La droite dans l’opposition : une position difficile

La Chambre des députés nouvellement constituée semble plus émiettée que jamais. Nous vous en dirons plus dans cette nouvelle revue de presse qui vous offrira également une réponse à la question de savoir pourquoi il n’y a aucune femme parmi les neuf candidats présidentiels. Ensuite, on s’intéressera à un bilan du cabinet sortant de Bohuslav Sobotka et à un regard sur les démarches concernant la précarité du logement. Quelques mots enfin au sujet des jeunes mères qui préfèrent laisser leur compagnon s’occuper de leurs enfants.

La Chambre des députés nouvellement constituée, photo: ČTKLa Chambre des députés nouvellement constituée, photo: ČTK Le dit Bloc démocratique, composé de quatre partis de droite, l’ODS, les chrétiens-démocrates (KDU-ČSL), TOP 09 et le mouvement des maires et indépendants (STAN), devrait jouer un rôle marginal à la Chambre des députés. En effet, sur la totalité de 200 députés, il n’en compte que 48. C’est ce qui ressort d’une analyse publiée sur le site de l’hebdomadaire Reflex alors que se déroule la session inaugurale de la chambre et que Radek Vondráček, du mouvement ANO, a été élu mercredi à sa tête. La position de cette coalition de droite dans l’opposition sera alors on ne peut plus difficile, selon l’auteur de cet article. Il poursuit :

« Le problème concernant le Bloc démocratique, c’est que les revendications qu’il voudra proposer risquent d’être balayées par le mouvement ANO, les communistes et le parti populiste et xénophobe SPD, une alliance qui semble s’être tacitement dessinée à la Chambre des députés. Par ailleurs, le Bloc démocratique ne pourra pas influencer, ou très peu, deux questions qui sont pour la République tchèque essentielles. Celle d’abord de savoir si le prochain gouvernement d’Andrej Babiš obtiendra la confiance et celle concernant la nouvelle levée de l’immunité parlementaire de ce dernier et de sa main droite, Jaroslav Faltýnek, accusés tous les deux dans une affaire de fraude aux subventions européennes. »

Le texte indique enfin que la Chambre des députés est particulièrement émiettée. Pour cette raison, lors de nombreux votes, on pourra s’attendre à la création de coalitions aléatoires qui, finalement, profiteront à Andrej Babiš, car il est le seul à pouvoir négocier des contreparties sur tel ou tel sujet.

L’élection présidentielle : pas de candidate féminine

Photo illustrative: a454 / FreeDigitalPhotos.netPhoto illustrative: a454 / FreeDigitalPhotos.net Comment expliquer le fait qu’il n’y a aucune femme parmi les neuf candidats à la prochaine élection présidentielle prévue en Tchéquie pour le mois de janvier prochain ? L’hebdomadaire Respekt a posé la question à quatre représentantes de différents domaines de la vie publique. Deux d’entre elles, une sociologue et une activiste, considèrent que tout ce qui se rapporte à cette élection reflète la situation au sein de la société ou encore qu’elle témoigne d’une certaine résignation sociale et politique. L’absence des femmes serait alors une des caractéristiques les plus flagrantes de cette situation. Et voici une des explications apportées dans ce contexte :

« En Tchéquie, on trouve beaucoup de femmes remarquables qui font preuve de grandes qualités. Mais elles n’ont pas assez de volonté de s’engager dans un milieu majoritairement masculin. En outre, beaucoup d’entre elles redoutent le sexisme qui prédomine dans l’opinion publique. Or, la nécessité de déployer de grands efforts pour prouver que les capacités n’ont rien à voir avec le genre s’avère pour elles trop fatiguant et frustrant. »

Dans cette mini-enquête, on peut lire également que ce qui paraît plus inquiétant encore que l’absence des femmes parmi les candidats présidentiels, c’est le fait que la Chambre des députés nouvellement constituée ne fait pas apparaître une nouvelle génération de femmes politiciennes.

Le cabinet sortant : un bilan positif

Vladimír Špidla, photo: Filip Jandourek, ČRoVladimír Špidla, photo: Filip Jandourek, ČRo Le site de l’hebdomadaire Respekt a pour sa part publié un entretien avec Vladimír Špidla, le conseiller du Premier ministre social-démocrate Bohuslav Sobotka, pour connaître son appréciation des quatre années au pouvoir de la coalition sortante. Rappelons qu’aux élections législatives du mois d’octobre, ce parti a remporté un très mauvais résultat avec seulement près de 7 % des suffrages. Cet ancien commissaire européen a répondu :

« Ce gouvernement est l’un de ceux qui ont le mieux réussi depuis 1989. Je dirais même qu’il a été le meilleur. Le gouvernement de Petr Pithart avait aussi été bon, car il avait géré avec succès la transition difficile depuis un régime autoritaire vers la démocratie. En ce qui concerne les succès à mettre sur le compte du gouvernement Sobotka, il faut souligner un taux de chômage particulièrement bas, une très bonne condition économique, l’augmentation des salaires et des retraites, la diminution de la criminalité. A noter aussi que nous avons de bonnes relations avec nos voisins. Tout ce qui peut être mesuré présente donc des résultats excellents ou au moins satisfaisants. »

Un sentiment général d’incertitude ; d’après Vladimír Špidla, c’est ce qui caractérise, en dépit du précédent constat, le climat au sein de la société tchèque. Il l’explique par l’existence de phénomènes nouveaux comme la numérisation, l’intelligence artificielle ou la mondialisation. Dans ce contexte, à force de perdre leurs certitudes, les gens se détournent des partis classiques en attendant un messie qui pourra les sauver. Ceci dit, Vladimír Špidla admet qu’il n’arrive pas à parvenir à une interprétation raisonnable de la situation présente dans la société tchèque.

Des logements pour tous ?

Photo illustrative: ČT24Photo illustrative: ČT24 L’année dernière, le gouvernement a déclaré sa volonté de respecter son engagement à l’égard de l’Union européenne consistant à offrir d’ici l’an 2020 des logements standards à près de six milles familles qui vivent avec leurs enfants dans des centres d’hébergement. Un engagement qui s’annonce difficile, car à ce jour, il n’a pas réussi à imposer une loi sur le logement social. Un sujet traité dans le journal internet Deník Referendum :

« Les sans-abri, les personnes qui vivent dans des centres d’hébergement ou d’asile. En République tchèque, il y a deux cents mille personnes qui sont touchées par la précarité du logement, un nombre impressionnant qui ne cesse d’ailleurs de croître. L’augmentation du prix de l’immobilier n’est que l’une des causes de cette situation. Une législation concernant le logement social faisant défaut, le gouvernement, de concert avec les communes, cherche désormais des inspirations auprès d’experts étrangers. Tel était aussi le but d’une conférence internationale qui s’est tenue récemment à Prague et lors de laquelle des experts de Finlande, de France et des Etats-Unis ont présenté leurs stratégies et recommandations. »

Avec un projet pilote impliquant une cinquantaine de familles menacées, c’est la ville de Brno qui semble avoir tiré le meilleur parti de ces expériences internationales. Le but du projet est d’aider les familles qui peinent à payer leur loyer à conserver leur logement.

Ces mamans qui quittent le foyer

Photo illustrative: Pixabay, CC0Photo illustrative: Pixabay, CC0 Un texte mis en ligne sur le site aktuálně.cz se penche sur un phénomène qui semble être aujourd’hui plus répandu que jamais, mais auquel pourtant la société ne prête que peu d’attention. Il concerne ces jeunes mères qui, à un certain moment, décident de quitter non seulement leur mari mais aussi leurs enfants pour aller vivre seules ou mener une nouvelle vie. L’auteur de l’article écrit :

« Lorsqu’il y dix ans, une jeune femme, actrice connue et mère de trois enfants en âge d’aller à l’école, a soudainement quitté son foyer pour aller vivre seule afin de pouvoir mieux s’occuper d’elle-même, son acte a été généralement très mal perçu. Si, à l’époque, il s’agissait d’un cas isolé, aujourd’hui une telle décision n’étonne guère. Cette tendance touche en premier lieu la génération des femmes qui sont nées dans les années 1980. Une fois divorcées, ces femmes déménagent d’habitude dans un studio ou dans un petit appartement, tantôt pour pouvoir enfin ‘vivre’ ou pour retrouver du calme, tantôt pour trouver un équilibre ou pour explorer leur for intérieur. Leurs enfants, elles préfèrent les voir sporadiquement, et c’est à leur mari ou conjoint de s’en occuper. »

Illustrant cette tendance par de nombreux exemples tirés de son entourage, l’auteure de l’article mis en ligne sur le site aktuálně.cz remarque qu’il s’agit d’un phénomène aussi intéressant que dangereux. Comme tel il mériterait une étude approfondie. Et de conclure :

« Nous vivons à une époque spéciale où chaque personne peut choisir librement le modèle de vie qui lui convient le plus. Or, il faut se demander pour quelle raison c’est justement ce modèle-là qui plaît tant à un certain nombre de mamans tchèques. »