Les médias publics dans le viseur des partis politiques

L’intérêt des partis politiques pour les médias et les pour et les contre des référendums sont les deux premiers sujets qui seront traités dans cette nouvelle revue de la presse tchèque. Autres thèmes d’actualité : les forêts tchèques agressées par les scolytes et les retombées de la robotisation.

Photo: Eva Odstrčilová, ČRoPhoto: Eva Odstrčilová, ČRo Les partis politiques représentés à la Chambre des députés nouvellement constituée pourront avoir une influence importante sur la Télévision publique tchèque qui, de par sa définition, est appelée à demeurer indépendante. Aujourd’hui, ce sont le mouvement ANO, le parti Liberté et Démocratie directe (SPD) et le Parti communiste (KSČM) qui formulent les plus graves critiques sur son fonctionnement. Ensemble, ils représentent une force en mesure d’imposer les changements qui leur conviennent. Explication sur le site echo24.cz :

« Vainqueur des élections, le mouvement ANO accuse la Télévision publique d’être corrompue et de diffuser des informations et des reportages dépourvus d’objectivité. Les communistes, eux non plus, ne sont pas vraiment satisfaits du travail des médias publics. Le parti d’extrême-droite SPD, qui a récolté 10 % des suffrages aux élections législatives, va plus loin encore. Son chef Tomio Okamura déclare vouloir étatiser l’ensemble des médias publics au prétexte de leur mauvaise situation économique. »

Il existe des moyens pour parvenir à ces fins. Tous les ans, par exemple, la Télévision tchèque soumet deux rapports à la Chambre des députés. Si ceux-ci sont rejetés à deux reprises, la chambre basse du Parlement est autorisée à révoquer l’ensemble des membres du Conseil chargé du contrôle de la Télévision tchèque. Une éventualité qui n’est pas à exclure. Selon le site echo24.cz, les trois partis cités précédemment seraient en effet prêts à coopérer et à trouver un consensus. Ils en ont déjà fait preuve sur le sol parlementaire en votant ensemble pour certaines questions.

L’opinion publique face à la presse

Photo illustrative: Filip Jandourek, ČRoPhoto illustrative: Filip Jandourek, ČRo L’image de la presse auprès de la population tchèque est aujourd’hui plus mauvaise que jamais. C’est ce que révèlent les dernières données issues de l’Agence de recherche de l’opinion publique. Le journal internet Deník Referendum indique à ce propos :

« La confiance des Tchèques dans les médias est en baisse depuis déjà le milieu des années 1990. Cette tendance n’est pas en rapport avec l’âge, le niveau de formation ou le niveau de vie. Elle est causée, en partie, par le développement de nouvelles technologies de communication qui affaiblissent l’influence des grands médias établis. Aujourd’hui, cette approche négative semble s’inscrire dans le climat au sein de la société marqué par le rejet radical de tout ce qui paraît faire partie de ‘l’establishment’ lié à l’évolution d’après Novembre 1989. Les dernières élections législatives en ont d’ailleurs donné un témoignage éloquent. »

D’après les sociologues cités dans cet article, la méfiance à l’égard des médias qui diffusent informations, commentaires et analyses ne va pas s’amoindrir avec les années.

La démocratie directe – une question d’actualité

Photo illustrative: Jeroen van Oostrom / FreeDigitalPhotos.netPhoto illustrative: Jeroen van Oostrom / FreeDigitalPhotos.net Le monde se soumet à la magie de la démocratie directe. Une analyse publiée à ce sujet dans la dernière édition de l’hebdomadaire Respekt constate que les consultations populaires concernant toutes sortes de questions d’ordre politique sont de plus en plus populaires. En Europe, elles se tiennent aujourd’hui trois fois plus souvent que dans les années 1970. Aux Etats-Unis et au Canada, elles sont positivement appréciées par une grande majorité de la population. Beaucoup d’autres voix prétendent cependant qu’un référendum général risque de devenir une menace mortelle pour la démocratie. L’auteur de cette analyse constate :

« Les arguments des partisans et des adversaires du référendum général ont les uns et les autres des arguments de taille bien fondés et il n’est donc pas possible de trancher entre ces deux convictions. Un référendum est ni plus ni moins qu’un instrument et tout dépend de la manière dont il est, et aussi par qui, utilisé. Autrement dit, un référendum peut être utilisé par des gouvernements démocratiques qui ont des intentions tantôt tout à fait honnêtes tantôt insidieuses, comme on a pu le voir, par exemple, récemment en Catalogne... Le débat mené à ce sujet devrait prioritairement définir les questions qui sont censées devenir l’objet d’un référendum. Aujourd’hui, on assiste à un changement de cours. Tandis qu’avant l’émergence d’une nouvelle vague de référendums, ces derniers concernaient presque toujours des affaires internes, compréhensibles pour l’opinion publique, aujourd’hui, ils commencent à se rapporter aussi à des questions complexes de politique étrangère. »

La question de la mise en valeur d’un référendum général est maintenant d’actualité également en République tchèque. Sur la scène politique locale, cette idée est soutenue notamment par les communistes et le parti SPD, tandis que d’autres, comme les sociaux-démocrates, les Pirates ou le mouvement ANO, ont une position mitigée sur le sujet. Pour qu’un tel référendum puisse avoir lieu, le Parlement devrait adopter une loi constitutionnelle spéciale.

Ces scolytes qui ravagent les forêts tchèques

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková En raison de la prolifération des scolytes, les forêts tchèques risquent d’être confrontées à une calamité jamais vue ces cent dernières années. Par ailleurs, de l’avis d’experts, l’état des forêts tchèques est un des plus déplorables en Europe centrale. C’est ce que rapporte l’éditorial de l’édition de mercredi du quotidien Lidové noviny :

« Selon les évaluations qui découlent du rapport soumis en septembre dernier par le ministère de l’Agriculture, il y a jusqu’à six millions de mètres cubes de bois d’épicéa qui seront probablement attaqués par ces insectes nuisibles. Cela représente près de la moitié du volume annuel de l’ensemble de la récolte de bois de conifères dans le pays. Les pertes liées à la vente du bois atteindront alors au moins trois milliards de couronnes. C’est l’épicéa, un arbre qui n’est pas très stable et qui est alors très sensible aux effets négatifs, qui est en Tchéquie le plus répandu. Le scolyte attaque notamment dans le nord de la Moravie, dans la région de Vysočina et dans le sud de la Bohême. Outre le scolyte, il y aussi la présence de l’armillaire, un champignon qui parasite et affaiblit les arbres, qui accentue les effets nuisibles ».

Selon le texte publié dans le quotidien Lidové noviny, les causes de cet état sont multiples. A noter d’abord les changements climatiques qui sont à l’origine de longues périodes de sécheresse et de l’augmentation des températures. L’économie forestière en est aussi dans une grande mesure responsable. C’est sous la contrainte des impératifs industriels que les épicéas ont été fréquemment plantés dans des endroits qui ne correspondaient pas à leur milieu naturel. Une transformation radicale de la gestion forestière misant sur une plus grande variété de conifères dans les forêts est donc une solution sur laquelle les experts environnementaux insistent.

La robotisation et ses probables retombées

Photo illustrative: Miloš TurekPhoto illustrative: Miloš Turek La robotisation qui fera disparaître des dizaines de milliers d’emplois touchera en premier lieu les diplômés universitaires, beaucoup moins en revanche la classe ouvrière. C’est ce que prétend l’économiste David Vávra dans un entretien pour le quotidien économique Hospodářské noviny, dans lequel il affirme également :

« La robotisation ne touchera que très peu des professions comme par exemple celles de serrurier ou de plombier, car on ne saurait imaginer que ces travailleurs soient remplacés par des robots. D’un autre côté, je crains que ce soient les classes moyenne et moyenne supérieure qui soient les plus touchées. J’entends par là par exemple les fonctionnaires ou les employés des banques. Si la robotisation devait tout de même avoir des retombées graves sur les professions ouvrières, ce qui est à mon sens peu probable, les possibilités d’adaptation des travailleurs manuels à un autre travail s’annoncent assez bonnes. Toutefois, les retombées sociales sur la classe des jeunes diplômés universitaires dont beaucoup ont à rembourser des emprunts constituent une nouvelle dimension du problème que l’on n’a pas encore suffisamment étudiée. »

Dans notre pays, la robotisation avancera continuellement, par étapes, estime l’économiste interrogé, une grande partie du processus de production étant déjà hautement automatisée.