Les perspectives économiques pour l’année 2018

Quels sont les facteurs qui peuvent avoir un impact sur l’évolution économique à venir de la République tchèque, au moment où les conditions sont particulièrement favorables ? Une tentative de réponse dans cette nouvelle revue de presse. Celle-ci propose également les grandes lignes de deux textes qui se penchent sur les différents aspects des relations qui existent entre les Tchèques et les Slovaques, 25 ans après la partition de l’ancienne Tchécoslovaquie. Le manque de chauffeurs professionnels qui va s’approfondissant est un autre sujet qui y sera également traité.

Photo illustrative: wagg66 / freeimagesPhoto illustrative: wagg66 / freeimages La situation économique de la République tchèque est en ce moment particulièrement favorable. Une croissance rapide, une stabilité macroéconomique intérieure et extérieure solide et un secteur financier sain. Autant d’atouts qui sont attribués à l’économie tchèque, en ce début de la nouvelle année. Cette tendance se poursuivra-t-elle aussi au cours de l’année 2018? Une analyse publiée dans le quotidien économique Hospodářské noviny indique :

« L’économie tchèque dépendant dans une grande mesure des exportations, c’est l’évolution sur la scène internationale qui sera décisive pour elle. A retenir dans ce contexte notamment les négociations sur le brexit, les élections en Italie, les nouvelles démarches de la Banque centrale européenne ou encore la fièvre liée au bitcoin. Les événements à attendre prochainement sur la scène politique locale pourront également avoir une grande influence sur l’économie locale. Même si leur impact sur l’évolution économique du pays n’est pas immédiat, il pourra se manifester fortement dans les années à venir. »

Le cabinet d’Andrej Babiš obtiendra-t-il la confiance ou doit-on s’attendre à des élections anticipées ? Une réforme du système des pensions de retraite sera-t-elle mise en valeur ? Le gouvernement voudra-t-il orienter l’économie tchèque vers des innovations ? Telles sont quelques-unes des questions qu’il y a lieu d’évoquer, en rapport avec les perspectives économiques du pays. Pour l’auteur de ce texte, savoir poser des questions justes est effectivement plus important que de chercher des réponses claires.

Les Tchèques et les Slovaques plus proches que jamais

La partition de la Tchécoslovaquie survenue il y a 25 ans de cela semble être une démarche juste, mais seules les 25 prochaines années pourront éventuellement confirmer la justesse d’un tel constat. C’est ce que l’on peut lire en introduction d’un texte publié dans l’hebdomadaire Respekt qui offre à ce propos le regard d’un journaliste qui partage sa vie, professionnelle et privée, entre la République tchèque et la Slovaquie ce qui lui a permis d’observer :

« Les vingt-cinq années écoulées ont représenté la meilleure période dans l’histoire des deux nations. Les Tchèques et les Slovaques n’ont encore jamais mieux vécu et, de même, ils ne se sont encore jamais à ce point aimés comme on peut le voir aujourd’hui. Il se peut qu’en Europe et même dans le monde entier, on ne trouve pas deux autres nations voisines à maintenir des relations mutuelles si cordiales, renforcées encore davantage par la partition de leur Etat commun. Il s’agit-là d’un phénomène hors du commun appelé à confirmer le bienfondé de leur séparation. »

Mais, comme le souligne l’auteur de ce texte, on ne saurait oublier que durant la période écoulée, le cours de l’histoire a été pour les deux nations très favorable. La Tchécoslovaquie a éclaté au moment où l’Europe regardait vers l’avenir avec espoir et avec aplomb, voilà pourquoi elle a accueilli de bon gré les deux nouveaux petits Etats de l’Europe centrale. Aujourd’hui, le climat en Europe, marqué par l’incertitude qui plane sur l’avenir de l’Union européenne, est entièrement différent. Or, face à d’éventuelles menaces et turbulences que les prochaines années risquent d’apporter, beaucoup suggèrent qu’un Etat commun des Tchèques et des Slovaques aurait été à même de garantir aux deux nations une plus grande capacité de résistance. Et l’éditorialiste de conclure :

« La leçon la plus intéressante que l’on peut tirer de l’évolution des 25 dernières années c’est que tout en étant fugaces, les Etats et leurs idées peuvent survivre sous une forme différente. L’idée d’une nation tchécoslovaque unie défendue par Tomáš Garrigue Masaryk est révolue. Elle a tout de même survécu sous une autre forme, grâce à une relation exceptionnellement forte entre les Tchèques et les Slovaques ».

Une comparaison sans confrontation

Photo illustrative: Štěpánka BudkováPhoto illustrative: Štěpánka Budková Les Tchèques et les Slovaques sont comme des frères et soeurs qui sont très proches mais dont les chemins ont nécessairement fini par diverger. Une observation faite par l’auteur d’un texte publié dans l’hebdomadaire Ekonom qui se penche sur la comparaison de certains aspects des chemins parcourus par les deux pays depuis la partition de l’ancienne Tchécoslovaquie :

« Beaucoup de Tchèques ont pensé qu’après le divorce à l’amiable, les Slovaques allaient vivre assez mal. Mais il s’avère que de telles craintes n’étaient pas justifiées. Dans bien des domaines, la Slovaquie a rattrapé sinon devancé la République tchèque. Les économistes mettent dans ce contexte en relief les effets positifs des réformes libérales réalisées au début des années 2000 par le Premier ministre slovaque Mikuláš Dzurinda, ainsi que ceux de l’entrée de la Slovaquie dans la zone euro. »

L’hebdomadaire Ekonom rappelle en outre que les économies des deux pays ont beaucoup de traits communs. Leurs politiques énergétiques sont orientées vers des centrales nucléaires, tandis que leurs industries s’appuient sur la production automobile. En ce qui concerne la volonté des habitants des deux pays de se déplacer pour des raisons professionnelles, il précise :

« Les Tchèques sont en général plus sédentaires et beaucoup moins prêts que les Slovaques à se déplacer ou à déménager pour aller vivre et travailleur loin de chez eux. Le fait qu’il y ait aujourd’hui près de 160 000 Slovaques établis en Tchéquie comparé à près de 5 000 Tchèques seulement qui vivent en Slovaquie en dit long d’ailleurs. Les Slovaques diplômés font valoir leurs compétences en Tchéquie notamment dans des domaines comme la médecine et l’informatique. D’autres travaillent dans le bâtiment et dans la restauration. »

En guise d’illustration, le journal indique également qu’il y a à l’heure actuelle près de deux millions et demi de ressortissants tchèques qui vivent à l’étranger, le nombre de Slovaques étant évalué à près de 2,2 millions. Le tout dans une situation où le nombre d’habitants de la République tchèque est le double de ce que compte la population de la Slovaquie.

La Tchéquie en manque de chauffeurs professionnels

Photo: ČT24Photo: ČT24 D’après les récentes évaluations des acteurs responsables des transports, la République tchèque serait en manque de 10 à 15 000 chauffeurs pour l’ensemble des types de véhicules. Il s’agit là d’une tendance qui n’a de cesse de s’approfondir et qui risque de déboucher sur une crise grave. Ce sujet a été traité dans un article mis en ligne sur le site aktualne.cz qui a rapporté :

« Chaque année, on voit partir entre 3000 et 4000 chauffeurs, les uns partant à la retraite, d’autres préférant choisir un autre emploi. Trouver des remplaçants s’avère à l’heure actuelle difficile sinon impossible. Ainsi, vers la fin de l’année écoulée, les agences de travail proposaient près de 9 000 postes aux chauffeurs de bus, de trolleybus, de camions et de tracteurs routiers. Ce manque se fait d’ores et déjà sentir dans certaines grandes villes. Prague, par exemple, est en manque de quelque 8% des chauffeurs de trams ce qui se traduit par la prolongation de leurs intervalles et l’établissement, au cours du mois de janvier, d’un régime de vacances. Une situation analogue existe aussi dans les villes de Brno et d’Ostrava. »

L’amélioration des conditions salariales qui est réclamée par les syndicats semble être une des voies sûres menant vers la solution de la crise dans ce domaine. Variant d’une région à l’autre, le salaire moyen d’un chauffeur professionnel se situe aujourd’hui autour de 30 000 couronnes par mois, l’équivalent de près de 1 200 euros.