Le miroir de la société Améliorer l’accès à l’information aux personnes handicapées mentales

25-03-2010 10:29 | Alena Gebertová

Communiquer avec les administrations publiques représente une tâche assez pénible pour tout un chacun. Mais elle l’est beaucoup plus encore pour les personnes souffrant d’un handicap. Trois ONG se sont concertées avec la municipalité du 8ème arrondissement de Prague en vue de mettre sur pied un projet intitulé « Nous aussi, nous sommes des citoyens », dont l’objectif consiste à améliorer l’accueil de personnes handicapées mentales et de personnes souffrant de maladie psychiques.

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Camille LatimierCamille Latimier L’accès à l’information, l’information écrite, mais l’information orale aussi. Tels sont les principaux problèmes que les personnes ayant des problèmes de santé mentales ou encore les personnes âgées, affrontent le plus souvent. Camille Latimier, une des promotrices du projet qui a pour objectif d’améliorer la situation de ces personnes en ce qui concerne leur communication avec les administrations publiques, dirige l’Association de soutien des personnes handicapées mentales. Nous lui avons demandé de bien vouloir comparer la situation qui existe dans ce domaine en Tchéquie, et dans son pays d’origine, la France.

 « Je dois dire qu’il y a beaucoup de difficultés en France aussi. Je me suis un peu inspirée pour ce projet d’une bonne pratique qui vient d’un pays à l’autre et qui est celle d’une association des parents de personnes handicapées et qui a su reconnaître un logo pour les personnes handicapées mentales comme un logo des personnes handicapées. Nous avons travaillé pour faire reconnaître ce logo dans les administrations. Nous organisons des formations pour les personnes qui travaillent dans l’administration. Il s’agit de choisir une personne dans l’administration qui aura ce logo apposé et qui indique aux personnes handicapées mentales et à leurs familles qu’elles peuvent venir ».

Vous-mêmes, vous dirigez l’association d’aide aux personnes handicapées mentales…

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne « J’ai commencé un peu par hasard. J’ai travaillé sur la non discrimination et les droits de l’homme, c’est ma spécialité. J’ai travaillé au niveau européen pendant un certain temps et par ce travail j’ai rencontré le président de l’association tchèque, Ivo Vykydal, qui m’a proposé à un moment donné de prendre la direction de cette association à Prague. Ca fait maintenant six ans que je travaille dans ce milieu ».

Quels sont les problèmes que les personnes handicapées mentales rencontrent le plus souvent ?

 « C’est d’abord l’accès à l’information. On se rend compte que comprendre l’information est tout à fait essentiel. Pour moi, les deux questions principales à l’heure actuelle, ce sont l’éducation, nous nous battons pour une éducation inclusive, ce qui est encore un thème très difficile. Il y a beaucoup de résistance, parce qu’on pense que la qualité de l’enseignement est meilleure en école spéciale qu’en école ordinaire. Notre deuxième cheval de bataille, c’est la question de la capacité juridique des personnes handicapées, afin qu’elles ne soient pas mises automatiquement sous tutelle. C’est un gros problème à l’heure actuelle... Mais il y a des progrès, nous avons une réforme en préparation au ministère de la Justice et nous espérons qu’elle sera bientôt mise en œuvre. »

La réalisation du projet « Nous aussi, nous sommes des citoyens » qui est soutenue par plusieurs bourses européennes, sera d’abord testée par la municipalité du 8ème arrondissement de Prague, avant de s’étendre à d’autres administrations et institutions dans la capitale et à l’échelle nationale.

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