scott, chef du jury composé de onze
personnalités du pays et de l’étranger. Nous avons retenu la réaction
d’Yvona Kreuzmannová, directrice du projet Plzen 2015.
« Nous sommes très très heureux, parce qu’on a fait énormément d’efforts, comme jamais auparavant et la ville de Plzen a trouvé un dynamisme extraordinaire au cours des derniers mois. Je dois dire que l’équipe qui s’est créée autour de ce projet est très forte et je suis sûre que la décision est très très bonne pour la ville, pour toute la région et aussi pour la République tchèque ».
Vous avez derrière vous un travail énorme, vous avez un plus grand travail encore, devant vous, jusqu’à 2015…
Yvona Kreuzmannová « Bien sûr, puisque c’est un processus, c’est quelque chose qu’il
faut développer lentement, avec la participation du public, mais aussi au
niveau européen. Je suis vraiment ravie qu’on peut commencer tout de
suite et qu’on peut développer la coopération avec la ville de Mons,
capitale belge de la culture 2015. On va développer les choses le mieux
possible et j’espère que nous allons aussi coopérer avec les villes qui
vont venir. C’est Marseille qui nous a énormément inspiré, ainsi que
d’autres villes »
Quels sont les points forts de votre projet qui auraient particulièrement séduit le jury ?
Photo: CTK « Je pense que ce qui était le plus fort, c’était notre vision du
monde, un monde plus humain, plus ouvert. Un monde qui laisse un peu à
côté les valeurs matérielles et qui met l’accent sur les choses qui
sont nécessaires pour le développement de la société, c’est notre
cœur, ce sont nos émotions, ce sont donc les valeurs qui sont
complètement différentes des aspects de la consommation, des choses
commerciales etc. On a travaillé avec des penseurs, des historiens, des
philosophes et on va sûrement inviter dans le projet les personnalités
comme Kundera, Rupnik, Havel. On veut créer aussi un monde de pensées
fortes ».
Quelle coopération avec la ville de Mons envisagez-vous ?
Mons « Nous avons plusieurs formes de coopération. Au niveau de la
programmation, un collègue belge sera membre de notre comité artistique,
on va donc créer des projets artistiques ensemble, mais on veut aussi
coopérer sur la communication et l’évaluation. Les technologies et les
arts, voilà le sujet que l’on a mis aussi dans notre projet, il y a en
effet beaucoup de possibilités ».
Vous êtes parfaitement francophone. Est-ce que la francophonie sera mise en valeur dans votre projet ?
« Bien sûr, parce que la francophonie fait partie de Plzen, on y trouve une Alliance française qui y fonctionne depuis de longues années. On est là et on est prêt ».
Vous n’avez connu le verdict qu’au moment où il a été prononcé, n’est-ce pas ?
Plzeň, photo: CzechTourism « Vous ne pouvez pas imaginer la tension de toute l’équipe et en même
temps l’enthousiasme qui a créé l’atmosphère très forte, pour notre
présentation et aussi pour toutes les questions auxquelles nous avons dû
répondre ».
Située à près de 100 km de Prague, Plzen est le chef-lieu de la Bohême occidentale. Connue notamment comme une « ville de la bière » qui a donné son nom à une des marques mondialement reconnue, elle veut désormais s’imposer, aussi, comme une ville de culture et de création, comme une ville ouverte à l’Europe. « Plzen, open up » est d’ailleurs le slogan qu’elle a choisi pour sa candidature.
Choisir l’un des deux candidats tchèques qui se joindra à la ville belge de Mons qui avait déjà été sélectionnée auparavant, semble avoir pourtant été difficile. Le résultat très serré, six voix contre cinq, en est une preuve. C’est ce que nous a confirmé Mme Olga Poivre d’Arvor, membre du jury international.
Olga Poivre d’Arvor « Cette fois-ci, c’était vraiment très très difficile, parce que les
deux villes avaient la candidature absolument parfaite, chaque ville étant
différente, dans un contexte différent, de différente taille, mais ayant
un projet fantastique. Ostrava et Plzen aussi. Et puis, dans les décisions
de ce genre, il faut s’en tenir aux critères de l’Union européenne et
nous avons travaillé d’une manière pragmatique, c’est-à-dire, nous
avons observé les critères et le candidat qui était plus près ou plus
loin du but qui a été dit. «
Quels sont d’après vous les principaux atouts du projet de la ville de Plzen qui a gagné ?
Plzeň « C’est aussi, entre autres, l’ouverture et la dimension européenne
qui parfois est très mal comprise par les candidats pour la ville
européenne de la culture. Il y a parfois des malentendus dans
l’interprétation de cette dimension. Peut-être c’est là, mais il y a
d’autres points où l’équipe de Plzen était plus près des critères. »
Est-ce que la visite des deux villes a pu jouer finalement, aussi, un certain rôle ?
« Certainement, parce que ça nous a donné une idée claire, nous avons visité les lieux, nous avons fait connaissance des équipes ce qui est déterminant pour la réussite d’un projet de cette ampleur ».
Que signifiera ce titre pour la ville de Plzen ?
« Je pense que cela leur donnera encore de l’énergie et de l’enthousiasme qui est déjà là, mais l’énergie va croître et puis, ça leur aidera à s’ouvrir davantage, parce qu’ils ont des projets qui vont dans ce sens là. Pour la ville qui reçoit ce titre, c’est toujours encourageant. Et c’est le point de départ seulement. Et le reste, c’est à faire. Et puis, c’est une autre question, parce que la Commission européenne suit de près le travail de la ville qui obtient le titre. Donc, ce n’est que le début, maintenant. »
Robert Scott, photo: CTK
Le verdict rendu par le jury international ne demeure toutefois qu’une
simple recommandation communiquée au ministre de la Culture. A lui par la
suite de faire part de sa décision définitive à l’Union européenne.
Ceci dit, comme M. Robert Scott l’a rappelé à Prague, il n’est encore
jamais arrivé dans le passé qu’un ministre ne respecte pas cette
recommandation… A Plzen donc de jubiler.






