Faits et événements WikiLeaks: des équipements stratégiques tchèques auraient pu être livrés à l’Iran
Selon le serveur WikiLeaks une société tchèque aurait livré en Turquie des machines qui auraient pu être inclues dans le programme nucléaire iranien. Cette transaction aurait provoqué une réaction de l’administration américaine.
D’après une dépêche rendue publique par le serveur WikiLeaks et
commentée par Česká televize (Télévision publique tchèque) la
société Kovosvit MAS de la ville de Sezimovo Ústí en Bohême du Sud
aurait livré deux machines d’usinage à la société turque Ak Makina.
Ces centres d’usinage à cinq axes sont utilisables pour la fabrication
d’équipements pour les installations nucléaires. Selon une dépêche
adressée en novembre 2009 à l’Ambassade des Etats-Unis à Prague il
semblerait que la société Ak Makina ne soit qu’un médiateur dans
cette
affaire et que le véritable destinataire de cette livraison soit
l’Iran.
« Nous voulons demander aux autorités tchèques d’ouvrir une
enquête
sur cette activité et d’adopter les mesures qui empêcherait la
société Ak Makina de contourner les mécanismes de contrôle et
d’exporter ces machines d’usinage en Iran, » lisons-nous dans
cette
dépêche citée par le serveur WikiLeaks. Interrogés par Česká
televize, le ministère des Affaires étrangères et le Service de
renseignement BIS ont refusé de commenter cette affaire. L’attaché de
presse du ministère des Affaires étrangères Vít Kolář a déclaré :
Ak Makina
« Je le regrette mais le ministère des Affaires étrangères ne
commente
pas le contenu des communications internes de l’administration
américaine. »
Les rapports annuels du BIS semblent toutefois confirmer l’intérêt de
l’Iran d’acquérir en Tchéquie des équipements pour son programme
nucléaire. Selon ces rapports il existe un réseau mal définissable de
médiateurs qui changent souvent de noms. Les rapports mentionnent aussi
les deux ventes réalisées en 2007.
Kovosvit MAS
Quant aux représentants de Kovosvit MAS, ils affirment cependant que leur
société n’a transgressé aucune loi et que le contrat avec la
société
Ak Makina a obtenu l’autorisation du ministère de l’Industrie et du
Commerce. Le directeur technique de Kovosvit MAS, Vladimír Čížek,
précise le caractère du contrat :
« Dans le contrat commercial mutuel n’est défini, en tant que territoire de vente, que le territoire de Turquie. »
A partir de 2007, le ministère tchèque de l’Industrie et du Commerce a délivré quelque 150 certificats d’autorisation d’exportation de machines vers la Russie, l’Ukraine, la Chine, l’Inde et la Turquie. Selon le porte-parole du ministère Pavel Vlček, cette institution a en effet délivré en 2007 deux certificats d’exportation pour des centres d’usinage 5 axes dont la validité a expiré fin 2007. Et Česká televize d’ajouter qu’il s’agit précisément des deux machines produites par Kovosvit MAS et vendues à Ak Makina. Le représentant de la société turque Ogus Akyus affirme cependant que sa compagnie n’a jamais reçu aucune demande en provenance d’Iran et n’y a jamais rien vendu.
Quoi qu’il en soit, d’après les sources américaines, Ak Makina
aurait collaboré dans le passé avec Shahid Hemat Industrial Group,
producteur iranien de combustible pour missiles balistiques. Le centre
d’usinage 5 axes figure sur la liste du groupe des fournisseurs
d’équipements nucléaires qui font l’objet de l’arrangement de
Wassenaar sur le contrôle des exportations d’armes conventionnelles et
des biens et des technologies à double usage. La République tchèque
fait
partie des signataires de cet arrangement.








