Faits et événements US Army en République tchèque ? Le Président Klaus s'y oppose...

05-05-2003 | Magdalena Segertová

Depuis le début de la guerre en Irak, une guerre qui n'a guère soulevé d'enthousiasme à Berlin, les Etats-Unis ont un projet en tête : retirer leurs dizaines de milliers de soldats de l'Allemagne et les déployer dans des pays d'Europe centrale. Un sujet qui divise la scène politique tchèque...

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Soldats américains (Photo: CTK)Soldats américains (Photo: CTK) La Roumanie, la Bulgarie, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque... voilà les nouvelles cibles de Washington, dont les soldats sont présents actuellement dans neuf pays européens, notamment en Allemagne, mais aussi en Italie, en Espagne ou en Grèce. Afin de renforcer la sécurité internationale, l'Amérique souhaiterait éparpiller de petites bases militaires un peu partout dans le monde. La Pologne, par exemple, s'en réjouit : la présence américaine sur son territoire soignerait, espèrent les Polonais, des régions pauvres frappées par le chômage et redonnerait vie à des complexes militaires abandonnés depuis la chute du communisme.

Les mêmes perspectives s'ouvriraient devant la République tchèque, affirme son ministre de la Défense, Jaroslav Tvrdik. Mais ici, le projet américain se heurte à l'incompréhension d'une personne très haut placée, le président de la République. "C'est du nouveau pour nous", s'est étonné Vaclav Klaus, samedi, lors de sa visite en Bavière. "Compte tenu de notre expérience historique, nous sommes très sensibles à une présence de troupes étrangères sur notre territoire", a dit le Président tchèque, au journal Süddeutsche Zeitung. Le chef de la diplomatie tchèque, Cyril Svoboda, n'a pas tardé à réagir : "Sans la présence des Etats-Unis en Europe, nous ne sommes pas en pleine sécurité", a-t-il constaté, en rappelant qu'au sommet pragois de l'Otan, le cabinet tchèque avait proposé à l'Alliance de placer certains de ses commandements en Tchéquie.

Un éventuel déploiement des soldats américains pourrait donc déclencher une nouvelle controverse entre Vaclav Klaus et Cyril Svoboda, dont les divergences à propos de l'Europe unifiée font couler beaucoup d'encre. Le ministre Svoboda garde la tête froide et ne cesse de répéter que de toute façon, c'est le cabinet qui tient les rênes de la politique étrangère du pays. En effet, si le gouvernement et le Parlement disent « oui » à une demande hypothétique, pour l'instant, du Pentagone, personne n'empêchera les militaires américains de débarquer en Tchéquie. Même pas le président de la République.

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