Les années d’or du scoutisme tchèque

Cette nouvelle revue de presse s’interroge d’abord la polémique autour des remaniements envisagés de l’hymne national, ainsi que celle se rapportant au changement d’heure sont deux autres sujets traités dans cette rubrique. Il y aura quelques mots enfin au sujet des bas salaires des prêtres tchèques et du boom actuel du scoutisme en Tchéquie.

Des polémiques autour des remaniements envisagés de l’hymne tchèque

L'hymne tchèqueL'hymne tchèque La présentation, la semaine dernière, de plusieurs nouveaux arrangements musicaux de l’hymne national « Où est ma patrie », composés par le compositeur Miloš Bok, a provoqué une forte émotion auprès du public, dans les milieux de la musique et parmi les experts. Elle a également trouvé un large écho dans la presse. Rappelons que ces remaniements qui doivent donner lieu à un large débat ont été initiés notamment par le Comité olympique tchèque. L’auteur d’un article publié dans l’hebdomadaire Reflex a réagi aux nombreuses réactions négatives :

« Si nous voulons nous présenter comme une nation moderne et développée, nous devons dépasser la polémique autour des nouvelles versions de l’hymne national. Il serait dommage de liquider rapidement ce sujet. L’intérêt est aussi de constater que chez nous, contrairement à beaucoup d’autres pays, notre hymne national est assez rarement joué. On peut l’entendre à l’occasion de différents événements sportifs ou de l’investiture présidentielle, elle est aussi sporadiquement diffusée par la Télévision et la Radiodiffusion tchèque. Mais à part cela, rien. Est-ce peu ou est-ce assez ? Voilà aussi une question à discuter. »

L’auteur d’un texte publié dans le quotidien Lidové noviny est plus catégorique. Selon lui, les responsables en charge du sport devraient s’occuper des choses qui leur appartiennent, voilà pourquoi leur initiative en faveur d’une modification de l’hymne national existant serait déplacée... L’hebdomadaire Respekt a consacré à ce sujet plusieurs pages dont voici un bref extrait :

« L’hymne tchèque est calme et apaisant et ce sont des traits qu’il est impossible, par quelque moyen que ce soit, d’effacer de son patrimoine génétique. C’est un chant qui n’est pas destiné à célébrer des victoires, car sa force réside ailleurs. Il encourage à surmonter les défaites. »

L’heure d’été, critiquée mais toujours présente

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Il y a des personnes qui prennent du plaisir à faire du mal aux autres et il y a aussi des personnes qui se plaisent à se faire du mal à elles-mêmes. Et puis, il y a aussi des personnes qui se font du mal et qui en souffrent sans être capables et sans avoir la volonté de s’y opposer. C’est ce qui arrive deux fois par an à un demi-milliard d’habitants de l’Union européenne lors du changement d’heure. C’est ce que l’on pouvait lire dans une note mise en ligne sur le site lidovky.cz au lendemain du passage à l’heure d’été, un des nombreux articles publiés régulièrement à cette occasion. Cette note précise :

« C’est notamment le raccourcissement du temps de sommeil qui est désagréable pour la majorité des gens. Les industriels, les professionnels de l’énergie, les médecins ne défendent pas eux non plus le changement d’heure. Et pourtant, l’heure d’été, cette manière sophistiquée de se faire du mal qui est propre au monde occidental, et pas seulement à celui-ci d’ailleurs, est toujours présente avec nous. C’est très étonnant, car cette invention avait été mise pour la première fois en pratique par l’Allemagne en guerre, il y a déjà 102 ans de cela. »

Pour l’auteur de cette note écrite dans un style léger, le changement d’heure est un non-sens et comme tel il devrait être supprimé. Il faut donc s’interroger si notre société moderne et hautement rationnelle est capable de mettre fin à ce martyre que les gens s’imposent de leur propre gré, comme l’a déjà fait par le passé la Russie.

Les bas salaires des prêtres tchèques

Photo illustrative: Jana ŠustováPhoto illustrative: Jana Šustová En prenant le cas d’un prêtre catholique qui exerce dans une petite commune dans la région de Brno, un texte mise en ligne sur le site aktuálně.cz rapporte que, contrairement à ce que l’on a l’habitude de prétendre, ce ne sont pas les enseignants, mais les prêtres qui sont les diplômés universitaires les moins bien payés en Tchéquie. Au bout de quelques dizaines d’années d’activités pastorales, le curé concerné ne touche que quelque 18 000 couronnes par mois, l’équivalent de près de 700 euros. Le site constate que cet état touche l’ensemble des ecclésiastiques dans le pays et apporte quelques explications :

« Déjà sous le régime communiste, les salaires que l’Etat versait aux prêtres étaient nettement inférieurs à la moyenne nationale. Dans un passé récent, le gel de leurs salaires a été décidé en lien avec la crise économique. Dès l’adoption, en 2013, de la loi sur les restitutions des biens confisqués par le régime communiste, l’Eglise catholique a pu se séparer de l’Etat. Ceci ne lui a pas pourtant jusqu’alors permis de garantir une forte augmentation des salaires de ses salariés du culte. Ainsi, le salaire moyen d’un prêtre tchèque varie aujourd’hui autour de 19 000 couronnes. »

Or, l’Eglise est désormais censée agir de façon à être autosuffisante et capable de payer ses employés. D’après ce que l’on peut lire sur le site aktuálně.cz, les diocèses investissent notamment dans l’immobilier, dans des terrains et les forêts. Ils se consacrent également à des investissements financiers et à des projets d’entreprise. Ils possèdent, par exemple, certaines mini-brasseries.

Les années d’or du scoutisme tchèque

Junák, photo: Frettie, CC BY 3.0Junák, photo: Frettie, CC BY 3.0 Le quotidien Mladá fronta Dnes a cherché à déjouer l’idée préconçue selon laquelle les enfants tchèques passent leurs loisirs uniquement devant des écrans d’ordinateurs ou avec leur téléphone mobile. La preuve, c’est l’augmentation du nombre de nouveaux membres de l’organisation des scouts tchèques, Junák, de quelques 20 000 personnes rien qu’au cours des douze dernières années. Ses responsables vont jusqu’à parler « d’années d’or » du scoutisme tchèque. Le journal rappelle à ce sujet :

« Le scoutisme a été interdit tant sous l’occupation nazie du pays qu’à partir de l’instauration en 1948 du régime communiste. Ces jours-ci, 50 ans se sont écoulés depuis son bref renouvellement pendant le Printemps de Prague de 1968. Ses activités ont été une nouvelle fois interrompues par la normalisation survenue après l’occupation du pays par les troupes des armées du pacte de Varsovie en août 1968 pour être renouvelées après l’année 1989. »

Aujourd’hui, Junák compte près de 60 000 membres dont la majorité sont des enfants et des jeunes de moins de 18 ans. Ses quelque 2 100 divisions qui sont réparties sur l’ensemble du pays organisent chaque année des centaines de colonies de vacances pour enfants. D’après l’auteur du texte publié dans le quotidien Mladá fronta Dnes, les raisons de la popularité croissante du scoutisme en Tchéquie sont multiples. L’activité jouit en premier lieu de la confiance des parents qui eux-mêmes ont vécu une expérience similaire et offre de surcroît un milieu accueillant pour chaque enfant, où la performance n’est pas la priorité.