Le miroir de la société La chance d‘étudier le tchèque à Prague avec des étudiants venus du monde entier
Etudier à Prague et apprendre le tchèque – un défi difficile ou un plaisir pour un étudiant ou une étudiante venus d’un pays étranger? Je vous propose un témoignage de Juliet Christmann, une jeune Française que j’ai rencontrée, récemment, à Prague.
«Prague est une vile magnifique. Ce qui m’a motivé d’y venir c’est
d’apprendre la langue et de découvrir la culture de la République
tchèque. Je suis également attachée à l’histoire du pays. J’ai
étudié particulièrement la dissidence tchèque contre les nazis et la
dissidence tchèque contre les communistes. Je suis vraiment très
attachée à ce sujet et je voulais venir ici pour étudier plus
précisément tous ces sujets de l’histoire… Mes études en France,
c’est Sciences Po Paris, mais je suis à Dijon, car il y a des cycles
délocalisés. A Dijon, on a une spécificité qui est l’étude de
l’Europe centrale et orientale. On travaille donc beaucoup sur l’Union
européenne, on travaille beaucoup sur la transition politique des pays
ex-communistes, on travaille beaucoup sur la géographie et l’histoire et
l’économie de l’Europe. Mais ce qui est surtout intéressant, c’est
la continuité entre les deux dissidences, et de voir que le résultat de
tout cela est une culture politique particulière qui est ici, avec une
conception particulière de la liberté qui est beaucoup plus riche, la
liberté individuelle, la dignité humaine, qui est très différente à
l’Ouest, je trouve. Il est très intéressant de voir les sources de
cette philosophie qui est différente ».
Est-ce un sujet que vous aimeriez développer pendant votre séjour à Prague, dans quelques mois, dans le cadre du programme Erasmus ?
« Ce qui m’intéresse en tout premier lieu c’est la philosophie et l’histoire en général de la République tchèque. J’espère pouvoir travailler plus en détail sur ces sujets qui me tiennent à coeur. Ce qui me manque beaucoup et ce qui m’intéresse, c’est l’étude de la philosophie d’Europe centrale… J’espère pouvoir prendre des cours en tchèque. Mais pour assurer mes crédits pour les examens, je vais prendre des cours surtout en anglais. Et peut-être, dans le prochain semestre, je pourrai faire tous les cours en tchèque. »
Vous apprenez déjà le tchèque…
« Je l’apprends depuis un an et demi et on avait huit heures de cours par semaine intensifs avec un professeur tchèque, la première année, et cette année, on a cinq heures. On progresse doucement. Le mieux, c’est de venir ici et de parler avec des Tchèques. Le plus difficile en tchèque est la prononciation. Essayez par exemple de dire « skříň », c’est vraiment difficile pour un Français. Mais ça s’apprend, c’est un entraînement. «
D’où votre intérêt pour la République tchèque, pour la langue tchèque ?
« Je pense que j’ai été beaucoup attirée par Prague depuis longtemps. Il y a une légende familiale qui dit que ma grand’mère me lisait des contes tchèques quand j’étais enfant et que c’est ce qui m’a inspiré. Mais ce qui est sûr c’est que je me suis toujours intéressée à l’Europe centrale et orientale et aux pays postcommunistes et parmi ces pays, c’est tout de suite la République tchèque qui m’a attiré le plus, parce que c’est central, parce que c’est Prague, parce que c’est à la croisée des cultures, comme on dit… Prague est très en vogue, ne serait-ce que pour le potentiel économique qui est dans cette ville et parce que c’est une ville qui est magnifique. Les Occidentaux commencent à la découvrir et cela devient vraiment très touristique. C’est mieux ici peut-être en hiver, quand il n’y a pas tellement de touristes ».
« J’étais venue enfant avec mon père et je suis revenue l’été
dernier pour faire un stage linguistique d’un mois à l’Université
Charles ce qui était absolument parfait. Le gouvernement tchèque a payé
pour que des étudiants du monde entier viennent étudier ici ce qui est
vraiment une chose formidable. Et d’apprendre le tchèque avec des gens
qui viennent de Mongolie, de Brésil, de partout en Europe, c’était
vraiment une opportunité géniale. Et en vacances maintenant et en stage
à la Maison de Bourgogne l’été prochain encore et l’année prochaine
en entier, pour de vrai… En été, je suivrai des cours dans le cadre de
la « Letní škola », Ecole d’été, organisés par l’Université
Charles. Il y a des bourses pour les étudiants étrangers qui apprennent
le thèque et ces bourses concernent transports, logement, nourriture et
cours à Prague pendant un mois. C’est des cours qui sont vraiment
excellents, avec des professeurs qui sont excellents et en un mois, je
pense avoir appris plus qu’en un an à Dijon, même avec un professeur
tchèque. C’est peut-être aussi l’environnement qui fait ça et
c’est vraiment une chance que de pouvoir étudier le tchèque avec deux
cents étudiants du monde entier qui ont la même passion pour ce pays».







