Faits et événements Vaclav Havel lance la Semaine verte à Bruxelles
L'ancien Président tchèque Vaclav Havel a été, ce mardi, l'un des principaux intervenants de la Conférence écologique de l'Union européenne à Bruxelles. Les idées qu'il a formulées à cette occasion ne manquaient pas d'originalité mais ont été mal comprises et déformées par une partie de la presse de son pays.
Vaclav Havel et Jose Barroso, photo: CTK « Havel a proposé de supprimer les ministères de l'Environnement » titrait
la CTK (Agence de presse tchèque), et certains journaux tchèques ont
fidèlement repris ce titre trompeur. En réalité Vaclav Havel a déclaré : « Il serait bien si l'on n'avait besoin d'aucun ministère de
l'Environnement.(...) Nous devons tous nous efforcer d'être honnêtes,
comme nous devons tous humblement respecter l'environnement et ne pas
avoir besoin d'un ministère spécial pour lui céder commodément ce genre de
soucis. » Un peu plus tard Vaclav Havel a chassé lui-même tous les doutes
possibles sur ces paroles un peu métaphoriques en soulignant dans une
déclaration citée par le journal Lidove noviny : « Evidemment le ministère
de l'Environnement est très important. Il me semble seulement qu'il serait
irresponsable de reléguer le comportement écologique à un seul ministère,
puisque le comportement écologique doit être propre aux gouvernements dans
leur ensemble et surtout aux ministères de l'Industrie. »
Vaclav Havel a appuyé par sa présence la Semaine verte organisée par la Commission européenne. Tandis que l'année dernière cette série de conférences et d'expositions a été consacrée aux changements climatiques, cette année elle est centrée sur les mesures pour sauver la biodiversité. La situation actuelle est alarmante. Rien qu'en Europe, 42 % des mammifères, 43 % des oiseaux, 52 % des poissons d'eau douce et quelque 800 plantes sont menacées de disparition. « J'ai été Vert pendant toute ma vie, a confié l'ancien Président tchèque en évoquant ses sympathies politiques, seulement vu mes fonctions je ne pouvais pas en parler beaucoup ».
Photo: Commission européenne
Lors de sa rencontre avec le président de la Commission européenne Jose
Barroso, Vaclav Havel s'est exprimé aussi sur d'autres problèmes
d'actualité. A son avis, le rejet de la constitution européenne n'est pas
une tragédie et on devrait maintenant préparer un nouveau texte
constitutionnel, plus court et plus compréhensible qui ferait l'objet de
référendums.
Havel, ancien prisonnier politique, ne reste pas indifférent non plus au respect des droits de l'Homme dans le monde. Voilà pourquoi il a critiqué à Bruxelles la politique de l'Union européenne vis-à-vis des régimes arbitraires. « L'Union européenne ne doit pas craindre de dire clairement aux dictateurs qu'elle n'entretiendra pas les rapports commerciaux avec eux. Elle doit préférer les droits de l'homme aux intérêts économiques, dire que la dignité humaine est plus que le pétrole, » a déclaré Vaclav Havel lors d'une conférence sur la politique européenne vis-à-vis de Cuba organisée à Bruxelles par l'association L'homme en détresse.







