Václav Klaus : « C’est l’euro qui est responsable de la crise grecque »

Ce n’est pas une politique économique hasardeuse mais l’euro qui a provoqué la crise actuelle en Grèce. C’est ce que pense le président tchèque Václav Klaus et il ne s’en cache pas. Il en a parlé dans une interview pour le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung et aussi, ce jeudi, dans un discours prononcé à l’Université Humboldt de Berlin.

Václav Klaus à Berlin, photo: CTKVáclav Klaus à Berlin, photo: CTK Bien que Václav Klaus admette que la Grèce faisait face pendant des années à des problèmes économiques, il estime que c’était son entrée dans la zone euro qui a précipité sa chute :

« En entrant dans la zone euro, la Grèce a dépassé ses possibilités et a renoncé à certains mécanismes indispensables qui auraient pu l’aider. Un de ces mécanismes est le taux de change. Actuellement donc, la Grèce n’a pas son drachme et ne peut pas procéder à la dévaluation. C’est un moment dramatique pour ce pays. »

Selon Václav Klaus, l’euro a déçu les attentes des Européens et a pratiquement fait déjà faillite en ce qui concerne la croissance et la stabilité économique. Et le président de se féliciter que la République tchèque n’ait pas encore adopté la monnaie européenne. Cependant, à son avis, la Tchéquie n’échappera pas non plus aux conséquences de la crise grecque :

« Comme j’ai écrit dans mon article pour la revue Ekonom, cette situation nuira non seulement à la zone euro mais aussi aux pays européens qui n’en font pas partie et qui n’en tirent pas certains avantages. Malheureusement, nous allons faire nous aussi les frais de ce problème paneuropéen. »

Malgré ce sombre bilan, Václav Klaus ne pense pas que ce soit la fin de l’euro. A son avis, les pays européens ont déjà investi trop de capital politique dans leur monnaie commune pour la laisser tomber. Les frais de sauvetage seront cependant très élevés.

Il faut dire dans ce contexte que cette opinion n’est pas partagée par les experts interrogés à ce sujet par l’agence de presse ČTK. Selon l’attaché de presse de la Banque nationale tchèque Marek Petruš, vu les très faibles liens économiques et financiers entre la Tchéquie et la Grèce, les retombées de la crise grecque dans notre pays seront négligeables.

Toujours est-il que l’euro semble perdre son prestige aussi parmi la population tchèque. Selon un sondage de l’agence STEM, pour la première fois depuis 2001, la majorité des personnes interrogées (55 %) se sont prononcées contre l’adoption de l’euro. L`année dernière encore le nombre de personnes refusant la monnaie européenne n’atteignait que 47 %.