A quand une gauche démocratique authentique?

L'état actuel de la gauche tchèque est le premier sujet traité dans cette nouvelle revue de presse. Elle se penche aussi sur les controverses qui accompagnent généralement les fêtes techno, dont l’une s’est tenue cette semaine dans le nord du pays. Il y sera aussi question des forêts et des problèmes auxquels elles sont confrontées. On a droit ensuite à une brève confession du nouveau chef de l’Etat-major de l’Armée tchèque. Et quelques mots enfin au sujet de l’addiction d’une grande partie des Tchèques aux médicaments.

Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSČM), photo: ČTKLe Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSČM), photo: ČTK « Le crépuscule de la gauche tchèque ». Tel est le titre d’un texte mis en ligne sur le site aktuálně.cz, dans lequel son auteur analyse la situation dans laquelle se trouvent actuellement les partis de gauche présents sur l’échiquier politique national. Il écrit :

« Les deux partis de gauche qui sont représentés au Parlement, le Parti social-démocrate (ČSSD) et le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSČM) sont confrontés à de graves problèmes. C’est presque de justesse qu’ils ont franchi la barre des 5 % des suffrages nécessaires pour entrer à la Chambre basse. Leur état actuel s’inscrit dans le contexte de l’affaiblissement de la gauche dans d’autres pays de l’Europe occidentale, victime des succès qu’elle a remportés dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les efforts des partis de gauche en vue de l’humanisation du capitalisme ont mené à l’édification d’Etats sociaux forts qui ont mis un grand accent sur le respect des droits de l’Homme. L’émergence de la mondialisation a toutefois pris la gauche au dépourvu car, tout en se revendiquant internationaliste, elle est demeurée enfermée dans son cocon national. »

En ce qui concerne les causes tchèques spécifiques de ce qu’il appelle le « crépuscule de la gauche tchèque », l’auteur de ce texte indique entre autre :

« L’âge moyen des membres du parti communiste tourne autour de 75 ans… Le Parti social-démocrate, quant à lui, à la différence des partis de gauche nés dans la plupart des pays de l’ancien bloc communiste, ne s’est pas vu attribuer l’étiquette de la ‘gauche postcommuniste’. Toutefois, ses représentants se sont avérés plus ‘postcommunistes’ qu’authentiquement sociaux-démocrates. De ce fait, tous les essais en vue de la modernisation du parti ont échoué. De plus, au cours des dernières années, le parti semble avoir emprunté le chemin du socialisme national. »

Or, compte tenu du type de profil de leurs leaders, il est clair qu’ils peinent à convaincre les jeunes électeurs de leur capacité à leur proposer quelque chose. D'autant moins, comme le conclut l’auteur du texte publié sur le site aktuálně.cz, qu’ils n’ont quasiment aucune chance de se moderniser. Si une gauche démocratique authentique doit exister en Tchéquie, elle devra être créée indépendamment et en dehors de ces deux partis traditionnels.

L’impuissance face au « terrorisme sonore »

La techno party près de la ville de Liberec, photo: ČTKLa techno party près de la ville de Liberec, photo: ČTK Une fête techno non autorisée qui a eu lieu au début de la semaine près de la ville de Liberec, dans le nord du pays, a inspiré un article publié dans l’édition de ce mercredi du quotidien Lidové noviny sous le titre « Les fans de techno n’ont pas le droit de faire souffrir les autres gens » :

« Source de stress et d’atteinte à la santé, le bruit lié à cette rave party a privé de sommeil les habitants de Liberec et de ses alentours pendant quatre jours. Si les gens étaient exposés à un tel bruit au travail, l’affaire serait traduite devant un tribunal et ils seraient dédommagés. Les pauvres habitants de la Bohême du Nord ne veulent pas de dédommagement, tout ce qu’ils souhaitent, c’est le silence. Une chose que l’Etat n’est pas à même de leur garantir, car la police, impuissante, ne fait que suivre l’événement, pour ne pas intervenir brutalement comme elle l’avait fait par la même occasion il y a treize ans de cela, ce qui lui avait valu à l’époque de nombreuses critiques. Les fans de musique techno se réjouissent, car la liberté l’emporte. Des dizaines de milliers de gens concernés se sentent en revanche indignés, car pour eux, cette liberté est préjudiciable aux autres. »

Le bruit nuit gravement à la santé. Voilà pourquoi il existe des normes et des obligations en vue de protéger la population. Pourtant, elles ne sont pas respectées. Et l’auteur de l’article de conclure :

« Cela se répète chaque année : le tapage des techno parties désespère des habitants, mais il n’y a personne pour trouver une démarche efficace contre ce terrorisme sonore… La situation est mauvaise, car l’Etat demeure passif. Chaque nouvelle fête techno ne fait que favoriser la demande pour un gouvernement ferme sur cette question. »

Le gouvernement appelé à se pencher sur l’état des forêts tchèques

Les monts Beskides, photo: Barbora NěmcováLes monts Beskides, photo: Barbora Němcová L’état des forêts tchèques est très mauvais, voilà pourquoi il faut agir rapidement pour éviter une catastrophe écologique. C’est le message véhiculé par un appel au gouvernement singé de nombreux scientifiques et les écologistes. Le journal en ligne Deník Referendum rapporte à ce sujet :

« Les plus touchés sont les monts Beskides et Jeseníky, situés dans le nord de la Moravie, qui vivent une invasion de dryocoetès jamais vue auparavant. Les épicéas sont les premiers fragilisés. Ils représentent d’ailleurs la moitié de l’ensemble des forêts qui se trouvent dans le pays. Leur état actuel serait le fruit des caprices météorologiques liés au changement climatique et à la pénurie d’eau. D'après les experts, il est désormais nécessaire de changer l’exploitation forestière, de ne pas intervenir dans les processus naturels et de lutter contre la sécheresse. Sinon, la situation qui ne concerne pour l’instant qu’une certaine partie des forêts risque de gagner l’ensemble du territoire. »

Le journal évoque également une campagne menée par le mouvement écologique DUHA pour sauvegarder les forêts, qui invite le gouvernement à agir législativement pour mettre fin au désastre qui les menace.

Aleš Opata et l’imprévisibilité du secteur de la défense

Aleš Opata, photo: Site officiel de l'Armée tchèqueAleš Opata, photo: Site officiel de l'Armée tchèque Avoir une armée moderne, disposant de tous les moyens lui permettant de mener des actions de combat en vue de défendre la République tchèque : telle est l’ambition du nouveau chef de l’Etat-major de l’Armée tchèque Aleš Opata, qui a accordé un entretien au site lidovky.cz. Une occasion également pour lui de définir quelles ont les menaces auxquelles fait face la Tchéquie :

« Aujourd’hui, le milieu sécuritaire et les menaces sont complexes. Il y a quelques années encore, ce milieu était prévisible ce qui n’est plus vrai. En ce qui concerne les menaces, il faut indiquer en premier lieu le terrorisme et les vagues migratoires non régulées qui arrivent en Europe depuis le Proche et le Moyen Orient et depuis l’Afrique. Il faut également tenir compte des intérêts géopolitiques de la Fédération russe et de l’augmentation de ses capacités de combat à la frontière de l’Alliance atlantique, tout comme de la dépendance énergétique ou encore de la prolifération d’armes de destruction massive. D'autres menaces graves sont liées au domaine cybernétique. Or, comme on le sait, les menaces sont désormais hybrides. »

Sensibiliser l’opinion publique sur l’addiction aux médicaments

Photo illustrative: FreeDigitalPhotos.netPhoto illustrative: FreeDigitalPhotos.net L’addiction aux médicaments est aujourd’hui aussi répandue que celle à l’alcool en Tchéquie. Pourtant, le phénomène reste méconnu. C’est ce que signale un texte publié dans le quotidien économique Hospodářské noviny qui précise :

« Il n’existe pas à l’heure actuelle de réseau de centres destinés aux personnes ayant une dépendance aux médicaments psychoactif. Un constat fait dans le texte définissant la stratégie anti-drogue du pays pour les neuf prochaines années et qui recommande la création de centres en nombre suffisant pour soigner ces personnes. L’un des buts est aussi de sensibiliser davantage l’opinion publique sur ce problème grave. Selon les dernières évaluations, près de 900 000 personnes en Tchéquie prennent ce type de médicaments sur le long terme et à des doses importantes. Parmi ces personnes, et surtout lorsqu'il s’agit de la prise de calmants, ce sont les femmes qui prédominent largement. Le nombre de personnes présentant une addiction aux médicaments et hospitalisées chaque année dans des cliniques de psychiatrie varie autour de 2 000. »

D’après les données de l’Institut national de contrôle des médicaments, près de 2,5 millions de boîtes de médicaments hypnotiques et de sédatifs ont été distribués dans les pharmacies tchèques en 2018. A titre de comparaison, le journal Hospodářské noviny indique que cela représente la moitié du volume des ventes de Paralen, la marque de paracétamol la plus populaire en Tchéquie. Les médicaments psychoactifs sont disponibles sur ordonnance mais il est également possible de s’en procurer illégalement sur internet.