Faits et événements Une petite révolution dans la rémunération des enseignants
« Un élixir de jouvence d’après le ministre de l’Education Liska », c’est le titre de l’entretien avec ce dernier, publié dans l’édition de vendredi dernier du quotidien national Mlada fronta Dnes. La première initiative du plus jeune ministre du cabinet concerne les salaires des enseignants.
Ondrej Liska
Tout au début de cet entretien le ministre de l’Education, Ondrej Liska,
déclare : « Nous devons fournir aux directeurs des établissements
scolaires des instruments par lesquels ils attireraient non seulement les
jeunes pédagogues, mais aussi leur donneraient envie de rester dans la
sphère de l’enseignement. »
Le ministre voudrait ainsi changer la situation qui devient alarmante dans l’Education : la moyenne d’âge des enseignants est de plus en plus élevée, et on ne peut pas dire que les jeunes qui ont terminé des études pédagogiques se ruent vers les établissements scolaires, bien au contraire. Que préconise-t-il pour cela ? Accorder une plus grande importance à la qualité du travail qu’au nombre d’années de service. En effet, aujourd’hui, les salaires des enseignants sont fixés en fonction du nombre d’années de service. Les diverse primes qui existent n’ont qu’une faible signification et ne représente pas une motivation suffisante. D’après le ministre, ce serait toujours le directeur d’un établissement scolaire qui aurait le pouvoir de juger du travail de ses subordonnés, mais il devrait disposer de critères bien précis pour cela. Le ministère prépare un projet qui devrait déterminer ces critères qui seraient utiles aussi aux établissements de l’enseignement supérieur qui forment les pédagogues.
Les syndicats qui étaient en grève récemment, affirment que la sphère
de l’Education a besoin surtout de plus de moyens financiers. Le ministre
ne devrait-il pas batailler pour en obtenir plus du budget de l’Etat ? A
cette question du quotidien Mlada fronta Dnes, Ondrej Liska répond par la
négative. D’après lui, dans une période d’efforts pour la
stabilisation des finances publiques, de diverses réformes indispensables
pour y parvenir, cela ne conduirait à rien. Il pense plutôt à une
réforme du système de l’enseignement étalée sur plusieurs années et
qui conduirait à une amélioration durable de la situation.
Naturellement,
une telle réforme demandera aussi des moyens financiers appropriés. Le
ministre refuse l’idée de discrimination positive des jeunes. Pourtant,
bien que le projet plaise aux syndicats, ceux-ci craignent justement que
seuls les critères de la qualité du travail ne soient pas appliqués.
D’après le chef des syndicats des enseignants, Frantisek Dobsik, il n’est pas certain que les directeurs et directrices des écoles motivent les jeunes pédagogues en augmentant leur rémunération, au détriment de leurs subordonnés plus âgés, mais plus proches. Il soutient l’initiative du ministre, mais en ajoutant aussi que les salaires des enseignants sont parmi les plus bas et que la loi sur les employés dans l’enseignement et leur rémunération doit être modifiée. Aujourd’hui, un jeune pédagogue qui entre dans l’enseignement reçoit dans les 600 euros de salaire mensuel et pour atteindre le salaire moyen d’environ 800 euros, il lui faudra 19 années de service !





