Faits et événements Vente controversée de l'église St-Michel de Prague à une société privée
Des spectacles laser et des concerts techno dans une église ? A Prague, tout est possible. Pendant plusieurs années, la Bibliothèque nationale louait un des ses locaux, l'église St-Michel désacralisée, située à quelques pas de la place de la Vieille-Ville, à la société Michal Praha (Michel Prague) qui l'a métamorphosée en restaurant et lieu de spectacles aux sujets « pseudo-historiques » à la qualité douteuse, destinés principalement à une clientèle étrangère.
Église St-Michel
Des free parties et des défilés
de mode y ont été régulièrement organisés. L'affaire a rebondi ces
derniers jours, après l'annonce de la vente du monument classé en question
pour 46 millions de couronnes, par la Bibliothèque nationale, à cette même
société. Le directeur de la Bibliothèque, Vlastimil Jezek, affirme avoir
trouvé la meilleure voie parmi les mauvaises solutions : il a cruellement
besoin d'agent pour pouvoir rénover le palais du Clementinum, où siège la
Bibliothèque, et ne veut pas attendre l'expiration du bail, en 2029. « C'est maintenant qu'il nous faut de l'argent pour le Clementinum et pas
dans trente ans », a-t-il dit à la presse. A présent, l'église St-Michel
est fermée et sa cour sert de terrasse pour le restaurant voisin. Selon le
porte-parole de la société Michal Praha, Miroslav Hunacek, le propriétaire,
qui a déjà investi dans la rénovation des locaux plus de 350 millions de
couronnes, envisage d'y organiser des événements culturels et de société
et d'y aménager une galerie, un café ou un restaurant. Or de nombreux
organismes se soucient de l'avenir du monument. « L'Etat ne devrait pas se
débarrasser des monuments religieux et se priver de la possibilité de
veiller à ce qu'ils servent à des fins qui leur soient dignes. Là, nous
assistons à un précédent dangereux... », a remarqué Katerina Klasnova,
membre du Club pour la vieille Prague.






