Une statue de T.G.Masaryk dévoilée à Washington

Vaclav Havel à la cérémonie d'inauguration d'une statue de MasarykVaclav Havel à la cérémonie d'inauguration d'une statue de Masaryk Il n'est point facile d'occuper le poste qui était celui de Tomas Garrigue Masaryk. Les comparaisons que l'on est tenté de faire ne peuvent être guère flatteuses pour ses successeurs... Vaclav Havel l'a dit lors d'une conférence organisée à Washington en l'honneur du premier Président tchécoslovaque. Avant de se rendre, dans le cadre de son périple d'une semaine aux Etats-Unis, à New-York, Vaclav Havel, accompagné de son épouse Dagmar, a assisté également à la cérémonie d'inauguration d'une statue de Masaryk. En présence de près de deux cents personnes, elle s'est déroulée dans un parc, non loin de la Maison Blanche. Il porte d'ailleurs le nom de Masaryk. La statue de bronze, d'une taille de quatre mètres, datant de 1937, est l'oeuvre de Vincenc Makovsky. La Galerie nationale, son précédent propriétaire, l'avait vendue pour trois millions de couronnes.

Après Winston Churchill et Mahatma Gandhi, T.G. Masaryk est le troisième politicien non américain à avoir une statue à Washington. D'un autre côté, on peut rencontrer le nom de Masaryk dans beaucoup de pays. L'une de ses statues se trouve, par exemple, dans la capitale de Mexique. Un buste du Président a été récemment dévoilé à Uzhorod en Ukraine, une façon de rendre hommage à son apport au développement de la Russie Subcarpatique. Rappelons que celle-ci faisait partie, avant la Seconde Guerre mondiale, de la Tchécoslovaquie...

L'histoire des statues et des bustes de Masaryk, dans son pays d'origine, en Tchécoslovaquie, est on ne peut plus mouvementée. Entre les deux guerres, il a inspiré beaucoup d'oeuvres plastiques. Dès 1939, les nazis ont tout fait pour les liquider. Le pouvoir communiste a ensuite achevé l'oeuvre sinistre de ses prédécesseurs : toutes les statues de Masaryk ont disparu à une exception près : une statue grandeur nature dans la ville de Susice en Bohême occidentale. L'ironie du sort veut qu'elle soit l'oeuvre de Otakar Svec, le même qui a créé la statue tristement célèbre de Staline laquelle, dans les années cinquante, dominait Prague... Inutile probablement d'ajouter que la chute du communisme, en 1989, a signifié, entre autres, le retour de bustes et de statues de Masaryk.