25 ans, la rivalité amicale entre Tchèques et Slovaques

Cette nouvelle revue de presse propose d’abord un regard sur le chemin parcouru par la République tchèque et la Slovaquie au cours du quart de siècle qui s’est écoulé depuis leur séparation. La représentation des femmes parmi les candidats pour les prochaines élections législatives et les nouvelles revendications salariales des syndicats : tels sont deux autres sujets qui seront également traités. Cette émission donne aussi quelques précisions en rapport avec les données statistiques européennes qui confirment le goût prononcé des Tchèques pour les excursions et les voyages. Quelques mots enfin au sujet des cantines gratuites destinées à certains groupes d’enfants dans les écoles primaires et dans les maternelles.

Václav Klaus et Vladimír Mečiar, photo: Archives de la ville de BrnoVáclav Klaus et Vladimír Mečiar, photo: Archives de la ville de Brno Ce 26 août, 25 ans se sont écoulés depuis la tenue de la rencontre historique lors de laquelle les chefs des gouvernements tchèque et slovaque de l’époque, Václav Klaus et Vladimír Mečiar, ont signé l’accord sur la partition de la Tchécoslovaquie. Un anniversaire largement évoqué dans les médias cette semaine et qui a offert l’occasion à toutes sortes de réflexions et d’analyses portant sur l’évolution des deux pays, la République tchèque et la Slovaquie, depuis lors. Celle qui a été publiée dans l’édition de ce mercredi du quotidien Mladá fronta Dnes, souligne que la Tchéquie a voulu se séparer de la Slovaquie pour se rapprocher plus rapidement de l’Europe occidentale. Pourtant, c’est son voisin slovaque qui aurait aujourd'hui davantage de chance de prendre ce chemin. L’auteur explique pourquoi :

« Les différents critères de comparaison entre les deux parties de l’ancienne fédération tchécoslovaque montrent que dans nombre de domaines, la Slovaquie se rapproche du niveau de la République tchèque et que, souvent, elle est devant. Ceci en dépit du fait que les bases sur lesquelles s’appuyait la Tchéquie étaient plus solides. La Tchéquie, pays mono-ethnique qui prend la forme d’un Etat artificiel, n’a pas profité de tous les atouts de la séparation vis-à-vis de la partie de la Tchécoslovaquie qui était la moins efficace et la moins développée. »

Comparé aux autres pays de l’Europe centrale, c’est peut-être l’adoption de l’euro qui constitue un succès et un avantage pour la Slovaquie. Le texte publié dans le quotidien Mladá fronta Dnes remarque également que les représentants politiques démocratiques slovaques, toutes orientations confondues, sont « pro-européens ». Ainsi, en dépit du conflit entre la Slovaquie et l’Union européenne sur la question des quotas de réfugiés, le pays affirme clairement sa volonté de faire partie du noyau dur de cette institution. En conclusion, l’auteur de l’analyse observe :

« En dépit de tous ces constats, on ne saurait dire qu’au bout de 25 ans, les Tchèques seraient entièrement perdants dans cette rivalité amicale avec les Slovaques. Il est toutefois vrai que depuis quelques années déjà, la Tchéquie n’est plus un pays capable de servir d’exemple comme elle l’était auparavant. Voilà pourquoi le temps est venu de vouer à la Slovaquie plus d’attention que l’on ne le fait à présent. Ce sont en effet les Slovaques qui peuvent en bien des points donner une leçon et apprendre quelque chose aux Tchèques. Une façon de permettre à ces derniers de s’inspirer de leurs succès et d’éviter leurs erreurs. »

Les élections législatives : légère augmentation du nombre de femmes candidates

Photo: Filip Jandourek, ČRoPhoto: Filip Jandourek, ČRo Il est impossible de prévoir les résultats des élections législatives qui auront lieu en octobre prochain au moment où les partis politiques publient au fur et à mesure les noms de leurs candidats. Selon un texte mis en ligne sur le site du journal internet Deník Referendum, on peut pourtant d’ores et déjà affirmer que du point de vue de la représentation des femmes, on ne peut pas s’attendre à une révolution, même si celle-ci devrait être un peu plus marquante que précédemment. L’auteur du texte précise :

« Les dix plus importants partis politiques qui présentent leurs candidats dans l’ensemble des régions ont mis en tête de liste au total vingt-trois femmes, contre dix-huit aux dernières élections de 2013. Cette augmentation est due en premier lieu au mouvement des maires et les indépendants (STAN). Les pirates, par exemple, n’en n’ont en revanche aucune. La plupart des partis ont nommé en tête de leurs listes entre deux et quatre femmes candidates. En ce qui concerne les six principaux partis politiques, les femmes constituent ainsi près d’un cinquième de l’ensemble de leurs candidats. »

Il s’avère une nouvelle fois qu’il existe dans ce domaine de grandes disparités entre les différents partis. L’auteur de ce texte estime que c’est l’approche des partis qui est déterminant pour le choix des candidats. Or, la participation assez faible des femmes dans la vie politique n’est pas le fruit de leur désintérêt mais, plutôt, d’un manque de volonté de respecter la parité.

Les syndicats pour une augmentation des salaires

Photo: Barbora NěmcováPhoto: Barbora Němcová Une augmentation significative des salaires pour l’ensemble des employés. C’est ce que revendiquent les syndicats tchèques qui s’apprêtent à publier plus de précisions à ce sujet le 14 septembre, à près de cinq semaines des élections législatives. L’éditorial du journal Lidové noviny de ce vendredi écrit à ce propos :

« Cette revendication touche surtout le secteur privé qui emploie près de trois millions de personnes, tandis que la sphère publique n’en emploie que près de 620 000. Un taux de chômage très bas, l’efficacité de l’économie, une main d’œuvre qui demeure bon marché depuis près de vingt-cinq ans, autant d’éléments qui semblent favorables à la concrétisation des revendications des syndicats. »

Comme le veut la tradition, les propositions syndicales sont dénoncées par la Chambre économique, qui défend les intérêts des entreprises et des grands groupes. Selon son porte-parole Miroslav Diro, cité par le journal, « celles-ci n’auraient d’autre raison d’être que d’attirer l’attention vers la simple existence des syndicats, car ce ne sont finalement pas ces derniers mais les employeurs qui décident du montant des salaires de leurs travailleurs ».

Prétendument casaniers, les Tchèques aiment pourtant voyager

Photo: Archives de Radio PraguePhoto: Archives de Radio Prague Les Tchèques aiment se déplacer. En Europe, on ne trouve que les Finlandais à avoir un goût pour le voyage plus prononcé. C’est du moins ce que révèlent les données recueillies et publiées par l’Eurostat. L’hebdomadaire Respekt remarque à ce propos :

« On aime parfois attribuer aux Tchèques un certain côté provincial et casanier. Mais les données statistiques européennes montrent qu’un tel regard est un peu injuste. En ce qui concerne le nombre de voyages effectuées, les Tchèques apparaissent effectivement comme particulièrement actifs, près de 80% d’entre eux ayant en effet l’habitude d’entreprendre au moins un voyage, de courte ou de longue durée, pour des motifs différents que le travail. »

Ceci dit, c’est surtout dans leur propre pays que les Tchèques aiment voyager. S’agissant des voyages à l’étranger, ils se rangent parmi les nations qui les pratiquent un peu moins. D’après l’auteur de l’article publié dans le magazine Respekt, le fait qu’ils préfèrent voyager chez eux serait lié dans une grande mesure à leur intérêt pour leurs résidences secondaires, les chalets et les maisons de campagne. Un phénomène qui est perçu comme étant spécifiquement tchèque. Par ailleurs, selon un sondage de la société Raiffeisenbank, un cinquième de la population possède un tel logement, et ils sont 40% à rêver d’en avoir. L’hebdomadaire rapporte également :

« La priorité que les Tchèques accordent à des déplacements dans le pays serait également en rapport avec la situation sécuritaire dans le monde, laquelle se dégrade. Et c’est pour des raisons d’ordre économique que, par exemple, les retraités tchèques voyagent à l’étranger beaucoup moins que ceux des autres pays, leurs pensions de retraite étant considérablement inférieures à celles que touchent leurs confrères et consœurs dans les pays européens développés. »

La cantine gratuite pour les enfants de familles pauvres

Photo illustrative: ČTPhoto illustrative: ČT Les déjeuners qui sont offerts gratuitement aux enfants issus de familles pauvres dans les écoles primaires et dans les maternelles ont contribué à l’amélioration de leur discipline et de leurs résultats scolaires. C’est ce que constate un texte mis en ligne sur le site idnes.cz, sur la base d’une analyse effectuée par l’agence Median. On y lit :

« Selon les dernières données, près de 20% des enfants tchèques, dont la majorité vivent dans des familles incomplètes, sont menacés par la pauvreté. En République tchèque, il existe deux programmes simultanés en vue de résoudre cette question des cantines gratuites pour ces enfants. Le premier programme opérationnel lancé par le ministère du Travail et des Affaires sociales est destiné aux familles en situation de précarité depuis au moins trois mois. Un autre programme ministériel, qui concerne seulement les écoles primaires, ne détermine pas strictement les conditions de cette aide. »

Le site observe qu’à ce jour, quatre régions se sont inscrites au programme opérationnel. La région de Ústí nad Labem, dans le nord de la Bohême, n’en fait pas partie alors qu’elle compte pourtant un nombre élevé de familles en situation de précarité. L’opinion publique quant à elle soutient largement cette démarche qui permet de garantir l’alimentation des enfants dans le besoin.